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A-Dura/France-2/Karsenty: depuis l'arrêt de la Cour d'appel du 21 mai 2008

La Ména sort à nouveau ses griffes à propos des blessures de Jamal al-Dura, M. Macina

05/10/2008
Pour mieux comprendre le fond de cette polémique, le lecteur aura avantage à se reporter à l’entièreté du rapport polémique que Metula a consacré à cette affaire dans l’affaire [*]. (Menahem Macina).

* Voir, ici même, notre reprise partielle de l’article de S. Juffa, " L’étrange rapport du prof. Walden concernant les blessures de Jamal a-Dura "; et son intégralité, sur le eXtrêmeCentre, sous le titre " A Dura ? Il souffle , il souffle ".

 

04/10/08

 

Il est dommage qu’à l’occasion d’une nouvelle affaire dans l’affaire - la réalité ou l’inexistence des blessures de Jamal al-Dura -, Metula News Agency retourne à ses vieux démons : soupçon, discrédit, polémique, dérision et invective. On connaît la position de déni systématique, par la Ména, de la mort du fils et des blessures du père. Elle n’a pas varié d’un iota depuis l’origine, malgré l’accumulation d’indices en sens contraire. Pire, aujourd’hui, son fondateur et directeur, Stéphane Juffa, dénie toute validité au rapport du professeur Walden - spécialiste israélien des affections cardio-vasculaires - attestant de la réalité de ces blessures. Et en quels termes !

Extrait (car il y a bien d’autres fleurs – venimeuses – de rhétorique de cet acabit) :

« …quelle étrangeté, un spécialiste du sang qui corrige l’œuvre d’experts des os dans une affaire de réduction de fractures. Rafi Walden, à force d’avoir reçu des compliments mérités, s’est-il soudain pris pour le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ? Et dans tous ces cas, qu’elle [sic] mouche a donc piqué le professeur ? Par qui a-t-il été mandaté, l’Hôpital Al-Hussein, Hippocrate en personne, ou, beaucoup moins glorieusement, Charles Enderlin et France2, méchamment ballotés [sic] dans les cordes, en manque d’argumentation présentable pour défendre leur thèse corrompue ? »

 

C’est évidemment le droit de cette officine de presse d’avoir, sur cette affaire comme sur d’autres, des positions qui lui sont propres. Ce qui est beaucoup moins légitime, par contre, c’est de s’en prendre, en termes blessants - pour ne pas dire insultants, tant au professeur Walden – on l’a vu – qu’à l’association de l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France (UPJF), que j’ai l’honneur de servir en tant que responsable de son site Web, en lui reprochant d’ « affirmer une sottise ».

En tant qu’homme de culture, S. Juffa aurait pu s’éviter le ridicule d’évoquer précisément, à la fin de l’article auquel je réagis, le célèbre aphorisme de Camus : "mal nommer les choses ajoute au malheur du monde", alors que c’est précisément ce qu’il fait en attribuant à l’UPJF la paternité de mes propos :

« Le professionnalisme, dans la vie, évite déjà de passer son temps à graviter entre l’euphorie exagérée et la dépression injustifiée. [Il] Aurait évité à l’UPJF d’affirmer la sottise suivante : le "rapport du professeur (israélien) Raphaël Walden, qui établit, sans contestation possible, que les blessures de Jamal al-Dura sont authentiques et graves." »… 

 

