02/12/09
Il n’en est rien. C’est contre la visibilité de plus en plus envahissante d’un islam militant et souvent agressif qu’une grande partie de la population suisse s’est rebellée. Pour que ces gens, dont la sociabilité et le pacifisme sont proverbiaux, en soient venus là, il a fallu que leur patience soit à bout et qu’ils aient pris conscience du caractère hégémonique, querelleur et intraitable de ce type d’islam, ainsi que des modifications sournoises, induites dans leur société par le comportement d’une partie de ce groupe humain aux coutumes et à la mentalité si différentes de la leur, et prompt à recourir aux manifestations violentes lorsque ses exigences les plus extravagantes ne sont pas satisfaites.
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Je ne sais si les Suisses qui se sont opposés par leur vote à la construction de minarets, l’ont fait parce qu’ils avaient pris conscience des conséquences dangereuses pour la paix civile et religieuse qui risquent de découler de la multiplication de ce qu’il faut bien considérer comme des tribunes d’intolérance. Je m’explique.
En terres musulmanes, c’est du haut de ces édifices en forme de tour qu’est psalmodiée, cinq fois par jour, la première sourate du Coran, appelée la Fatiha, dont voici le texte:
Les six premières strophes ne posent aucun problème. Il s’agit, à l’évidence, d’une prière de louange et d’adoration d’Allah, dont la seigneurie universelle et la miséricorde sont glorifiées. Les choses se gâtent quand on considère de près la strophe numéro sept.
A en croire les commentaires du Coran des savants de l’islam, admis par tous les exégètes musulmans, ce verset distingue entre les musulmans, les juifs et les chrétiens. Les premiers sont comblés des faveurs de Dieu, les seconds encourent sa colère, les troisièmes sont réputés égarés.
Ces commentateurs anciens qui font autorité en islam, ainsi que « de nombreux autres écrits depuis les premiers temps de l’islam jusqu’aux commentaires des exégètes actuels, se basent essentiellement », pour formuler cette identification, « sur les 2 sourates et le hadith suivants » :
"Dieu a transformé en singes et en porcs ceux qu’Il a maudits, ceux contre lesquels Il est courroucé." [Coran V, 60]
"qui se sont égarés autrefois et qui en ont égaré beaucoup d’autres hors du droit chemin." [Coran V, 77].
"Ady Ben Hatem a dit: J’ai demandé à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - au sujet de ceux qui sont désignés par ce verset : (Non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère), il me répondit : Ce sont les juifs, quant aux égarés ce sont les chrétiens."
On me dira que, hormis le bruit de cet appel, amplifié par une sonorisation moderne peu avare de watts, la population suisse ne sera nullement incommodée par cette stigmatisation quotidienne publique des chrétiens et des juifs, à cinq reprises, trois cent soixante-cinq jours par an, puisqu’ils ne comprennent pas l’arabe. Mais les Suisses de confession musulmane, le comprennent, eux, et connaissent d’autant mieux la nature de cet "enseignement du mépris" et de la réprobation, que la Fatiha est enseignée aux petits musulmans, dès l’âge le plus tendre, et constitue pour ceux d’entre eux qui sont dénués de culture religieuse, la seule prière quotidienne, aussi recommandée que familière, au point que les spécialistes la comparent au "Notre Père" des chrétiens et au "Shema Israel" des juifs.
Ce n’est pas de la paranoïa que de craindre les conséquences néfastes, à plus ou moins long terme, d’un conditionnement mental aussi hostile sur les imaginations enfiévrées de minorités aux fortes tendances victimaires et revendicatrices, entretenues par certains imams emplis d’une haine inconditionnelle pour tout ce qui n’est pas musulman. Il ne semble pas exagéré d’estimer qu’il constitue une incitation et un encouragement permanents à une révolte intérieure, grosse de débordements violents, voire séditieux, dont il n’est pas difficile d’imaginer les effets dévastateurs sur la paix civile des pays qui auront cédé à cette exigence, que leurs gouvernants, égarés par des objectifs économiques et électoraux à courte vue, ont tragiquement considérée comme "folklorique" et sans danger.
Menahem Macina
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Mis en ligne le 2 décembre 2009, par