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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

Décryptage : A la mémoire de Daniel Pearl, journaliste assassiné parce que juif…
22/06/2008

Je remets en ligne aujourd’hui le scénario et le script du film Philippe Bensoussan et Jacques Tarnero, intitulé "Décryptage", en l’honneur de ses auteurs - trop oubliés - qui viennent de publier un remarquable "coup de gueule" contre le haut-le-corps scandalisé, opposé par des journalistes corporatistes et des personnalités bien-pensantes à la simple perspective d’une mise en doute de l’accusation infamante qui, depuis 7 ans, fait de Tsahal une armée de tueurs d’enfants. Je veux parler bien sûr de l’Appel "Pour Charles Enderlin". C’est mon salut personnel à ces pionniers auxquels, je l’avoue, j’ai oublié jusqu’ici de rendre hommage, alors qu’en son temps, j’ai largement couvert la sortie de ce film, sur mon site. Mieux vaut tard que jamais. Avec confusion (Menahem Macina).

20/06/08

« Ce film est dédié à la mémoire de Daniel Pearl, journaliste assassiné parce que juif… »

 

Voix off lisant le déroulant :

Ce film n’est pas un documentaire prétendant à la neutralité. Il veut dire une opinion, il veut dire une indignation. Il dénonce cette grande régularité dans l’histoire des hommes qui a fait des Juifs les boucs émissaires des malheurs du monde.  Depuis cinquante ans, la démonisation du Juif a muté. Israël semble être l’épicentre d’une passion planétaire. Israël n’est pas un Etat au-dessus de la critique, mais la volonté de l’accabler, de présenter ses soldats comme des violeurs ou des tueurs d’enfants règle d’autres comptes, dit autre chose que la contestation d’une politique. En le présentant comme malfaisant par nature s’affirme la volonté de délégitimer cet Etat, non pas pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il est. Cet acharnement, cette diffamation est une énigme dans l’Histoire. Ce film tente de la questionner.

 

 

EXT TEL AVIV

Les flammes de quelques veilleuses éclairent l’asphalte.

Denis, Myriam et ses enfants se recueillent sur la tombe de Rabin.

 

 

Sophie Dulac Productions

présente

 

 

IMAGES D’AGENCE

 

                              I. RABIN

Le chant de la paix n’est pas seulement une prière !  La paix est au centre de toutes nos prières.  Elle est la volonté de tout le peuple juif.  Et nous avons une incroyable volonté de paix !

 

DECRYPTAGE

 

EXT TEL AVIV

Denis et ses enfants se recueillent sur la tombe de Rabin

 

IMAGES D’AGENCE

retour sur la foule et discours de rabin

Itskhac Rabin termine son discours descend les marches et se fait assassiner.

 

ARRESTATION

COMMENTAIRE TV

The security shield failed so disastrously. The gunman was Egal Amir, a 27-year-old law student. After firing . . . he wanted to kill foreign minister Simon Peres as well.

 

EMOTION DES GENS

Témoin

It’s, it’s, it’s unbelievable!

 

Un film de

Jacques Tarnero

Philippe Bensoussan

 

DENIS CHARBIT:

Camus a une très, très belle distinction qu’il fait entre le drame et la tragédie, et il dit : le drame en littérature, c’est quand il y a, on identifie très rapidement les bons et les méchants. La tragédie, c’est quand Antigone a raison et que Créon n’a pas tort. Hé bien je pense, enfin pour moi, le conflit israélo-arabe c’est une tragédie, c’est pas un drame.

 

IMAGES WASHINGTON SEPT 93

La poignée de mains entre Arafat et Rabin

Le prix nobel.

Commentaire :

Il y a un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour détruire et un temps pour bâtir, un temps pour aimer et un temps pour haïr. Quand Itzak RABIN cite l’Ecclésiaste, ce 13 septembre 1993, à Washington, nous pensions que le temps de la paix était enfin venu. Nous pensions que cette poignée de mains  entre Yasser ARAFAT et Ystak RABIN allait mettre fin à la guerre de 50 ans.

Cet espoir, ici, en France, nous l’avions partagé, nous les auteurs de ce film. D’où parlons-nous comme on dit, sinon de ce lieu amère de l’espoir brisé.

 

INT PARK HôTEL

Images de l’attentat au Park hôtel de Nethanya

Le mercredi 27 mars 2002, c’est le soir du Seder du Pessah qui rappelle aux Juifs leur libération quand ils étaient esclaves dans l’Egypte de Pharaon. Cette fête symbolise l’espérance de la liberté et en rappelle la dimension universelle.

Une bombe humaine, un homme palestinien, explose au milieu des convives.  Il y a trente morts et 140 blessés.  Que visait le tueur ?  Luttait-il pour l’indépendance de la Palestine, que voulait-il détruire ?

 

 

EXT. CIMETIERRE DE NETHANYA

Bernard Zaoui récite le Kaddish sur le cercueil de sa mère.

