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A-Dura/France-2/Karsenty: depuis l'arrêt de la Cour d'appel du 21 mai 2008

Al-Dura: Ils n’ont pas apprécié la diatribe de G. Grizbec et lui administrent une volée de bois vert

15/10/2008
Ceux qui croient les internautes indifférents à ce qui se publie sur les sites en général, et sur le nôtre en particulier, doivent se détromper. Ils réagissent et ne se gênent pas pour remettre en question mon discernement. Le premier illustre par un exemple la militance anti-américaine partisane de ce journaliste. Le second me reproche, au passage, ma «naïveté», et s’étonne que mes oreilles, «pourtant exercées», n’aient pas détecté l’amalgame de la rhétorique accusatrice du journaliste et «sa volonté de salir, voire de tuer le contradicteur», en l’occurrence, le sociologue Pierre-André Taguieff, dont Grizbec fustige l’étude mise en ligne sur ce site [*]. Le troisième, enfin, rappelle une insulte anti-israélienne lancée à l’ambassadeur d’Israël en France. Dont acte. (Menahem Macina).

[*] Voir : "Al-Dura: stéréotypes antijuifs, défaillance journalistique, imposture médiatique".

 


14/10/08

 

1. Sur le ’professionnalisme incontestable’ de M. Grizbec

 

France 2 et ses correspondants nous offrent peu d’occasions de sourire et encore moins de rire d’eux. Mais Gérard Grizbec fait exception à la règle.

J’en donne pour preuve - et je le mets au défi de me contredire - son reportage sur l’entrée des forces américaines à Bagdad, le 9 avril 2003, je crois.

Ce reporter n’avait cessé de nous expliquer, depuis le début de l’offensive, et tous les jours en direct, que les troupes américaines s’enlisaient,  alors qu’en 19 jours les soldats atteignaient Bagdad, quand le Pentagone avait prévu une cinquantaine de jours.

Plus risible, ou plus dramatique : l’anti-américanisme primaire éhonté de Gérard Grizbec découvrant enfin, au petit matin, à Bagdad : « des chars américains de l’autre côté du pont », que l’on voyait derrière lui, alors que, depuis des heures et des heures, TOUTES  les chaînes - au moins celles des pays libres - nous montraient ces images de troupes américaines DANS Bagdad.

Et c’est ce journaleux qui ose donner des leçons!

Je veux bien être poursuivi pour diffamation si le Tribunal m’autorise à faire visionner ce reportage. Au moins, nous pourrons rire !


Michel Grinberg

 

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2. Taguieff, qui défend Israël, sali par Grizbec qui milite contre ce pays


Cher Menahem Macina,

Je suis étonné par votre présentation plutôt positive de la "réaction", aussi agressive que mensongère, de Gérard Grizbec, à l’article mesuré de Pierre-André Taguieff. On m’a rapporté que cet individu, ancien militant de l’Alliance Marxiste-Révolutionnaire (AMR, groupuscule trotskiste des années 1970/1980), puis des Comités communistes pour l’autogestion et de l’Union dans les luttes, aurait déclaré qu’il ne "s’abaisserait pas" à lui répondre. Il a pourtant envoyé ce texte, fort habile, un texte d’avocat qui "sonne sincère", même à vos oreilles pourtant exercées.

France 2 a cru avoir trouvé le flingueur idéal: "grand reporter", "vice-président de la Société des journalistes de France 2", etc. Il s’agit d’un militant trotskiste sans qualités particulières, qui, sous la gauche au pouvoir (ascenseur social ultra-rapide!), s’est transformé en journaliste. Sa réponse n’est que rhétorique et maladroitement diffamatoire: quiconque contredit France 2 en s’indignant de ses mensonges répétés depuis 8 ans est accusé de parler comme "l’extrême droite" et "l’extrême gauche" (sic).

Enderlin et ses avocats ont travaillé hâtivement. L’amalgame avec le "négationnisme" (et/ou le rapprochement avec Thierry Meyssan) est le thème majeur de la plaidoirie du principal avocat d’Enderlin/France 2 contre Philippe Karsenty. Quand on ne peut répondre rationnellement, on accuse l’autre du pire. Cet amalgame est absolument scandaleux, et suffit à montrer la volonté de salir, voire de tuer le contradicteur, et non pas de répondre à ses arguments. Il est particulièrement crapuleux concernant Taguieff, qui a contribué à la démystification du phénomène négationniste en le combattant par la plume depuis 1980 !

Grizbec, gauchiste culturel dont on trouve le nom parmi les signataires de pétitions "antisionistes" (notamment celle d’octobre 2000: "Appel pour la Palestine", diffusée peu après le début de l’affaire al-Dura), est un militant pro-palestinien, violemment anti-israélien. En montant aux créneaux dans l’affaire al-Dura, en tant que mercenaire idéologique de France 2, il a pris un grand risque, celui d’être dévoilé. On notera que l’Appel, qu’il a signé en octobre 2000 [voir ce texte en fin d’article], défend le "droit au retour des Palestiniens chassés de leur terre". Ce qui revient à demander le démantèlement de l’État d’Israël. C’est cet engagement politique extrémiste qui, s’ajoutant à la solidarité corporatiste, détermine son soutien inconditionnel à Enderlin (son collègue) et France 2 (son employeur). 