En tant que Juif, S. Juffa doit connaître le grave avertissement rabbinique, hamevi’ davar beshem omro, qui fait obligation d’attribuer un dire à son véritable auteur. Tout cela pour dire que, sans doute pour éviter de prononcer mon nom, il se garde de préciser que l’auteur de l’article qu’il impute à l’Association est Menahem Macina. En effet, Juffa le sait : je ne suis pas seulement le responsable éditorial du site de l’UPJF, mais également auteur, critique et analyste (la question de savoir si j’en ai en a les compétences, est un autre problème, qui a d’ailleurs déjà été tranché, motu proprio et d’autorité, par le magistère sans appel de S. Juffa). Je pense qu’en attribuant à l’UPJF ce qui me revient – pour le meilleur ou pour le pire – S. Juffa fait injure à son intelligence et à sa connaissance des fondamentaux du journalisme. En effet, ce n’est pas parce qu’un collaborateur de presse exprime telle conception, qu’il faut en déduire qu’elle est partagée par le média qui l’emploie. C’est faire un mauvais procès à l’UPJF que de l’incriminer parce que son responsable de site a écrit une « sottise », selon l’appréciation ’généreuse’ de Juffa. A moins (Dieu nous en préserve !) que ce ne soit une énième tentative de "faire peur" à l’UPJF, afin de la pousser à se débarrasser enfin de l’électron libre, et donc incontrôlable, que je suis censé être, de peur que le discrédit que j’encours n’atteigne, du même coup, la crédibilité de l’Association. Le scénario est connu et bien rodé : il a déjà servi à plusieurs reprises, même si, pour la rage de mes détracteurs, il n’a, pour l’instant, pas obtenu le résultat qu’ils espéraient.

A vrai dire, je m’attendais un peu à cette manifestation de mauvaise humeur du responsable de la Ména. En effet, au lendemain de la mise en ligne de l’article, "Al-Dura: Pièces à verser au dossier du futur groupe de travail d’experts indépendants" - qui est la véritable cause de sa vindicte -, Stéphane Juffa s’était sèchement désabonné de notre Newsletter qu’il reçoit depuis des années. Il était clair, à ses yeux, semble-t-il, que si je ne suis pas un traître (quoique…), je suis, au mieux, un "idiot utile", en ceci que je founis des munitions à l’ennemi – entendez : Charles Enderlin et France 2.

Mais il y a une autre raison à cette attaque venimeuse. Avec une assurance qui n’a d’égale que la fatuité plus ou moins consciente sur laquelle elle repose, S. Juffa considère que PERSONNE, hormis lui-même et le physicien Nahum Shahaf, n’a compétence pour traiter de l’affaire al-Dura. J’ai dit, à plusieurs reprises et, je crois, avec beaucoup d’empathie, que je comprenais la frustration de S. Juffa, l’un des premiers découvreurs de cette affaire… - le premier ? Ah bon, excuse-moi, Stéphane! -, qui, à tort ou à raison, se sentait dépossédé du fruit de son travail par des nouveaux venus. C’est pourtant la dure loi de la volatilité des idées : ce qui est dans l’air devient vite le bien de tous, sans que ceux qui se nourrissent du fruit de pensées antécédentes aient conscience d’avoir profité du bien d’autrui, et encore moins d’en frustrer des auteurs qu’il n’a peut-être pas lus dans le texte. Mais Juffa a tort de s’emporter contre ceux qu’il considère comme des pilleurs de son travail. Loin d’être des ignares, et encore moins des « manches de balais qui se prennent pour des Winchester » (métaphore aussi douteuse dans son sens, que maladroite dans sa rédaction, sans parler de son caractère inutilement désobligeant), les analystes qu’il pourfend ont fait preuve de beaucoup d’entregent, au point qu’ils en sont venus à occuper le devant de la scène. Je pense en particulier, et entre autres, à l’historien médiéviste Richard Landes et au psychologue Gérard Huber, dont la vaste culture a permis de sonder plus profondément les ressorts culturels, historiques et psychiques de la haine obsessionnelle des Juifs qui s’est manifestée avec une rare intensité, à l’occasion de cette affaire. Je pense aussi à certains journalistes et blogueurs de talent qui ont contribué à aller plus loin dans l’analyse de l’événement et de ses conséquences. Je pense enfin au fondateur de Media-Ratings, Philippe Karsenty, qui a largement payé de sa personne et de son argent le droit de prendre la parole plus souvent que S. Juffa. D’où les flèches venimeuses que ce dernier décoche à tous et à chacun de ses "concurrents", en prédisant amèrement qu’ « on va voir » :