               Commentaire off :

Ce 27 mars, cette rescapée des camps de la mort, Madame Stein Zaoui, qu’Hitler n’avait pas réussi à faire disparaître, est rattrapée par l’Histoire.

 

On met le cerceuil en terre

LE PERE

Elle n’était pas malade, rien du tout !  On est allé à une fête, on est allé à une prière.

Papa, c’est pas possible !

 

BERNARD ZAOUI :

Moi, je suis un militant de la paix, et je suis pour le partage, je suis pour la création d’un Etat palestinien, mais pas avec des terroristes, pas un Etat terroriste 

 

               Commentaire off :

Pour les terroristes, un bon Israélien est un israélien mort. Peu importe d’être un militant de la paix.

Ilan Greilsamer est professeur de sciences politiques. Cet intellectuel autant que militant de la paix, favorable à la restitution des territoires, n’a pas la langue de bois.

 

 

01 06 31 ILAN GREILSAMER :

Moi, je parle de la gauche à laquelle j’appartiens, qui est la gauche sioniste, qui est la gauche israélienne patriote et sioniste, si vous voulez, et en ce qui me concerne je suis extrêmement critique de la politique du gouvernement israélien, mais d’un autre côté nous sommes encore beaucoup plus critiques de ce que font les Palestiniens aujourd’hui et de ce que fait Yasser Arafat.


 

 

INTIFADA

 

IMAGE TF1

               PPDA

Flambée de violence à Jérusalem et dans les territoires occupés.  A l’origine de ces affrontements, une visite du chef de la droite israélienne sur l’esplanade des mosquées.

               B. AGUIRRE off :

Chef de file du Likoud, le principal parti de droite israélien, Ariel Sharon a depuis toujours le goût prononcé des actions…

               C. ENDERLIN off :

Ariel Sharon est entouré de gardes du corps et de policiers tendus.  Des fidèles musulmans et des députés arabes israéliens sont là et l’interpellent.  Les équipes de télévision n’ont pas été autorisées à pénétrer sur l’esplanade des mosquées, et ces images ont été tournées par des Palestiniens avec des vidéos amateur.

              

               Commentaire off :

L’histoire officielle date du 28 septembre 2000, le début de la seconde Intifada avec la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées. Cette histoire ne dit pas la vérité. Elle a construit un récit qui veut qu’Israël soit le responsable et le coupable.

 

               JACQUES CHIRAC

Nous sommes consternés et très préoccupés par cette flambée de violence.  A l’origine, jeudi dernier, une provocation irresponsable sur le lieu saint de l’esplanade des mosquées.

 

ALEXANDRE ADLER:

A la veille de la visite de Sharon sur l’esplanade des mosquées qui était annoncée depuis une semaine dans la presse, il y a eu une rencontre entre Arafat et Ehud Barak, et je peux vous dire sans aucune, je ne fais pas du tout une révélation, que Barak a dit à Arafat, entre quatre yeux : oui, Sharon va venir sur l’esplanade demain, et Arafat n’a fait aucun commentaire.  Et… et pour cause, on voit bien de quoi il s’agissait : Ehud Barak venait d’accepter ce qui apparaissait encore aux yeux de tous comme inacceptable… pour un Israélien, c’est-à-dire le partage définitif de Jérusalem, l’existence de deux capitales pour une même ville, et il avait employé même le mot al-Kouts, la sainte, le mot arabe pour définir Jérusalem.  C’était beaucoup !

 

EHUD BARAK :

I sat down with him for some 45 minutes alone on my balcony and I tried to really see whether we can convince him that an angel will not descend from heaven to solve the problem for us. Maybe the religious people on both sides can believe that somehow angels will do it, but I have a very strong conviction that we have to help the Almighty if something good has to happen. And somehow I could not find him there. So, I didn’t know that he will erupt in violence immediately, but certain hints and certain intelligence material pointing to the possibility that he will kind of turn to terror and violence.

 

IMAGE TF1 CLAIRE CHAZAL

               Commentaire off :

Pendant qu’à Camp David, c’est de la paix dont il est officiellement question, l’Autorité Palestinienne prépare ses enfants à la guerre.

 

REPORTAGE TF1

Ici les plus jeunes ont dix ans, les plus vieux seize ou dix-sept ans.  Ces camps d’été durent trois semaines et ont réuni plus de 20.000 enfants en Cisjordanie et à Gaza.  Ils crient à la libération de Jérusalem. La Kalashnikov, l’emblème des luttes anciennes, est devenue objet d’exercices. La Kalashnikov est presque aussi grande qu’elle, mais aussi beaucoup plus résistante, trop lourde pour ses mains d’enfant.  L’histoire n’a pas encore fini de tourner la page des combattants feddayins. C’était à l’époque d’une autre révolution qui n’est pas encore tout à fait achevée.

