La mort du petit Mohammed et la salissure programmée d’Israël
Insistance de France 2

"L’affaire" ayant été lancée, avec le succès que l’on sait, il ne restait sans doute qu’à parer toutes les contre-attaques éventuelles. Celles-ci n’allaient pas tarder. Mais, dès le lendemain de la diffusion, soit le 3 octobre, tandis que le petit Mohammed était enterré en martyr, suivi d’un immense cortège dans les rues de Gaza, son père, Jamal Al-Dura, était interviewé sur son lit d’hôpital, à Amman, en Jordanie.

Jamal Al-Dura, sur France 2, le 3 octobre. Journal de 20 h :
« Une première balle a touché mon fils au genou. Une autre est passée par le tonneau et a ricoché et l’a blessé au ventre. Je venais du marché des voitures d’occasion. Je jure que je n’ai pas jeté de pierres. Quand les tirs ont commencé, on a essayé de se protéger derrière le tonneau, on est resté là 45mn, les ambulances ne pouvaient pas passer. »

Plusieurs réflexions s’imposent après cette déclaration.
La première est évidente. Jamal faisait obstacle entre son fils et le tonneau. Il a sans doute mal interprété l’effet "ricochet" qui aurait été impossible compte tenu de la position respective des deux victimes.
Ensuite, il fait allusion à 45 mn de tirs. Or les impacts de balles derrière les Al-Dura et ceux sur le tonneau sont les mêmes du début à la fin de la séquence.
Enfin, il affirme que les ambulances ne pouvaient pas passer, alors que, dans le même film, on voit une ambulance intervenir immédiatement après qu’un homme ait été "blessé" à la jambe. Cette ambulance, d’ailleurs, se trouvait au carrefour même de Netzarim, exactement entre la position israélienne et celle des Al-Dura, dont elle leur cachait la vue… (voir photo aérienne)
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Réaction des autorités israéliennes :
Prudentes, en attendant de plus amples informations, les autorités israéliennes se contentèrent de publier un bulletin affirmant qu’il n’était pas possible de déterminer l’origine des tirs mais regrettant vivement le tragique incident.
Dans la même période, les soldats du poste de Netzarim allaient répondre avec le plus grand étonnement aux questions qui leur seraient posées sur la mort du petit Mohammed dont, avant que la polémique n’explose, ils n’avaient même pas entendu parler :
« Nous ne savions pas qu’il y avait eu un mort pendant l’échange de tirs. Un enfant, vous êtes sûr ? »

Interviewé quelques jours plus tard par le journal Libération, le soldat Assaf, de l’unité Golani, allait avoir cette réaction :
« Ce n’est pas vrai, on ne l’a pas tué, c’est un coup monté, il est quelque part à Gaza… Non, je n’ai pas d’information précise, mais j’en suis persuadé. » Avant d’ajouter « On ne tire pas sur les femmes ni sur les enfants, mais il y a toujours des balles perdues ! »

Balles perdues, certes. Peut-être. Mais rafale d’arme automatique perdue, alors que les soldats en poste ne tirent qu’au coup par coup dans les affrontements de ce type ?
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