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A-Dura/France-2/Karsenty: depuis l'arrêt de la Cour d'appel du 21 mai 2008

« Enderlin et moi » [résumé d’un entretien qui ne verra pas le jour], par André Darmon

21/07/2008
J’ai demandé – et obtenu – d’André Darmon, rédacteur en chef de la revue "Israël Magazine", l’autorisation de reproduire l’éditorial de la dernière livraison de ce mensuel, dont la réputation n’est plus à faire. L’épisode peut sembler, en effet, surréaliste voire blessant, comme ne se priveront vraisemblablement pas de l’écrire les détracteurs inconditionnels du correspondant de la chaîne France 2 à Jérusalem. Certains se persuaderont peut-être en voyant dans cette interview cachée, un indice de ce que le journaliste est sur le point d’"aller à Canossa". A mon avis – et c’est pour cela que j’ai voulu reproduire ce texte -, il faut voir ce fait sous un autre angle. Que Ch. Enderlin, en butte à une campagne de dénigrement (dont il est, certes, largement responsable) décide de s’entretenir durant deux heures avec un journaliste du calibre d’André Darmon - dont il sait, de surcroît, qu’il a donné tribune à des chroniqueurs partisans de la thèse d’une mise en scène, dans l’affaire al-Dura [*] -, est peut-être un signe avant-coureur de ce que l’abcès va bientôt crever et que, si douloureuse que doive être l’opération, elle débouchera dans une clarification qui sera bénéfique tant au journaliste mis en cause, qu’aux très nombreux juifs, de par le monde, qui souffrent non seulement des dégâts causés par cette affaire à l’image d’Israël et de son armée, mais aussi de la division et de la violence qu’elle a induites au sein de notre peuple, avec son corollaire empoisonné de haine et de guerre entre juifs. (Menahem Macina).

[*] Je fus de ceux-là, puisque mon article, "Al-Dura : Pour une sortie de crise digne et consensuelle", a été publié dans le numéro 83 (décembre 2007) d’Israël-Magazine.

 

Texte repris d’Israël Magazine, n° 90 d’août 2008.


"S’il y a bavure ou dérive, ce n’est pas la fin du monde, mais elles doivent être reconnues et corrigées.
(Benjamin Bradley, The Washington Post).

 

S’entretenir deux heures avec Charles Enderlin sans sortir les coutelas, appeler à la rescousse la police montée, ou bien encore son propre avocat, me paraissait appartenir au domaine du chimérique.

Car le sieur Enderlin saura, tout le long de la conversation, qu’outre le dossier en lui-même que n’importe quel journaliste se doit de maîtriser, il n’est pas nécessaire de faire appel à la psycho-morphologie, ni aux tests de vérité, pour affirmer que son estimable cameraman Talal Abou Rahmeh, est un menteur, un exécrable journaliste, mais, par contre, un très bon militant palestinien.

Aussi, si je me suis engagé à ne rien dire de ce qui a été dit, je ne me suis pas interdit de raconter ce que je lui ai dit, moi. Simplement en deux mots.

Qu’au fond, Charles Enderlin a été entraîné, disons-le, dans une spirale de mensonges, dont il n’était pas l’initiateur et dont personne ne savait à l’avance les dégâts qu’ils causeraient à Israël et aux Juifs dans le monde.

Reprenons simplement la sentence du début de cet édito et disons, avec Benjamin Bradley (et peut-être Charles Enderlin), que, "s’il y a bavure ou dérive, ce n’est pas la fin du monde (encore que ?), mais elles doivent être reconnues et corrigées".

En sortant de l’entretien, j’indiquerai donc à l’assistante malgré la maxime qui affirme qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, que je ne signerai bien évidemment toujours pas la pétition soutenant Charles Enderlin.

 

André Darmon


© Israël Magazine

 

Mis en ligne le 20 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org