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A-Dura / France-2 (développements récents)

Affaire Al Dura : état des lieux juridique, Henri Biezin
29/02/2012

[Concernant cette affaire je me permets de renvoyer aux rubriques de mon site debriefing.org, dans lesquelles sont répertoriés des centaines d'articles de divers auteurs, y compris les miens, consacrés à l'analyse des faits, à l'exposé des thèses des uns et des autres sur ce qui a pu se passer réellement, et aux rebondissements judiciaires concernant les protagonistes:

- A-Dura/France-2 (développements récents)

- Depuis l'arrêt de la Cour d'appel du 21 mai 2008

- Des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

 

Depuis la rédaction de cet article, le jugement d'appel qui avait relaxé Philippe Karsenty a été cassé, suite à l'action de France 2 et de son journaliste (voir le communiqué de Ph. Karsenty à ce sujet.) (Menahem Macina).]

 

 

Sur le site Dreuzz.info, 24 février 2012

 

 
 

Affaire al Dura : des victoires juridiques majeures autour du « faux reportage » de France 2, de la « mise en scène » de la mort de Mohammed al Dura (30 septembre 2000).

Ces victoires successives montrent que l'étau de la vérité se resserre autour de France 2 et de Charles Enderlin. Mais nous sommes encore assez loin d'obtenir l'aveu formel de la Direction de France 2 que le reportage de Charles Enderlin était une mise en scène. Et la lutte pour la vérité doit continuer.

 

Contexte de la lutte contre le mensonge de France 2


Depuis 2004, (année où Arlette Chabot a montré les rushes du reportage à trois témoins majeurs, Denis Jeambar, Daniel Leconte et Luc Rozenzweig), de nombreuses personnes (journalistes, rédacteurs, responsables du monde des médias) savent que Charles Enderlin a menti, sur au moins un point important, et que le reportage de France 2 est très probablement une pure mise en scène. Depuis, de très nombreuses informations et expertises renforcent les preuves que le reportage est certainement une mise en scène. Mais aucun journaliste n'ose le dire en public, encore moins l'écrire, ou même simplement faire une enquête.

Encore plus étonnant, de très nombreuses personnalités juives et non juives très connues refusent même de regarder les éléments du dossier. La mise en scène y est tellement évidente, qu'une fois le dossier regardé, il deviendrait très inconfortable de se taire. Donc nombreux sont ceux qui pratiquent un autisme intensif sur le sujet et ce encore aujourd'hui.

Les autorités israéliennes ayant pour règle de ne jamais commenter ce type d'affaire, il a été difficile de les mobiliser, quelle que soit l'importance du mensonge de France 2. Depuis le jugement favorable à Philippe Karsenty en mai 2008 et la procédure contre le docteur Yehouda David, cela a changé.

Le combat contre ce mensonge est légalement difficile. La loi française ne permet pas de lancer un procès contre un « mensonge » même si, de par son impact et ses effets, celui-ci est, probablement, le plus grand mensonge anti-juif jamais produit.

Comme la lutte contre le mensonge se heurtait à des portes closes (la Télévision Publique Française elle-même, le CSA, etc.), Philippe Karsenty a écrit un article dans lequel il mettait fortement en cause France 2 et Charles Enderlin, qualifiant le reportage de « faux reportage », « mascarade déshonorante », « supercherie », « pure fiction » ; puis il a diffusé ce texte à de nombreux médias pour déclencher une réaction de France 2, qui avait menacé de poursuites quiconque contesterait le l'authenticité du reportage et déposé une plainte contre X.

 

La bataille juridique de Philippe Karsenty en 3 étapes : France 2 et Charles Enderlin contre Philippe Karsenty

Etape n° 1. France 2 et Charles Enderlin portent plainte en diffamation contre Philippe Karsenty, qu'ils accusent de porter atteinte à leur honneur et à leur réputation professionnelle.

L'application de la loi sur la diffamation est très explicite. Pour éviter d'être condamné, vous devez apporter la preuve « parfaite, complète et corrélative (aux diverses imputations formulées, dans leur matérialité et leur portée) » que ce que vous avancez est totalement et absolument exact, ce qui est toujours très difficile.

