Traduction française anonyme, en exclusivité pour Upjf.org
Les films de la journaliste réalisatrice d’investigation, Esther Shapira, réalisés à partir de recherches minutieuses, remettent en question le reportage de ses collègues de France 2, selon lequel des soldats israéliens auraient tué un enfant en l’an 2000.

Une image qui est devenue l’icône de la colère palestinienne :
Mohammed Al-Dura, qui aurait été tué par des soldats israéliens
Mohammed al Dura est devenu, entre temps, une icône dans le monde arabe. Sa mort dramatique est représentée sur des billets de banque et des timbres. On voit le jeune garçon, le visage terrifié, se presser contre son père qui tente en vain de le protéger des balles des soldats israéliens.
C’est ainsi, en tout cas, que, le 30 septembre 2000, Charles Enderlin, correspondant de la chaîne de service public France 2, présentait les choses. Cet événement, à l’aube de la deuxième Intifada contre Israël, agit comme un détonateur sur les Palestiniens, déjà prêts au soulèvement.
Esther Shapira et Georg Haffner, de la Hessischen Rundfunk (Télévision de la Hesse/ARD), ont réalisé deux films sur la mort du jeune garçon. La série d’indices qu’ils ont relevés, n’établit pas seulement que les balles qui auraient pu tuer al Dura ne peuvent être israéliennes, mais qu’elles sont palestiniennes. Dans leur dernier film, qui a été diffusé pour la première fois début mars, ils établissent qu’il n’y a même pas de preuves qu’Al-Dura soit mort. Le titre du documentaire : « L’enfant, la mort et la vérité ».
Mort sans preuves
Celui qui a diffusé la nouvelle selon laquelle « Mohammed Al-Dura aurait été tué par des soldats israéliens » se sent aujourd’hui agressé par les recherches des journalistes allemands. Patrick de Carolis, président de France Télévision, dont fait partie France 2, a écrit à Peter Boudgoust, président actuel d’ARD, une lettre peu amène, par laquelle il menace de résilier les accords de coopération entre diffuseurs. Par ailleurs, il a mis en garde ARD contre toute diffusion ultérieure du film.
Entre temps, Patrick de Carolis a reçu une réponse de l’intendant de la Hessische Rundfunk (télévision de la Hesse/ARD) :
« Nous avons écrit à France 2, que nous ne voyons pas de motif pour retirer le film. Le film n’est pas dirigé contre la chaîne »
affirme le directeur de la télévision, Manfred Krupp, au Kölner Stadt-Anzeiger.
Un autre reproche des Français serait que leur chaîne n’aurait pas été suffisamment entendue. A cela, Krupp répond :
« Nos auteurs ont eu à cur d’être loyaux. France
Charles Enderlin et la responsable des informations, Arlette Chabot, apparaissent dans le film.
France 2 et son célèbre correspondant au Proche-Orient ont déjà essuyé un échec. En été 2008, ils ont perdu, en deuxième instance [appel], contre le critique des médias, Philippe Karsenty, qui avait accusé France 2 de faux.
Pour Enderlin, il y va de sa réputation. Lors de sa défense, il se conduit sans ménagement à l’égard d’Esther Shapira. Il traite la journaliste de la Frankfurter Rundschau de « journaliste militante », qui se fait manipuler par les cercles de droite en Israël.
Esther Shapira n’a pas l’intention de prendre des mesures [juridiques] contre ces propos :
« Nous recourons nous-mêmes clairement à la critique, et, en retour, nous somme prêts à répondre à toute critique. Et c’est exactement pour cela que je suis indignée par le comportement de France 2 et de Monsieur Enderlin, qui tentent d’entraver toute critique de leur travail. »
Jan-Philipp Hein
© Kölner Stadt Anzeiger
Mis en ligne le 5 juin 2009, par