29 février 2012
Version originale anglaise: Claiming Jerusalem is in the Koran
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert, retouchée par M. Macina.
Je vous prie de m'excuser de ne découvrir qu'aujourd'hui l'existence du livre Jérusalem dans le Coran, de Imran N. Hosein, 2e éd. abrégée (Long Island, New York: Masjid Dar-Al-Qur'an, 2003), et ce environ une décennie après sa publication ; il vaut toutefois la peine d'en parler, pour deux raisons principales.

D'abord, il est piquant de trouver un livre de 142 pages sur un sujet qui n'existe pas, car Jérusalem n'est pas dans le Coran. J'ai même, il y a longtemps, offert de verser 1 million de dollars à quiconque pourra identifier un passage du Coran où il est fait mention de la ville. A ce jour, personne n'a remporté ce prix. Comme le dit le blog Elder of Zion, qui a attiré mon attention sur ce livre: «Waoww! Un livre surJérusalem dans le Coran, alors que Jérusalem n'est pas mentionnée dans le Coran ! » En effet, pour rendre les choses encore plus curieuses, même Hosein reconnaît (p. 31) :
«Il est vrai que le mot "Jérusalem" n'est pas explicitement mentionné dans le Coran.»
Bon, comme ça le problème est réglé. Ailleurs, explique-t-il (j'ai légèrement modifié sa rédaction pour aider à la compréhension):
Le Coran fait référence à Jérusalem, maintes et maintes fois, comme à une «cité» ou «ville», mais sans la nommer [...] Cela semble avoir été une partie de la nuée divine qui enveloppe le sujet du rôle de Jérusalem à la fin des temps.
Je laisse à Hosein le soin d'interpréter les nuages qui enveloppent les divins sujets. Pour ma part, je m'en tiens aux textes terrestres.
Hosein explique en deuxième lieu:
Le livre Jérusalem dans le Coran a été écrit en partie en réponse à l'article de presse de Daniel Pipes, qui a été publié dans le Los Angeles Times, Jérusalem signifie plus pour les Juifs que pour les musulmans, du 21 juillet 2000). Il y tente de rejeter toute revendication islamique sur Jérusalem, en déclarant, entre autres choses: «Elle n'est pas mentionnée une seule fois dans le Coran ou dans la liturgie ...». Le Dr Pipes et ses alliés dans les médias, qui nous ont provoqués pour que nous répondions, voudront peut-être réviser leur opinion s'ils sont un jour amenés à lire ce livre. [...] D'ailleurs, que le Dr Pipes accepte ou non le livre Jérusalem dans le Coran, il est clair que l'étude de cette question est fondamentale pour la compréhension du problème d'Israël et de l'islam.
Eh bien, j'ai lu le laïus antisémite de Hosein et - désolé de le dire - je ne suis pas convaincu par son argumentation laborieuse selon laquelle Jérusalem figure vraiment dans le Coran bien qu'elle n'y soit jamais mentionnée. J'avoue ma perplexité lorsque l'auteur affirme bravement que le passage du Deutéronome [9, 6] où il est écrit : «Sache aujourd'hui que ce n'est pas ta juste conduite qui te vaut de recevoir de Y. ton Dieu cet heureux pays pour domaine ; car tu es un peuple à la nuque raide», est un faux, et que le long règne musulman sur Jérusalem constitue un signe céleste évident de l'approbation divine de la domination musulmane sur la Terre Sainte!
Comment ceci peut-il prouver que Jérusalem est bel et bien dans le Coran? Hosain s'égare pour discuter de ce qui s'écarte du sujet - comme la mort d'un pharaon, l'Antéchrist, les Khazars, les éditions [juives] Soncino, les Ahmadiyya, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, le système financier de Bretton Wood, la justice israélienne, et la révolution féministe. Sans parler des Henry Ford, Fidel Castro, Hal Lindsey, et Louis Farrakhan, qui caracolent dans son exposé.
Commentaire: Cette diatribe de mauvaise qualité est malheureusement typique de la tentative musulmane de construire une fausse histoire de Jérusalem. Comment peut-on prendre cela au sérieux?
© Daniel Pipes