Mais cette loi prévoit aussi que vous pouvez vous défendre en invoquant la bonne foi qui sera ou non retenue si les quatre critères suivants sont démontrés : qualité de l'enquête, absence d'animosité personnelle, légitimité du but poursuivi et prudence et mesure dans l'expression.

Lors du premier jugement en 2006, bien que le Procureur de la République appelle à relaxer Philippe Karsenty, la 17° chambre du TGI, contre toute attente, le condamne. Il fait appel.

Etape n° 2. Lors de la procédure d'appel, devant la 11° Chambre section A, un événement important se produit : la Cour décide un supplément d'enquête et somme France 2 de produire l'ensemble des images filmées (les rushes) le jour du reportage. Après visionnage et étude détaillée du dossier, en mai 2008, la Cour d'Appel relaxe Philippe Karsenty au bénéfice de la bonne foi, soulignant notamment la qualité de son enquête. L'arrêt de la Cour d'Appel est particulièrement documenté et détaille à longueur de pages tous les motifs de doute sur la véracité et souligne le sérieux de l'enquête faite par Philippe Karsenty (voir sur http://www.m-r.fr/actualite.php?id=1513).

Etape n° 3. Le pourvoi en Cassation de France 2 et de Charles Enderlin. Le rôle de la Cour de Cassation est de juger le travail de la Cour d'Appel : est-ce que ses décisions sont conformes au droit et à la jurisprudence ? La Cour de Cassation ne décide pas s'il fallait relaxer ou condamner Philippe Karsenty. Si la Cour de Cassation casse le jugement de la Cour d'Appel, les plaignants sont renvoyés vers une nouvelle Cour d'Appel, qui, elle, devra juger à nouveau s'il y a diffamation ou pas, et s'il faut relaxer ou condamner Philippe Karsenty.

Nous attendons la publication de l'arrêt de la Cour de Cassation pour la fin du mois [il a été rendu hier, voir le Communiqué de Ph. Karsenty]. Le réquisitoire du Procureur de la Cour de Cassation appelle à ne pas casser le jugement relaxant Philippe Karsenty.


La bataille juridique de Jamal al-Dura (le père du petit Mohammed) contre Yehouda David, Clément Weill-Reynal et de Serge Benattar, Directeur du magasine Actualité Juive

Etape n° 1. Jamal al-Dura porte plainte en diffamation contre un article de Clément Weill Reynal publié dans le magasine Actualités Juives de Serge Benattar.

L'article était une enquête effectuée par Clément Weill-Raynal à propos des blessures de Jamal al Dura, le père de l'enfant supposé tué devant la caméra de Talal Abou Rahma. Ces blessures ont-elles été faites le 30 septembre 2000 lors du reportage ou bien sont-elles très antérieures ? Clément Weill-Raynal avait interviewé le Dr Yehuda David qui avait opéré la main de Jamal al Dura plusieurs années avant l'affaire.

Remarque : rappelons la menace d'Arlette Chabot, relayée par David Pujadas: « nous attaquerons en justice toute personne qui mettra en doute la véracité de ce reportage ». France 2 n'attaque pas la Télévision Publique Allemande (ARD) qui a produit deux enquêtes, dont la dernière établit avec force la présomption de mise en scène, ni les articles des grands journaux américains ou allemands, mais une procédure est lancée par un habitant de Gaza, contre une minuscule revue juive. Jamal al-Dura habite Gaza, et ne parle ni ne lit le français. Comment aurait-il appris l'existence même de cet article ? Comment aurait-il su et pu saisir la justice française ?

Nous faisons l'hypothèse que le message est une menace adressée à tout journaliste qui voudra parler ou écrire sur cette affaire : nous lancerons contre vous une procédure qui vous coûtera beaucoup de temps et d'argent.

Comme lors de la procédure contre Philippe Karsenty, le Procureur de la République appelle à la relaxe, mais la Cour condamne Yehuda David, Clément Weill-Reynal et Serge Benattar (qui, depuis, nous a malheureusement quittés). Ils font appel.