 

LAURENT HAUBEN

En temps de négociations de paix, ce genre d’exercices para-militaires pourrait prêter à confusion, mais n’oublions pas qu’ici, en cas d’échec des négociations de Camp David, c’est la violence qui pourrait bien reprendre le dessus.

 

EXT CENTRE ANTITERRORISTE

Images d’extérieurs du centre.

Commentaire off :

Confronté à la violence depuis ses origines, Israël a fait du terrorisme un objet d’études universitaires.  A Herzilia, Boaz Ganor dirige un centre de recherches sur le terrorisme.

 

BOAZ GANOR 

Arafat had the plan to go and start violence because he believed that whatever would be offered in Camp David, he would get more by the use of violence. By the way, he was right again. Because after he started this war or these atrocities against Israel, we had these discussions in Taba three weeks or four weeks after, the Israelis offered more than they offered in Camp David. The pattern has worked again. So until today all Israeli governments didn’t taught Arafat that violence doesn’t pay.

 

IMAGE DAVID BIRRI

 

Commentaire

Un jour avant la visite de Sharon sur l’esplanade, un soldat israélien David Birri membre d’une patrouille mixte israélo-palestinienne est assassiné de sang froid par son collègue palestinien. C’est le vrai début de l’Intifada al Aksa.

 

ELISABETH SCHEMLA:

Depuis de nombreux mois déjà Yasser Arafat et le Fatah, par les souterrains de Rafah au sud de la bande de Gaza, avaient fait pénétrer tout un certain nombre d’armes dont ils allaient… dont ils allaient se servir. Deuxièmement, la préparation de cette guerre qui allait être déclenchée le 29 septembre, on le voit aussi avec la libération des premiers prisonniers de Hamas et de Djihad Islamique qui, contrairement à ce que l’on croit, n’a pas eu lieu pour la première fois après le déclenchement de la guerre, mais tout de suite après le sommet de Camp David.

 

Image FR 2 :

Pour montrer sa détermination, l’Autorité Palestinienne a immédiatement relâché des prisonniers du Hamas détenus dans les geôles palestiniennes.  Ces derniers sont à l’origine des attentats contre Israël depuis 93.

 

ALEXANDRE ADLER:

L’Intifada n’a rien de spontané

. Il y a même eu, bien sûr, contact entre les députés arabes israéliens les plus proches de l’OLP et celle-ci pour qu’ils accompagnent le mouvement de manifestations qui, elles aussi, avaient été préparées avec un certain soin.

 

Discours de FALUDJI:

Celui qui pense que l’Intifada est le résultat de la méprisable visite de Sharon à la mosquée Al Aksa a tort.

 

ALEXANDRE ADLER off

Un ministre palestinien l’a dit à Beyrouth, en se vantant un peu devant ses amis du Hezbollah : « L’Intifada a été préparée de longue main ».

 

EXT AFP

Image de circulation devant le siège de l’AFP

 

               Commentaire off :

Pourquoi n’a-t-on pas vu ces images sur les écrans des télévisions françaises ?  Pourquoi ce croc-en-jambe à l’histoire officielle a-t-il été dissimulé ?  Pourquoi fallait-il faire à ce point de la visite de Sharon sur l’esplanade des mosquées l’unique cause du déclenchement des violences ?  Clément Weil Raynal, journaliste à France 3, brise le silence des complicités.

 

CLEMENT WEIL RAYNAL:

C’est le mécanisme de base de la désinformation : l’omission.  On n’en parle pas, on enterre tout, on n’a rien vu, on n’a rien entendu.

Cette thèse qui met en pièces la thèse défendue depuis plusieurs mois par l’Agence France Presse selon laquelle ce serait Ariel Sharon… hé bien l’Agence France Presse l’a passée totalement sous silence.

Le rapport Mitchell va dans le droit fil de cette affaire : une commission mixte, américaine, les Palestiniens ont donné leur accord, les Israéliens ont donné leur accord.  Elle va enquêter de manière impartiale sur le déclenchement de l’Intifada.

 
IMAGES D’AGENCES RAPPORT MICHELL

The Palestinian authorities should make clear through concrete action…

 

CLEMENT WEIL RAYNAL:

Qu’est-ce qu’écrit l’agence France-Presse ? Elle écrit tout simplement le vendredi matin : la mission du rapport Mitchell est de déterminer l’origine des violences déclenchées par la visite controversée d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’Islam.  Voilà une agence de presse réputée sérieuse qui, au lieu de poser la question et annoncer qu’on va poser la question…

La réponse est dans la question…

… apporte la réponse dans la question !

