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A-Dura/France-2/Karsenty: depuis l'arrêt de la Cour d'appel du 21 mai 2008

Une réaction de Jean-Yves Camus, à verser au dossier de l’affaire Al-Dura

26/06/2008

26/06/08


Dans un entretien avec Caroline Fourest, de ProChoix *, Jean-Yves Camus, chercheur à l’IRIS, spécialiste des questions liées aux extrémismes, et ancien directeur de la communication du consistoire de Paris, évoque les critiques virulentes dont il est l’objet pour avoir signé l’appel en faveur de Charles Enderlin, et tente de s’expliquer en ces termes :

« … cette signature ne vaut pas approbation du reportage de Charles Enderlin sur la mort de Mohammed al-Dura et de l’utilisation anti-israélienne qui en a été faite. Elle veut simplement condamner l’acharnement qui le [Enderlin] frappe depuis 7 ans et vise à le démolir professionnellement, à l’accuser d’être anti-israélien, et à condamner la thèse du groupe qui le poursuit de sa vindicte, pour qui Mohammed al Dura est toujours vivant, le reportage étant, selon ces gens, un simple montage, une fiction.

Et de préciser :

« Le texte que j’ai signé comprend une phrase, dont je me démarque, qui attribue formellement la mort de l’enfant à des tirs israéliens. Or, cela n’est pas certain, car il a pu aussi être victime de balles palestiniennes. Sur le fond, ma position est qu’il faut aboutir rapidement à ce qu’une enquête indépendante détermine les responsabilités de chacun. C’est précisément ce que demande Jean Daniel, qui a signé l’appel pour Enderlin, lui aussi. Je le répète, sur cette affaire, on peut déplorer la rapidité du commentaire attribuant la responsabilité de la mort de al-Dura à l’armée israélienne, mais on ne peut pas faire de Charles Enderlin une sorte de traître à son pays et à son peuple, voire un faussaire de mauvaise foi. Cela manque de mesure. Et si on est libre de défendre la thèse selon laquelle cette mort est un montage, on doit rester libre aussi de dire qu’elle ne l’est pas. »


Dont acte. Passons sur la contradiction flagrante entre cette "clarification" visant à nuancer la caution que Camus a choisi d’accorder à une pétition, dont il reconnaît lui-même qu’elle exprime des positions qu’il ne partage pas. Il reste que, à l’instar de Charles Enderlin, il met indûment sur le même plan les propos incontrôlés et excessifs de certains, et les reproches, beaucoup plus équilibrés et circonstanciés - que la Cour d’Appel de Paris a d’ailleurs pris en compte - émis à l’encontre du reportage et de ceux qui lui ont donné une diffusion planétaire indue, avec les conséquences tragiques que l’on sait, par
Philippe Karsenty, ainsi que par des spécialistes incontestés de cette affaire, sans parler de l’avis d’experts au-dessus de tout soupçon, qui corroborent le bien-fondé des critiques virulentes qu’a déclenchées ce document télévisuel infamant pour l’Etat d’Israël et son armée.

Un intellectuel tel que J.-Y. Camus a le devoir de peser la portée de ses prises de position. Il ne doit donc pas s’étonner que se détournent de lui des membres de la communauté juive, qui n’appartiennent pas tous, tant s’en faut, au « groupe qui poursuit [Ch. Enderlin de sa vindicte », comme il l’affirme dans son interview, ni ne sont « des individus… engagés dans une campagne de négation et de discrédit… obstinée et haineuse [qui] s’efforce de salir la dignité professionnelle de… Charles Enderlin », comme s’efforce de le faire accroire le texte de l’Appel « Pour Charles Enderlin », diffusé par le site du Nouvel Observateur

 

Menahem Macina

 

* Voir : "Repli communautaire juif : 3 questions à Jean-Yves Camus". 

 

© upjf.org

 

Mis en ligne le 26 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org