Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

L'enquête sur l'affaire Al-Dura ne convainc pas la presse, A. Cygielman
25/01/2010

[Je remets en course cet article suite à la publication récente de l'article de Reuven Pedatzur, que j'ai traduit de l'hébreu, "Mohammed n'est pas mort". Il illustre ce que je ne cesse d'affirmer depuis le début de cette affaire, à savoir: que la mort éventuelle du petit Al-Dura ne peut absolument pas être imputée à Tsahal. Je ne souscris pas à la thèse de la survie de l'enfant, mais à celle de l'ingénieur Doriel, qui affirmait, peu de temps après l'événement que des hommes armés palestiniens avaient tué, volontairement ou accidentellement, le petit Palestinien et que le caméraman Abu Rahmah avait trafiqué les prises de vue dont il disposait pour accuser Tsahal. Voir David Kupelian, 4 décembre 2000, "Qui a tué Al-Dura, 'martyr' palestinien de 12 ans, vraisemblablement tué par son propre peuple?".]

04/12/2001


Dans le cadre de la collecte de documents et d'analyses de presse relatives à l'affaire Al-Dura, l'article suivant m'a paru digne d'être versé au dossier. Il a l'avantage - pour celles et ceux qui, comme moi, privilégient la mise en perspective historique et la contextualité -, d'avoir été publié par le journal Haaretz à une faible distance chronologique de l'événement – très exactement 38 jours plus tard ! Il soulève des questions qui ne sont pratiquement pas citées explicitement dans la littérature, majoritairement polémique, qui a vu le jour depuis sur ce sujet. Il est très rarement fait référence à ce texte, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas été utilisé. Mon avis, à ce stade, est qu'il a été exploité, voire pillé, mais de manière sélective et anonymement, pour accréditer la thèse conspirationniste dont on sait la fortune. On peut s'en rendre compte en découvrant, au fil de la lecture, que certaines affirmations qui émaillent les articles des ténors de l'accusation de France 2, et semblaient, jusqu'alors, être le fruit de leurs analyses, ou le produit de leurs sources les plus jalousement gardées, avaient déjà été formulées quelques semaines après le drame de Netzarim. A ma connaissance, il n'existe pas de version française de ce texte, c'est pourquoi je me suis attelé à la lourde tâche de le traduire intégralement pour permettre à nos internautes non-anglophones de se faire une opinion plus objective concernant cette affaire. Déjà passablement embrouillée dès l'origine, elle est, hélas, devenue, depuis, un abcès de fixation de la rancœur et de la frustration – au demeurant compréhensibles – de beaucoup d'entre nous. Rappelons qu'autant il est légitime et même nécessaire de dénoncer les dégâts irréparables qu'a causés à l'image d'Israël et à la conscience juive, son exploitation diffamatoire à l'encontre de Tsahal, autant il n'est pas tolérable que des personnes et des institutions servent d'exutoire à cette souffrance exaspérée, surtout alors que leur implication, voire leur culpabilité en la matière sont tout sauf prouvées, malgré les invectives et les allégations débridées de certains. Est-il nécessaire de rappeler qu'aux termes mêmes du Code pénal, toute personne, même mise en examen, est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été établie de manière définitive et contraignante ? Menahem Macina.



Mardi 7 novembre 2000

Texte anglais original : "Army efforts to interest journalists in a dubious probe of the al Dura case backfires" [Les efforts de l'armée pour intéresser des journalistes à une enquête douteuse de l'affaire Al-Dura se retournent contre elle].

Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org

Le chef d'état-major, Shaul Mofaz, a déclaré hier devant la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset que l'équipe chargée d'examiner les circonstances de la mort de Mohammed Al-Dura, 12 ans, au carrefour de Netzarim a été constituée à l'initiative du Major Général Yom Tov Samia, commandant en chef de la région-sud, non à celle de l'état-major. Mofaz a promis aux membres du comité qu'il examinerait les circonstances de la décision de constituer la commission d'enquête et les raisons du choix qu'elle a fait d'utiliser les méthodes particulières auxquelles elle a eu recours.
Mofaz a répondu au pied levé à des questions sur l'enquête à propos de la mort d'Al-Dura, après que Haaretz ait fait état, hier, de ce que Tsahal avait procédé à des reconstitutions de la fusillade de Netzarim. Selon Haaretz, ces reconstitutions ont été réalisées à l'initiative de deux civils, le physicien Nahum Shahaf et l'ingénieur Yosef Doriel, qui sont entrés en contact avec Samia et ont affirmé qu'il était invraisemblable que le garçon ait été abattu par des balles de Tsahal. Samia a confié à Shahaf la direction de la commission, malgré le fait que le physicien manque d'expérience dans des domaines cruciaux pour l'enquête.
Le député Ophir Pines-Paz, du parti [de centre gauche] Israel ehad [Israel est un], a posé à Mofaz la question suivante à propos du rapport de la commission : "On a l'impression qu'au lieu de faire véritablement face à cet incident, Tsahal a choisi de procéder à une reconstitution fictive et d'étouffer l'affaire par le biais d'une enquête aux conclusions prévues d'avance dont le seul but est d'exonérer Tsahal de la responsabilité de la mort de Al-Dura."



Tsahal continue à se mettre dans un mauvais cas.


Le lundi 23 octobre, Tsahal a procédé à la reconstitution de l'échange de feu qui a eu lieu le [30 septembre 2000] au carrefour de Netzarim, et au cours duquel l'enfant Al-Dura, âgé de 12 ans, a été tué.

Des blocs de béton furent superposés à portée de tir de l'armée du sud, pour simuler le mur auquel étaient adossés l'enfant et son père, Jamal al-Dura. On amena un baril de ciment pour représenter celui derrière lequel le père et son fils étaient recroquevillés.

Des soldats envoyés à portée de tir par le Commandement de Tsahal pour la région-sud, le major général Yom Tov Samia, prirent position au sommet d'un monticule de terre et tirèrent des coups de feu sur le mur et le baril

Deux citoyens israéliens participaient à la reconstitution - Nahum Shahaf, un physicien, et Yosef Doriel, un ingénieur. Une équipe de tournage du prestigieux programme américain d'informations télévisées, "60 minutes", était présente, et s'était vu accorder l'exclusivité du film de la reconstitution du tir contre Al-Dura.

Ces deux dernières semaines, un certain nombre de comptes-rendus ont circulé concernant de nouveaux résultats obtenus par Tsahal dans son enquête sur le tir meurtrier de Netzarim. Ces comptes-rendus ont suscité un intérêt considérable en Israël et ailleurs, parce que, pour les Palestiniens, la mort de Mohammed Al Dura, filmée par une équipe française de télévision, est devenue le symbole de l'Intifada d'Al-Aqsa.

On a pu voir partout dans le monde les prises de vue dramatiques de sa mort. La télévision palestinienne diffuse une version montée comportant des images d'un soldat de Tsahal en train de tirer, qui ont été superposées à celles qui figurent dans la vidéo originale. Des photographies poignantes du père et du fils ont été placardées le long des routes dans toute la Cisjordanie. Le journal du Caire, Akbar Al Yom a rapporté que les autorités de la ville avaient décidé de donner le nom de Mohammed Al Dura à la rue où est située l'ambassade israélienne.

Peu de temps après la mort du garçon, Tsahal reconnut qu'il y avait "une forte probabilité" qu'un tir de l'armée ait mis un terme à la vie de la jeune victime, et, parlant au nom de Tsahal, le Chef d'état-major adjoint, Moshe Ya'alon, exprima sa tristesse à propos de cette tragédie. Estimant que le tort causé à la réputation d'Israël était irréversible, et sachant que l'armée israélienne devait faire face à la réalité de la mort de plus d'enfants encore, Tsahal inclinait à enterrer le cas Al-Dura.