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

Il y a eu un attentat à Tel-Aviv qui a fait une vingtaine de morts et plus de cent blessés, une bombe humaine devant une boîte de nuit dans la ville, justement, post-sioniste !  Dans la ville dont les habitants sont prêts à, d’autant plus disposés même à voir un Etat palestinien se créer qu’ils veulent tourner la page.  Hé bien, c’est dans cette ville, c’est au cœur de cette ville que certains Palestiniens portent la guerre.  Quelques jours plus tard, la BBC nous sort un documentaire sur le général Sharon élégamment intitulé « L’accusé ».  C’est lui qui est responsable du crime atroce de Sabra et Chatila, et tout se passe comme si la seule solution du problème israélo-palestinien aujourd’hui, c’était de traduire devant un tribunal le leader qu’Israël s’est choisi en désespoir de cause.  Il y a là quelque chose, si vous voulez, qui passe l’entendement.

 

ELECTION D’ARIEL SHARON

Embrera on n’a pas le choix. C’est la formule de base de l’histore d’Israël. En février 2001 sur les ruines de la paix ensanglantée par la reprise de l’intifada, les Israliens élisent en masse Ariel Sharon. Le rêve de RABIN, PERES et BARAK a explosé avec les bombes du Hamas.

 

01 06 53 ALAIN FINKIELKRAUT:

Il reste deux catégories d’Israéliens : ceux que cette tragédie plonge dans la détresse, ceux qu’elle met dans l’euphorie.  Ces derniers en effet arborent une sorte de grand sourire victorieux, le sourire du « on vous l’avait bien dit ! »  Je suis dans le camp de la tristesse, et je reste l’adversaire farouche du camp de l’euphorie. Il reste un clivage. Il n’y a plus, si vous voulez, aujourd’hui, les Israéliens ont un peu le sentiment qu’il n’y a plus de choix. Ils reviennent au «  EMBRERA » : il n’y a pas le choix, puisqu’il n’y a plus de partenaires.

 

 


 

 

CE QUI S’EST JOUE A CAMP DAVID

 

 
DEPART DE BARAK POUR CAMP DAVID

Commentaire off :

L’été 2000, le Premier Ministre d’Israël Ehud Barak part à Camp David en ayant promis la paix aux Israéliens.  Il veut la faire comme il faisait la guerre : rapidement, efficacement.

 

EXT JOUR LONDRES

PHOTOS D’AGENCE

Commentaire off :

James Rubin fut le porte-parole de Madeleine Albright et conseiller au Département d’Etat. Il a participé à toute la préparation de Camp David. Il est aujourd’hui avocat à Londres.

 

JAMES RUBIN :

What was new was a full fledged sharing of Jerusalem, a return of Arab and Armenian neighborhoods to Palestinian control, what was new was virtually a 100% return of the West Bank, if you take into account the 95, 96% he was offering and then the swaps of existing territory in the Sinai for Palestinian territory. So the idea that the Palestinians would get at least in gross numbers, nominally, all of the territory lost in the ’67 war, was beyond what people could have expected.

 

 

 

 

FREDERIQUE ENCEL

L’Etat d’Israël, dans ses frontières internationalement reconnues, c’est deux gros départements français. Ce qu’on appelle la taille de guêpe, c’est-à-dire sur la plus petite largeur d’Israël entre la mer et Tulkarem qui est la première ville autonome palestinienne, il y a moins de 14 kilomètres. C’est-à-dire, six fois les Champs-Élysées. La vieille ville de Jérusalem, c’est 1 kilomètre carré, c’est-à-dire la place de la Concorde, incluant les bâtiments, alors le Crillon, l’Assemblée Nationale, par exemple ; incluant les bâtiments qui sont attenants. Donc, on joue sur des surfaces qui sont excessivement infimes.

 

EHUD BARAK :

If you close the zoom to cover only Israel and the Palestinian it seems that Israel is, are the upper end and Palestinians are the underdog, we are reigning over them, and so on, they are so poor. But if you open the zoom and look over Middle East, you realise that Israel is the isolated entity, Israel is the minority, Israel is the entity which is not accepted by its neighbours, and threatened to the very roots of its existence.

 

SCHLOMO BEN AMI:

Le cadre qui avait commencé à Camp David était fondé sur une prémisse qui disait que c’est un processus d’échange entre territoires et paix.  On donne des territoires, on reçoit la paix.  Et pendant ces négociations, on est arrivé à la conclusion que ça va plus loin, que même si Israël est disposé à donner la totalité des territoires de la Cisjordanie et de Gaza, elle ne va pas recevoir des Palestiniens la paix dans le sens le plus profond du mot, c’est-à-dire…

Le droit…

… c’est-à-dire la fin du conflit et la reconnaissance de la légitimité morale d’un Etat juif.

EXT CAMP DAVID – LA PORTE

Commentaire off :

Dans cette partie de poker, Arafat et Barak n’utilisent pas les mêmes cartes.  Arafat dispose d’un autre joker : la guerre sainte.  La Palestine est sortie de ses frontières, car Jérusalem est devenue l’emblème des passions islamiques.

 

Photos des négociations de Camp David

 

Commentaire off :

Par ailleurs, Arafat a fait du droit au retour des réfugiés palestiniens une exigence irrecevable pour Israël, car il signifierait la fin démographique de son identité.  Les attentats du Hamas et la reprise de l’Intifada torpillent les derniers espoirs.