Etape n° 2 : en appel, l'audience s'est tenue le 14 décembre dernier, et le jugement a été prononcé il y a quelque jours : la Cour d'Appel a relaxé Yehuda David.

Jamal al-Dura se pourvoira-t-il en cassation ? Cela prolongerait la bataille juridique et permettrait à France 2 de continuer à dire que la procédure n'est pas terminée. Devant le sérieux de l'enquête médicale, la modération des propos et la légitimité du but poursuivi, il est hautement probable que la Cour de Cassation confirmera à son tour dans deux ou trois ans ce jugement.


Actions en dehors des batailles judiciaires.

Depuis 10 ans, de nombreuses tentatives d'enquête ont été faites, basées sur de très nombreuses recherches et expertises, mais France 2 a toujours refusé tout débat public, et toute expertise contradictoire. Ces nombreuses enquêtes et expertises renforcent toutes la démonstration que le reportage de France 2 est une pure mise en scène.

Les tentatives de mise en place d'une expertise du reportage.

En 2008, après le jugement relaxant Philippe Karsenty, plusieurs voix ont réclamé une expertise du reportage. Le Président du CRIF, Richard Prasquier, s'est courageusement engagé dans cette demande. France 2 a donné l'impression d'accepter la mise en place d'une « commission d'experts » sous la direction de Patrick Gaubert, à l'époque Président de la LICRA.

En fait, Patrice de Carolis, Président (de France Télévision), et Arlette Chabot, Directrice de l'information, ont tout fait pour retarder la mise en place de cette commission d'experts; ils ont refusé tout approche réelle d'expertise.

Après plus d'un an d'atermoiements, pour clore une réunion houleuse, la Direction de France 2 a fait semblant d'accepter l'idée de faire examiner les cicatrices de Jamal al-Dura par trois médecins experts, dans un hôpital parisien; mais naturellement, rien n'a été fait.

Au vu de ce qui a été démontré au sujet de l'origine des cicatrices de Jamal al Dura lors de la bataille juridique de Yehuda David, on comprend mieux que la direction de France 2 ait promis une expertise médicale pour mieux enterrer la commission d'experts.

L'enjeu stratégique de cette bataille pour la vérité.

Certains disent « A quoi bon ? C'est trop tard. Ce n'est plus d'actualité. On ne saura jamais… ».

La bataille pour démonter le faux bordereau du Commandant Henry, établir l'innocence de Dreyfus et obtenir sa réhabilitation, a duré au total 12 ans. Personne n'osera dire que Zola lui-même s'est battu pour rien pendant 8 ans.

Le mensonge al-Dura justifie tous les mensonges au sujet d'Israël, de son armée, de sa démocratie et de tous les amis et alliés d'Israël. Le mensonge al-Dura justifie tous les crimes terroristes des islamistes. Il justifie les mensonges du rapport Goldstone (qui depuis s'est rétracté), il justifie les mises en scène mensongères et quotidiennes des Palestiniens, filmées avec indulgence par des "journalistes" crédules ou complices, il justifie tous les reportages tendancieux et il assure l'impunité à tous les menteurs. Cette image est aussi devenue l'icône porte-drapeau du combat anti-occidental des mouvements islamistes. Rétablir la vérité sur le mensonge de France 2 est essentiel pour lutter contre la propagande mensongère palestinienne de délégitimisation d'Israël, relayée par des journalistes et des médias complices (actifs ou passifs).

Cette affaire souligne aussi l'émergence d'une « intouchabilité» des grands médias français, et c'est un danger pour l'équilibre des pouvoirs en France. Le règne du « ni coupable, ni responsable ».

Etablir la vérité, pleine, entière et publique, sur le reportage mensonger et sur les complicités au plus haut niveau de la Télévision Publique française est aussi un combat essentiel pour la démocratie française.


© Henri Biezin, citoyen un peu engagé, un peu juif, un peu de gauche, pour www.Dreuz.info

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