Toutefois, des officiers supérieurs du Commandement de la zone-sud, étaient extrêmement contrariés par la décision précipitée d'Israël d'endosser la responsabilité de cette mort. Au fil des jours, circulaient des informations faisant état de la conviction, de plus en plus affirmée, que les soldats de Tsahal n'avaient pas tiré sur le garçon, ni ne l'avaient tué. Shahaf et Doriel croyaient également que l'affaire avait été expédiée trop rapidement. Deux jours après l'incident, Doriel écrivit dans Haaretz: "Le porte-parole de Tsahal mérite un prix de stupidité... Dix minutes après l'incident, le porte-parole normal d'une armée normale aurait émis une déclaration catégorique affirmant que des provocateurs ont ouvert le feu contre des soldats de Tsahal, de derrière l'enfant, en prenant soin qu'il soit tué devant des caméras ; et qu'après le garçon, ils ont tué le conducteur d'une ambulance qui essayait de le sauver. Tout cela a été fait pour [faire] marquer des points à la propagande [palestinienne] en présentant les soldats de Tsahal comme ayant un comportement de meurtriers."

Après la publication de ces remarques par Haaretz, Shahaf téléphona à Doriel et lui suggéra d'enquêter avec lui pour vérifier s'il était indiscutable que les soldats de Tsahal avaient abattu le garçon. Les deux hommes se connaissaient : ils s'étaient rencontrés lors de l'examen - auquel ils avaient procédé conjointement - des découvertes de Shahaf concernant un problème entièrement différent : l'assassinat de Rabin. Shahaf prétend avoir en sa possession "des photographies dramatiques, qui donnent une version différente des faits concernant l'implication de Yigal Amir dans le meurtre". Shahaf et Doriel ont alors discuté de la manière de diffuser ces matériaux concernant l'assassinat de Rabin.

En ce qui concerne Mohammed Al-Dura, les deux hommes ont étudié l'angle des tirs des soldats de Tsahal et conclu que les affirmations selon lesquelles le garçon avait été tué par des balles de l'armée israélienne étaient sujettes à caution. Shahaf, qui se présente comme un réserviste d'une division de renseignements qui analyse du matériau visuel, laissa un certain nombre de messages à l'attention de Samia, commandant de la région-sud, pour obtenir un rendez-vous.

Son premier appel au major général fut motivé par la nouvelle, diffusée par la presse, selon laquelle Tsahal projetait de démolir des constructions dans le voisinage du carrefour de Netzarim. Shahaf avertit Samia de ne pas "effacer" les preuves matérielles de l'emplacement - tels le mur et le baril de béton, preuves fondamentales qu'il voulait préserver.

Il rapporte que quand Samia le rappela, il était trop tard pour prendre ces mesures de conservation de preuves. Quoi qu'il en soit, le commandant de la zone-sud accepta de rencontrer Shahaf et Doriel, ce qui eut lieu, selon Doriel, le 19 octobre. Ils révisèrent leurs projets avec le major-général principal et l'exhortèrent à procéder à un réexamen [des faits]. Ils proposèrent leurs services professionnels en toute gratuité.

Shahaf souligne qu'il devait s'agir d'une enquête "impartiale". Il dit que Samia a accepté ses conditions – qu'il signifie à Samia en ces termes : "aucun militaire ne peut intervenir dans mon activité ni dans mon analyse". Samia a la responsabilité administrative, "et j'ai la responsabilité de mettre le projet à exécution. Je fais les essais, je décide qui devra y participer. L'armée m'aide seulement quand j'ai besoin d'assistance".

Shahaf ajoute qu'il donna son accord à une restriction concernant sa liberté d'action: "C'est Tsahal qui décide quand rendre publics les résultats". Les deux hommes n'ont pas reçu d'ordre formel de l'armée pour procéder à cette enquête, en raison des complications juridiques, ajoute Shahaf.

Cinq jours après la réunion avec Samia, la première reconstitution fut effectuée à partir de l'emplacement de tir de Tsahal. Tandis que l'on reconstituait la scène, Doriel accordait une interview à l'équipe de télévision américaine. Il exposa sa thèse devant la caméra de "60 minutes". La mort d'Al-Dura a été mise en scène dans le but de produire une image qui deviendrait emblématique et entacherait la réputation d'Israël aux yeux du monde entier. Les acteurs de l'incident mis en scène comprenaient des Palestiniens armés, un cameraman français de télévision (qui avait reçu des "instructions de mise en scène"), et le père, Jamal Al Dura ("qui, apparemment, n'avait pas compris que l'opération s'achèverait par le meurtre de son fils"). Doriel fit remarquer le fait que l'on pouvait voir le père faire des gestes au photographe dans le film.