 

 EHUD BARAK :

When we talk about, in the Israeli Left, of two states for two nations, we talk about a Palestinian state the way they will define it, living side by side with a Jewish democratic Zionist Israel. I found out that Arafat, he agreed, he accept that there is a state called Israel but he never accepted the moral right, or the historic right of the Jewish people to have its own state. In fact, I should admit further more that we found that Arafat accept the fact that there is a Jewish religion but he does not accept the fact that there is, recognise the fact that there is a Jewish people that has the right for his own homeland.

 

 

 

 

 

 

 

FREDERIQUE ENCEL

Et là, je crois qu’il faut vraiment se référer à une phrase extrêmement belle et très juste du Prince des stratèges, Napoléon Bonaparte, qui disait à propos de la paix : « la paix, c’est moins l’harmonisation des politiques, que l’harmonisation des arrière -pensées ».

 

EMMANUEL HALPERIN

Yasser Arafat en 94 à Johannesburg, à la mosquée de Johannesburg, a fait un discours peu de temps après les accords d’Oslo où il expliquait : l’accord que nous avons fait avec Israël est un accord provisoire.  Les Israéliens peuvent penser qu’il s’agit d’une réconciliation, que c’est un accord à long terme.  Mais je me place moi d’un point de vue musulman, d’après le texte coranique, je vous dis j’ai le droit de le faire bien que ce soit des infidèles parce que je suis actuellement en position de faiblesse, plus tard je pourrai m’en dégager. C’est incroyable !

 

EXT JERUSALEM EST

 Commentaire off :

A Jerusalem Est, Sari Nuseibeh est le premier responsable palestinien à avoir osé briser les tabous Ce professeur de philosophie issu d’une grande famille palestinienne est depuis longtemps un partisan de la coexistence de deux Etats.

Il est le premier à avoir déclaré que l’exigence du droit au retour des Palestiniens à l’intérieur d’Israël était évidemment irrecevable par Israël, dans le cadre d’un accord de paix.

Pour avoir osé cette parole libre, Sari Nuseibeh est aujourd’hui menacé par les islamistes du Hamas

 

 

ITV SARI NUSEIBEH :

The two sides went to Camp David, they tried to reach agreement. We were not very very close, but we were I think the Palestinians and the Israelis more or less close. In other words, we were roaming in the same wood. Perhaps we were not yet seeing eye to eye with each other. But we were in the same vicinity.

 

IMAGE D’AGENCE

YASSER ARAFAT en arabe :

Al qod’s appartient non seulement aux Palestiniens mais à la Palestine, au monde arabe, aux chrétiens et à la communauté musulmane dans le monde entier. Al quod’s est la capitale de l’état de Palestine ! Que celui qui l’accepte, l’accepte ! Que celui qui le refuse, le refuse ! Et celui à qui ça ne plait pas qu’il aille boire l’eau de la mer.

 

 SCHLOMO BEN AMI:

Politiquement, il n’a pas été capable d’assumer qu’on ne peut pas arriver à un accord avec une société unie.  Si on veut être un vrai leader… on doit, on doit avoir derrière toi une société qui n’est pas unie.  Si elle est unie, tu n’as pas la paix !  Il voulait maintenir la ..., la solidité et la cohésion interne de sa société et de sa famille politique : Hamas, Djihad et les autres et avoir un accord avec Israël, c’est impossible !  Si le Hamas est satisfait, c’est-à-dire que tu n’as pas un accord avec Israël, et si l’extrême-droite en Israël est satisfaite, c’est-à-dire que tu n’as pas un accord avec les Palestiniens, c’est très simple : on doit diviser, c’est inévitable !

 

SARI NUSEIBEH:

On the Palestinian side, there was pressure on Arafat because he felt he couldn’t get what he wanted and people were angry with that. So the two leaderships came back to find angry communities.

 

EXT. JERUSALEM

Présentation Georges Marion

Commentaires off

Pendant deux ans, Georges MARION a été le correspondant du journal le “Monde” à Jérusalem. Il a couvert les deux parties du conflit. Cet exercice de grand écart, difficile, nécessite une qualité rare, mettre à distance de sa plume les passions autant que la violence.

 

GEORGES MARION:

Arafat est arrivé sans avoir dit une seule parole après Camp David, ce qui était une erreur politique, il a laissé en quelque sorte Clinton dire : l’échec est dû à Arafat, aucun de ses co-négociateurs n’a osé parler puisque le chef n’avait rien dit, il est monté dans son avion, il est arrivé à Gaza et à ce moment-là on a vu cette image terrible et fascinante d’une foule en délire l’acclamant, disant : bravo, t’as gagné parce que tu n’as rien cédé !  Autrement, dit, ils disaient : bravo, t’as gagné parce que nous avons perdu la paix.