·         « les Karsenty-Landes fondre à nouveau sur cette enquête de la Ména et faire comme s’ils venaient de la terminer… »

·         « Shlomo Malka, à l’antenne de RCJ, Elisabeth Lévy, sur France-Inter, en parler en se gardant de dire que c’est nous qui l’avons menée… »

·         « D’innombrables bloggeurs communautaires, plus besogneux que réellement corrects, se partager les honneurs pour le travail que nous avons fourni… »

Bref, tous ceux qui n’émargent pas à la Ména, ou n’écrivent pas pour elle et dans le même sens qu’elle, en prennent pour leur grade.

Cela fleure la paranoïa, et si ce n’en est pas une, cela y ressemble furieusement…

En bref, notre problème à nous, «les Karsenty-Landes, Malka, Lévy », et autres « bloggeurs communautaires », c’est notre manque de « professionnalisme » et notre honteuse propension à accaparer le bien intellectuel de la Ména. Ou pour faire plus simple, d’oser revisiter l’affaire al-Dura sur nouveaux frais, et d’avoir la suprême impudence de ne pas demander le ’la’, ou l’imprimatur, à Metula News Agency, en la personne de son responsable, à l’oreille musicale médiatique incomparable, et à la science infuse inaccessible au commun des mortels.

Désolé pour cette correction, mon Cher Stéphane, mais c’est toi qui t’es donné des verges pour te faire fouetter. Je le répète, peut-être pour la dernière fois : tu as beaucoup contribué à la remise en question de l’accusation arbitraire de Tsahal, dans cette affaire ; et les uns et les autres, nous, les non-spécialistes qui n’arrivons pas à la cheville de ton omniscience, te savons gré de nous avoir frayé la voie et d’avoir contribué, au fil des années, à entretenir la flamme du doute.

Mais (et là, c’est moi qui parle pour mon propre compte), ton déni systématique et ton entêtement sclérotique à subodorer partout mise en scène et complot, ont altéré ton jugement, aigri ton caractère, et t’amènent aujourd’hui à jeter publiquement le discrédit sur des collègues

·         qui ne t’ont pas dépouillé, comme tu t’en plains à tort ;

·         dont certain(e)s, te valent, voire t’avantagent, aux plans moral et professionnel ;

·         et qui, à défaut de considération, ont au moins droit au respect.

Pour le reste, ce n’est pas en t’enfermant dans tes certitudes autistes, et encore moins en t’en prenant méchamment à des gens qui ne t’ont fait aucun tort, que tu contribueras à la guérison de la fistule de haine qui empoisonne la bouche et l’âme de certains Juifs - haine qu’à ton corps défendant sans doute, mais réellement en pratique, tu contribues à entretenir, voire à envenimer.

Kippour approche. Il est encore temps pour toi de demander la mehilah à celles et ceux que tu viens de discréditer. Pour ma part, je t’accorderai bien volontiers la mienne, si tu me la demandes. Mieux, j’anticipe en sollicitant la tienne pour le tort que j’ai pu te causer involontairement, dans le passé, en général, et par cet éditorial, en particulier.

Gmar hatima tovah !


Menahem Macina

 

Nota : Je m’excuse de ne pas avoir assorti d’une note explicative l’expression "révoquer en doute", dont S. Juffa dit ne « pas comprendre le sens français ». Pensant qu’elle fait partie de la culture de tout "honnête homme", j’avais craint de paraître prendre les internautes pour des ignares en leur citant la définition suivante du Petit Robert, article Révoquer, " 3e Littér. (v. 1530). Révoquer en doute : mettre en doute. V. Contester. « Il faudrait presque révoquer en doute ce qu’il raconte,… Si Maupéou n’avait rapporté les mêmes détails » (Châteaubriand). "   

 

© upjf.org

 

Mis en ligne le 4 octobre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org