Quand Samia eut connaissance de l'interview de Doriel, il donna l'ordre d'écarter l'ingénieur de l'enquête. Shahaf commente : "J'ai soutenu Doriel, mais je pense qu'il a fait une erreur tactique, parce que l'on doit prouver ce qu'on avance."

Shahaf poursuivit l'investigation sans son associé, qui avait été écarté. On procéda à davantage d'essais - Shahaf insiste sur le fait que ces essais ont été réalisés avec une rigueur scientifique exigeante. "Tous les résultats seront conformes aux normes d'une enquête scientifique", dit-il. Il affirme qu'il dispose déjà de résultats finals qui sont "très intéressants".

Interrogé sur le caractère professionnel de cette enquête sur le tir qui a tué al-Dura, et sur les participants qui y ont pris part, le porte-parole de Tsahal s'est refusé à tout commentaire. Shahaf mentionne qu'il a promis de ne rien divulguer des résultats de l'enquête, ni des méthodes de contrôle utilisées. Quoi qu'il en soit des réserves du physicien, les méthodes de travail laissent perplexe. Au cours de la première reconstitution, la distance entre la "position" de tsahal (le monticule de terre sur lequel les soldats se trouvaient) et la réplique du baril n'était que la moitié de celle qui séparait la véritable position de Tsahal et les Al-Dura, à Netzarim. Doriel affirme que l'on a procédé à des reconstitutions supplémentaires pour rectifier ce problème de distance.

Des experts en balistique ont-ils participé aux essais ? Shahaf concède qu'il n'a aucune expertise en matière de balistique - cependant, dit-il, "en ma qualité de physicien, j'ai lu des documents scientifiques, théoriques et expérimentaux, et j'ai essayé de consulter plusieurs experts dans ce domaine, aussi j'ai pratiquement parcouru toutes les étapes nécessaires à la connaissance de cette matière". Yossi Almog, un officier de police expérimenté, à la retraite, qui s'est spécialisé dans la collecte de preuves, déclare: "Je ne crois pas que Tsahal rendra publique une conclusion corrigeant une déclaration précédente sans procéder d'abord à un examen complet, réalisé en ayant recours aux meilleurs professionnels des services de sécurité. Je ne me fierais pas à une approche faite par un inconnu. Je pourrais me féliciter de l'initiative de cette personne, mais je n'accepterais certainement pas ses conclusions sans procéder à un examen systématique et méthodique, réalisé dans les meilleures conditions. Tout ce qui est en dessous de ces exigences n'est pas sérieux."

Le point de vue de Shahaf est le suivant : "Le fait que la commission [d'enquête] soit impartiale et que Tsahal n'interfère pas dans son travail, est un avantage. Quand le besoin s'en fait sentir, je me tourne vers les experts de toute sorte pour recueillir des réactions. Mais c'est moi qui décide qui consulter. A l'époque du projet Manhattan - qui a mis au point la bombe atomique –, on a fait appel à un scientifique pour diriger l'entreprise, et dès l'instant où il a été choisi, il a coopté des gens pour l'aider selon qu'il l'estimait expédient. Choisir d'avance 20 personnes pour étudier l'affaire ne serait pas prudent. Il faut choisir au départ quelqu'un ayant des connaissances suffisantes et une expérience scientifique, et ensuite cette personne doit choisir des consultants comme elle l'estime bon."

Shahaf poursuit : "Si vous ne voulez pas que la commission fasse des progrès, alors vous nommerez cent personnes au lieu de trois." Entre d'autres consultants, Shahaf a fait appel à Yitzhak Ramon, un ingénieur de Haïfa, qui, dans une lettre publiée par Haaretz affirmait que les films fournissent la preuve que les balles qui ont atteint le père et le fils n'ont pas été tirées par Tsahal. Si les tirs avaient été le fait des soldats de Tsahal qui se trouvaient sur le côté par rapport aux Al-Dura, les impacts de balles dans le mur ne pourraient pas être aussi ronds et "propres", prétendait Ramon.

Charles Enderlin, directeur du bureau de France 2 en Israël, soulève d'autres questions à propos de la méthodologie d'enquête de Tsahal.