 

SCHLOMO BEN AMI:

Je suis arrivé à la conclusion que le pauvre homme… simplement est incapable, on demande de lui des choses qu’il ne peut pas faire.  Il est là pour être une espèce de mythe, une espèce de représentation mythologique d’une volonté collective d’un peuple, et pas nécessairement quelqu’un qui doit prendre des décisions.  Il me paraît que cet homme n’a jamais vraiment pris de décision, il a, il a plutôt… fait un surfing sur la vague de la volonté du peuple, il a leaderé son peuple d’arrière, pas de devant…

BT LIBE

Commentaire

En juin 2002 dans une interwiew au journal Israélien Haaretz, Yasser Arafat a déclaré qu’il accepterait aujourd’hui les propositions que Bill Clinton avait faites à Camp David.

 

 

 


 

 

LA CONSTRUCTION DE L’OPINION

 

CLAUDE SERILLON

On a beau s’habituer aux images de violence, la mort d’un gamin dans les bras de son père fait naître encore l’indignation et l’émotion.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

C’était insoutenable pour tout le monde, ils étaient pris entre deux feux, le père et l’enfant.  Ils hurlaient, et donc je ne crois pas que l’on doive se soustraire à l’émotion de cette image.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

Toute image est cadrage, toute image est choix, j’ai cru, quand je l’ai vue et revue en boucle à la télévision, au fond, que l’armée israélienne… voyait ce que voyait le photographe.

 

Commentaire off :

Au carrefour de Netzarim, voici ce que les soldats israéliens voyaient depuis leur poste de garde.  Personne ne peut dire avec certitude quelles balles ont tué Mohamed Al Dura. Rien ne prouve aujourd’hui que le père et l’enfant aient été la cible choisie des soldats israéliens  Ce qui est certain par contre, c’est que le poste de tir israélien n’était pas dans l’axe de la caméra qui a filmé cette mort. Sur cette image, on peut voir les différentes positions de tirs des Palestiniens, des Israéliens. Le père et l’enfant se trouvent à l’évidence pris entre deux feux. Cette explication ne dissipe en rien la tragédie de la mort d’un enfant de douze ans. En revanche, l’idée d’un meurtre délibéré telle que les images et les commentaires l’ont induite relève de la manipulation.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

La question, évidemment, est de savoir quel usage on en fait, et a-t-on le droit d’en faire usage ?  J’ai été horrifié, moins tant peut-être par les commentaires en France, même s’il y a eu des emballements lyriques, que par l’hystérie généralisée provoquée par cette image dans le monde arabe.

 

CLIP TV PALESTINIENNE

Commentaire off :

Cette mort et cette image sont exploitées par l’Autorité Palestinienne pour présenter les soldats israéliens comme des barbares assassins d’enfants.

Commentaire off :

Ce montage de la télévision palestinienne présente l’incrustation d’une autre image induisant que le soldat qui vise et tire est l’assassin de Mohamed.

 

REPORTAGE FR2

Ses camarades de classe doivent maintenant apprendre à faire eux aussi leur deuil.

Maintenant, vous allez assister à la scène de Netzarim au cours de laquelle votre camarade a été tué.

A l’école, on enseigne l’horreur de l’ogre Israël

Quand je l’ai vu à la télé, j’ai été jeter des pierres. Je demande à tous les Arabes de faire comme le Hezbollah.

 

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

« Voilà, c’est le vrai visage d’Israël, nous le savons, c’est cela qu’ils font. »  Et là, je me suis dit : non, c’est pas possible, c’est pas possible…  Il y a une grande maladie arabe que personne ne veut voir : il y a là vraiment, l’antisionisme dans les pays arabes fonctionne exactement comme l’antisémitisme en Russie au dix-neuvième siècle.  On détourne le mécontentement des masses sur les Juifs. C’est d’une clarté aveuglante !

 

Commentaire off :

L’image de la mort de Mohamed Al Doura devient l’image symbole du malheur palestinien. En Occident, cette scène va nourrir des commentaires dont l’outrance incite à penser que ce qui est en jeu n’est pas le sort du peuple palestinien mais plutôt le passé des Européens.

 

PHOTO DU PETIT GARçON DANS LE GHETTO DE VARSOVIE

 Question off:

Une éditorialiste d’Europe 1, Catherine NAY, a commenté la photo de la mort du petit Mohamed Al Doura. Elle serait d’un poids symbolique tel qu’elle effacerait la fameuse photo du petit Juif dans le ghetto de Varsovie.  Le regard de cette éditorialiste, comment vous le percevez ?

 

DENIS CHARBIT:

Il est tellement difficile, finalement, d’être un Occidental par rapport à ce qui s’est passé en 39-45 que, quelque part, je dirais on jubilerait peut-être.  J’emploie quand même le conditionnel, hein, mais on jubilerait peut-être à voir le Juif endosser le mauvais rôle.  Quelque part, c’est une manière de… ben, se sentir un peu plus à l’aise par rapport à ce passé qui ne passe pas.

