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Rapport d’enquête
Analyse des angles de tir depuis l’avant-poste
Les analyses des différents angles de tirs indiquent que l’enfant ne pouvait (difficilement) être atteint que depuis la position du tireur d’élite, d’où ne partaient que des tirs au coup par coup et non des rafales.
À partir de cette position, s’étend un "angle mort" très large, couvrant les différentes positions palestiniennes.
Analyse des impacts sur le mur
À partir des photos du mur original ont pu être reconstitués des impacts similaires, suivant différents angles. La structure des impacts sur le mur d’origine et sur celui reconstitué conduisent à la conclusion que les tirs provenaient d’un angle supérieur à 60°. Cette conclusion rend impossible l’hyptothèse selon laquelle la balle meurtrière proviendrait de la position israélienne et dans tous les cas la probabilité serait inférieure à 5%.
Analyse de la rafale de tirs
L’analyse de la bande, image par image, démontre bien qu’il s’agit d’une rafale. La fumée et la poussière déclenchées par le tir se soulèvent dans la direction de l’est, emportées par le vent. L’objectif de la caméra est obstrué un instant. Le point suivant est l’un des plus importants soulevés par le rapport des autorités militaires :
- À la seconde 10, l’image revient sur le père et son fils ; il y a alors trois impacts de plus dans le mur. Deux trous supplémentaires à la gauche de l’enfant et un au dessus du cylindre. Cela ne peut être que le résultat d’un tir méthodique, comme si quelqu’un avait volontairement tiré dans la direction du père et de l’enfant, alors que ces tirs ne sont pas enregistrés sur la bande vidéo.
- Seconde 23 (là où l’enfant semble avoir été touché) il est possible d’entendre une rafale de tir. Cependant, il est incertain que l’enfant ait été touché par cette rafale précise, dans la mesure ou la bande son n’est pas forcément synchronisée avec l’image et que d’autres bruits ont pu être ajoutés au montage.
En résumé :- Des rafales ont bien été tirées dans la zone de l’incident ;
- Aucune rafale n’a été tirée de Magen 3 ;
- Il n’y a pas de traces de tirs sur la route, en face du père et de l’enfant.
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Hypothèse d’un tir dans le dos
Dans une interview télévisée (télévision jordanienne), Jamal A-Dura affirme que son fils a été tué d’une balle dans le dos, avant de revenir sur cette déclaration. Il n’y avait aucun soldat israélien en dehors du poste ni, plus précisément, à l’est de la position des A-Dura, dans leur dos. Des palestiniens tiraient par contre à feu nourri depuis cette position.
Conclusions
A la suite de cette investigation, de sérieux doutes remettent en cause l’hypothèse d’un tir israélien comme responsable de la mort de l’enfant. Il est par contre davantage plausible que l’enfant ait été touché par des balles palestiniennes durant l’échange de tirs.
Cependant, seuls les éléments suivant permettraient d’établir de façon définitive l’origine des tirs responsables :
- Une autopsie, que l’Autorité Palestinienne a refusée.
- Des informations médicales concernant le traitement du père, que les autorités jordaniennes et palestiniennes ont également refusé de fournir. Des informations incomplètes découlent d’interviews données par le père et les médecins de l’hôpital Shifa.
- Le mur, malheureusement détruit, mais entièrement reconstitué à l’identique.
Les doutes les plus importants sont provoqués par les faits et de nombreuses autres questions sans réponses pour l’instant :
- Faible probabilité d’un angle de tir depuis Magen 3 ;
- Direction des impacts dans le mur : différents d’un angle de 40°, mais plutôt à 90-100° d’angle avec la position palestinienne.
- Rafale de tirs : le film montre que le père et son fils ont été touchés par une rafale alors que le tireur d’élite de Magen 3 ne tirait qu’au coup par coup. Selon les soldats interrogés, aucune arme automatique n’a été utilisée pendant l’affrontement.
Selon l’un des témoignages du père, l’enfant aurait été tué d’une balle dans le dos, ce qu’indique aussi la position des tireurs palestiniens par rapport à Magen 3, incluant les victimes au centre des tirs.
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