Votre générosité intellectuelle pourrait, dans cette hypothèse, friser la naïveté. Par ailleurs, alors même que Taguieff ne se prononce pas sur la mort ou non du jeune al-Dura, Grizbec fait comme s’il l’avait niée purement et simplement. Mauvaise foi significative. La malhonnêteté intellectuelle est malheureusement bien partagée dans les milieux journalistiques en France.

Bien cordialement

 

Victor Ferkhiss

 

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3. "Finir le travail commencé en 1948 :

Je porte à votre connaissance un élément d’information que peut-être vous n’avez pas.

Lors d’une interview d’Avi Pazner [Ambassadeur d’Israël en France], Gérard Grizbec lui lança: « Vous voulez finir le travail commencé en 1948 ».

Je n’ai pas entendu cette interview, mais elle a été évoquée par Alain Finkielkraut lors d’une de ses émissions du dimanche sur RCJ.

Bien à vous

J. G. 

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Appel à signatures pour la Palestine (octobre 2000)

 

[Les mises en rouge sont de notre Rédaction. Elles visent à illustrer le caractère violemment incitateur et diabolisateur de ce discours anti-israélien, dans lequel le seul coupable est, bien sûr Israël, tandis que les Palestiniens sont des victimes innocentes.]

Citoyens du pays dans lequel nous vivons et citoyens de la planète, nous n’avons pas de raisons ni pour habitude de nous exprimer en qualité de juifs.

Nous combattons le racisme dont bien sûr l’antisémitisme sous toutes ses formes. Nous condamnons les attentats contre les synagogues et les écoles juives qui visant une communauté en tant que telle et ses lieux de culte, internationalisent le conflit du Moyen-Orient. Nous refusons l’internationalisation d’une logique communautaire qui se traduit, ici même, par des affrontements entre jeunes d’une même école ou d’un même quartier.

Mais, en prétendant parler au nom de tous les juifs du monde, en s’appropriant la mémoire commune, en s’érigeant en représentants de toutes les victimes juives passées, les dirigeants de l’Etat d’Israël s’arrogent le droit de parler aussi malgré nous en notre nom. Personne n’a le monopole du judéocide nazi. Nos familles ont eu leur part de déportés, de disparus, de résistants. Aussi le chantage à la solidarité communautaire, servant à légitimer la politique d’union sacrée des gouvernants israéliens, nous est-il intolérable.

Dans l’escalade de la violence, des actes inadmissibles sont commis des deux côtés. C’est hélas le lot de toute logique de guerre. Mais les responsabilités politiques ne sont pas également partagées. L’Etat d’Israël dispose d’un territoire et d’une armée. Les Palestiniens des territoires occupés et des camps de réfugiés, sont condamnés à vivre sous tutelle d’une économie mutilée et dépendante, dans une société estropiée, sur un territoire en lambeaux, lacéré de routes stratégiques et semé de colonies juives.

Si la provocation calculée d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées, avec l’accord et le soutien d’Ehud Barak, a pu mettre le feu aux poudres, c’est que la situation était déjà explosive du fait des manoeuvres dilatoires dans l’application des accords d’Oslo, de la poursuite de la colonisation juive des territoires, du refus de reconnaître un Etat palestinien dont la proclamation est sans cesse différée. Il n’est pas surprenant que ces humiliations et ces frustrations accumulées aboutissent à la révolte d’un peuple. Un pas peut-être irréversible est en train d’être franchi. La provocation symbolique d’Ariel Sharon, en accentuant le caractère confessionnel des affrontements au détriment de son contenu politique, favorise la montée en puissance de forces religieuses extrêmes au détriment des partisans de la paix et d’une Palestine et d’un Israël laïcs. Une course au désastre est engagée. Une guerre civile se profile en Israël même entre juifs et arabes israéliens.

Ce n’est donc pas bien que juifs, mais parce que juifs que nous nous opposons à cette logique suicidaire des paniques identitaires. Nous refusons la spirale mortelle de l’ethnicisation et de la confessionnalisation du conflit. Partisans de la fraternité judéo-arabe, nous réclamons la relance d’un processus de paix qui passe nécessairement par l’application des résolutions de l’Onu, par la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain et du droit au retour des Palestiniens chassés de leur terre.

C’est par là que la coexistence pacifiée de différentes communautés culturelles et linguistiques sur un même territoire peut devenir possible.

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Mis en ligne le 14 octobre 2008, par
M. Macina, sur le site upjf.org