ITV ILAN GREILSAMER :

Il est extrêmement difficile, pour énormément de gens en Occident, d’accepter cette idée d’un Etat juif, d’une société juive, d’une nation juive, il y a quelque chose qui va très au-delà de la critique politique.

 

IMAGES D’AGENCE DE SARRAMAGO

Commentaire off :

La charge de la Shoah pèse lourd dans le rapport à Israël. Le passé de l’Europe pèse lourd dans le rapport au juif.

José Saramago, écrivain portugais, prix Nobel de littérature en visite organisée à Ramallah, n’hésite pas à comparer le sort de la ville palestinienne à celui des Juifs à Auschwitz. 

 

JOSE SARAMAGO :

Si je parle d’Auschwitz, ce n’est pas pour dire qu’il y a chambre à gaz, qu’il y a… non, c’est l’esprit !

 

Si Ramallah c’est Auschwitz, alors Israël est le nouvel Etat nazi.  N’est-il pas légitime d’utiliser tous les moyens pour le détruire ?

 

MANIF PALESTINE

Comment expliquer ces discours récurrents, convergents, obsessionnels, voulant à tout prix mettre un signe « égal »  entre Israël et le nazisme, entre l’Etoile juive et la croix gammée?

 

 

JT France 2 Juillet 82

20 ans plus tôt, un présentateur de télévision disait la même chose avec d’autres mots. Ces grandes régularités de langage répètent une seule et même chose  : Israël est coupable par nature.

 

BERNARD LANGLOIS:

C’est à un nettoyage complet, systématique, des Palestiniens réfugiés au Liban que se livrent les soldats israéliens. Une sorte de solution finale,  « solution finale » (répété 3 fois)…

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

Et ce n’est pas pour ça qu’il s’est fait évincer de la télévision, c’est plus tard, pour avoir parlé à la légère de la mort de Grace Kelly !  Je dois constater que la réprobation d’Israël continue à accaparer le discours critique.

 

BANC-TITRE

 Commentaire off :

Cette Shoah qui ne passe pas, écrit Françoise GIROUD dans le « Monde ». Que se passe-t-il aujourd’hui, l’occasion de transformer la figure du juif martyr en bourreau.

Comment penser cette présence obsessionnelle du signe juif dans l’Histoire européenne de l’après-guerre ?

Comment ne pas voir ces discours convergents d’extrême-droite ou d’ultra-gauche pour nier la réalité de la Shoah ou pour prétendre en dévoiler l’usage ? Dans l’imaginaire politique européen, c’est en 1967 que bascule le statut du Juif et d’Israël. Le peuple des victimes serait devenu « sûr de lui et dominateur ».

 

LES IMAGES

 
BANC-TITRE PARIS MATCH

Commentaire off :

Les premières images du début de l’Intifada pas encore nommée Al Aksa montrent un face-à-face sanglant entre des gamins et des robocops surarmés.

Question off :

« La guerre qui tue les enfants ». Ce titre dit-il toute la réalité ?

 

ALAIN GENESTAR:

« La guerre qui tue les enfants » parce que c’était générique d’une guerre qui venait d’arriver, qui était épouvantable, qui était terrible, avec un bilan d’enfants morts qui était impressionnant.  Donc il fallait faire cette couverture, il fallait marquer cette guerre comme ça.:

Mais cela dit, que montrent nos images ?  Les images de Thierry Esch, trois semaines après cette couverture ?  Des images formidables, c’est sur une sorte de plage, et on voit des enfants qui jouent et qui montent vers les soldats israéliens, elles disent la vérité, ces images, elles disent qu’effectivement, oui, ce sont des enfants qui sont en première ligne.

 

EMISSION « ARRET SUR IMAGES »

 

LAURENT ABADJIAN

Ce sont des jeunes Palestiniens qui lancent des pierres et qui reçoivent des balles en caoutchouc, des balles… quand on est photographe, quand on a un choix à faire entre les deux camps, on va plutôt aller du camp de ceux qui risquent d’être plus spectaculairement touchés…

 

ALAIN REMOND 

Ça, je ne voulais rien dire, vous avez vous-même employé le mot, c’était intéressant, je ne sais plus exactement, mais « spectaculairement »… c’est vrai qu’évidemment, vous faites de la photo, donc de l’image, donc… mais il y a aussi cet aspect : c’est plus spectaculaire, et c’est donc, la photo sera plus forte si vous êtes du côté des…

 

PATRICK CHAUVEL  :

Mais elle ne sera pas plus forte, il n’y a pas 120 soldats israéliens de tués, quand même !  Je veux dire, c’est les Palestiniens qui se font tuer !  Donc l’histoire est palestinienne.

 

ALAIN REMOND 

Je ne dis pas du tout le contraire…

 

PATRICK CHAUVEL  :

Alors, faire un reportage sur l’armée israélienne, c’est pas une info !