La télévision française a les séquences originales tournées à Netzarim – le film a été montré à Haaretz, et il contient des prises de vues de ce qui s'est passé au carrefour avant et après la mort d'Al-Dura, ainsi que des photographies du mur et du baril de ciment criblé de balles, prises après l'incident, et une interview du père hospitalisé à Gaza. Ce sont là des preuves décisives pour tout ce qui a trait à l'enquête sur la mort de Al-Dura.

Shahaf demanda à Enderlin la permission d'utiliser ce matériau, mais il ne mentionna pas le fait qu'il avait l'intention de mener une enquête professionnelle concernant l'événement. Il se présenta comme un professionnel de la presse. Dans un fax adressé à Enderlin, Shahaf écrivit qu'il voulait l'entièreté des séquences brutes, en raison du fait que ce film "améliorerait la compréhension du contexte et de l'atmosphère antérieurs au décès de l'enfant palestinien".

Dans son fax, Shahaf ajoutait : "Comme le film est susceptible d'être présenté dans des forums de professionnels des médias, y compris dans des écoles de cinéma, nous avons besoin de l'intégralité des séquences, y compris des images qui sont pénibles à voir, y compris celles des blessures par balles et autres choses de ce genre." Enderlin rejeta la demande de Shahaf.

Par la suite, il fut stupéfait de découvrir que Shahaf était lié à une enquête de Tsahal. Il dit que quand le porte-parole de Tsahal téléphona, plus tard, et demanda à recevoir les matériaux filmés, France 2 répondit qu'ils ne seraient fournis que sur injonction formelle d'un tribunal. Doriel est furieux contre Tsahal. Il ne peut comprendre pourquoi l'armée "ne rend pas publique la vérité".

Chaque jour qui passe, dit-il, augmente les dommages causés à la réputation d'Israël. Il laisse entendre que Tsahal a intérêt à empêcher la divulgation des résultats de l'investigation. Il suggère également que Tsahal a tenu caché au public un fait crucial - à côté du père et du fils, affirme-t-il, il y avait un second emplacement d'où les Palestiniens tiraient sur Tsahal. Selon les estimations de Doriel, les balles qui ont tué Mohammed Al-Dura ont dû être tirées de cette deuxième position palestinienne. Quand on lui demande pourquoi Tsahal garde secrets ces faits cruciaux qui, apparemment, mettent ses soldats hors de cause, Doriel reste évasif.

"La réponse est explosive", dit-il, refusant de donner plus de détails.


L'armée israélienne doit décider quand et de quelle manière elle fera connaître les résultats de l'enquête. Elle a tenté de susciter l'intérêt de quelques journalistes américains pour les résultats, mais la tentative a échoué - les professionnels n'ont pas été impressionnés par ce qu'ils ont entendu et ont décidé de ne pas en faire état.

En choisissant Shahaf et Doriel comme partenaires dans l'enquête concernant Al-Dura, Tsahal s'est encore mis dans un mauvais cas. Même si l'enquête et ses conclusions sont jugées valables sur les plans scientifique et professionnel, elles ne seront nullement acceptées par le public. Si peu scientifique que cela paraisse, c'est la dure réalité des relations publiques.

L'interview inopportune
  • de Doriel par "60 minutes" en est un exemple typique.

    C'est l'officier de police Yossi Almog qui exprime le meilleur verdict : "Si vous voulez rendre publique une conclusion de poids, il est important que l'enquête soit effectuée par l'équipe la plus professionnelle que l'Etat puisse constituer."

    Pourquoi, alors, Tsahal a-t-il décidé d'inclure Shahaf dans son réexamen professionnel [des faits] ? Le porte-parole de Tsahal refuse tout simplement de réagir aux questions de cette nature.


    Anat Cygielman


    Note du traducteur
  • L'expression anglaise ainsi traduite est "ill-conceived", littéralement : "mal conçue". Dans le présent contexte, il semble qu'elle connote l'improvisation, la chose à ne pas faire, ou qui aurait dû être faite différemment, bref, une maladresse.

    Première mise en ligne 2001 sur reinfo-israel.com, repris le 04 février 2005 sur le site www.upjf.org.

    © Haaretz
  •  

    Mis en ligne le 25 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org