Je ne souhaite pas le désamour, mais il y a, d’ores et déjà, un désaveu dans l’air. En acceptant une Commission d’enquête composée d’experts indépendants, France 2 s’enlise dans la logique du désaveu que son journaliste et seul témoin direct de l’événement, le caméraman Talal Abu Rahma, avait commencé à suivre, lorsqu’il était revenu, le 30 septembre 2002, sur son témoignage donné le 3 octobre 2000, devant l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza. Car, si c’est une chose de prendre l’initiative de sauver son éthique en enquêtant sur un fait douteux, c’en est une autre d’accepter le blâme de ne pas avoir été capable de mener une enquête interne susceptible de faire toute la clarté.
Il y a longtemps que France 2 aurait dû endiguer cette logique du désaveu, en se donnant tous les moyens matériels et moraux pour faire la lumière - surtout si celle-ci devait éclairer favorablement le commentaire de
La vexation psychologique est immense et elle dépasse le cadre de France 2, puisque nombre de journalistes se précipitent dans la défense de
Ces images engagent l’Autorité palestinienne, parce qu’elles font partie de toutes celles qui ont été conçues par la télévision palestinienne, dont on sait qu’elle est au service du pouvoir en place. Or, à Netzarim, ce jour-là, les Palestiniens ne se contentaient pas de faire de l’agitation, mais, c’est un fait établi, mettaient en scène des scénarii d’horreur dont ils espéraient que la diffusion attesterait que les Israéliens sont des êtres cruels qui tuent des enfants froidement.
Par la suite, ces images ont engagé Israël, puis la France. Israël, parce que
Qu’on me comprenne bien : il n’est pas question d’un complot médiatique mené par une coalition d’ennemis et de déçus d’Israël, ou par des partisans d’un État israélo-palestinien binational, dont la condition serait la destruction d’Israël en tant qu’État juif. J’ai expliqué les processus affectifs et intellectuels à l’uvre (symbolique abrahamique hypnotique, tentative de créer une psyché de masse, auto-hypnose, etc.) dans la mise en abîme individuelle et collective des différentes étapes de cette histoire. Mais je considère que les responsabilités politiques, dans l’enchaînement de faits séparés les uns des autres, sont majeures, qu’elles doivent être décryptées, et que des solutions doivent être trouvées de manière démocratique, pour que la vérité soit dite et connue de tous.
C’est pourquoi, j’appelle à la Constitution d’une Commission d’enquête internationale, et pas seulement nationale, qui, outre les décisions de la télévision palestinienne et de France 2, questionnera aussi les décisions de l’Autorité palestinienne, de l’État d’Israël et de la République Française tout au long de cet enchaînement. Cette enquête ne pouvant prendre place que dans le cadre du processus de paix, il est du devoir de l’Union européenne de s’engager pour la faire aboutir.
Gérard Huber
Mis en ligne le 22 septembre 2008, par