C’est pas un reportage sur l’armée israélienne, c’est de… ce que disait Daniel : est-ce que je partage…

Vous nous dites qu’on fait un reportage sur les Palestiniens…

 

ALAIN REMOND 

Des deux côtés.

 

PATRICK CHAUVEL  :

Mais des deux côtés… on voit tout à fait, dans chaque photo, la plupart des photos où on voit des Palestiniens, on voit la jeep israélienne en face, hein, on la voit très bien… 

 

ALAIN REMOND :

On y va souvent avec des sabots, hein, je ne veux pas accabler… même les journalistes de presse écrite aussi, alors avec la télé c’est encore plus compliqué, parce que l’image elle-même… je ne crois pas que je fais un scoop en vous disant ça, mais l’image télé elle-même va plutôt vers le schématisme, le manichéisme, il y a les bons, les méchants, blanc et noir, plutôt que vers la complexité et la compréhension, l’image de télé n’aime pas tellement les choses complexes, subtiles, il faut toujours qu’il y ait un bon et un méchant et quelqu’un qui a raison et quelqu’un qui a tort.

 

CLAUDE SERILLON

Claude serillon interviewe Madeleine Allbright

Et vous avez le sentiment que d’un côté il y a l’armée israélienne, de l’autre côté des jeunes, des enfants qui lancent des pierres. Est-ce que cette situation ne va pas dégénérer en guerre ?

MADELEINE ALLBRIGTH

 

C’est pas une armée contre des enfants, c’est vraiment une armée contre des policiers qui se battent, alors ca,  c’est pas intifada. !

 

FIAMA NIRENSTEIN:

Our mentality has a difficulty to understand how come they send these children in the front line, so we give it up. We just look at this crowd of civilians and we don’t understand that the intermixing of civilians and armed people in the Palestinian world is very complicated.

 

IMAGE D’ARCHIVE DE VIOLENCE

Des enfants lancent des pierres.

 

FIAMA NIRENSTEIN  off :

You have gunmens in the middle of the crowd. When the soldiers, the Israeli soldiers shoot to this crowd, it appears like a crowd, a crowd of innocent persons. You don’t film the gunmens, you film the little children.

 

ARRET SUR IMAGES

PATRICK CHAUVEL :

Le seul interdit où c’est difficile de les photographier, c’est quand, de temps en temps, ce qui est vrai à la décharge des Israéliens, c’est que quelquefois des Palestiniens en civil, d’une, 25-40 ans, ça dépend, s’infiltrent avec des armes de guerre et profitent de la confusion pour ouvrir le feu à balles réelles sur les Israéliens.  Là, si vous faites une photo ou si vous êtes vu en train de la faire, vous avez de gros problèmes.

 

ILAN GREILSAMER:

Les Palestiniens ont fait très attention à mettre leurs enfants en avant et à mettre les adultes en arrière, dans l’intention très précise que ça fasse une presse pour les Palestiniens.  Lorsque j’ai dit ça à Leila Shaid et à Elias Sambar, il m’a dit, ils m’ont dit : vous dites quelque chose d’infâme, mais c’est la vérité.  C’est la vérité pure et vraie.

 

 

 

REPORTAGE FR 2:

Dans cette guerre qui ne dit pas son nom, chaque image compte.  Alors, les manifestants mettent au premier plan des enfants, presque des bébés.  Et comme la surenchère n’a pas de limites, pourquoi ne pas leur mettre une cagoule en plus ?  C’était jour de prière aujourd’hui, et chaque image comptait.

 

QUESTION ESPAGNOLE:

               ANGELA RODICCIO

Y también me gustaría saber… que me explicaran porqué al Fatah entrena a niños para que salgan con armas a la calle poniendo en riesgo clarísimamente sus vidas frágiles.

 

 Arafat en arabe (traduction espagnole) :

¿Estabas con ellos ?  Estabas tú con… dáme una prueba de que tu lo que dices es verdad, es cierto.

 

QUESTION TV PALESTINNIENNE

 

YASSER ARAFAT

The child who is grasping the stone facing the tank is it not the greatest message in the world when that hero becomes a Shahid [Martyr foir Allah]? We are proud of them.

 
CLIP TV PALESTINIENNE

Enfants hurlant leur désir du jihad

 
IMAGES TV HEZBOLLAH

Des enfants déguisés reproduisent les gestes de leurs aînés. IIs sont affublés de  ceintures d’explosifs

Commentaire off:

Ces images de propagande ont peu été montrées au public européen.  Par contre, la guerre des images est un enjeu compassionnel : il faut faire de l’enfant palestinien le nouveau David affrontant le Goliath israélien.  Des enfants armés de pierres en seront les acteurs en première ligne.

 

Commentaire off:

Dans cette fête enfantine, les gamins jouent d’étranges petits soldats.  L’un figure Cheikh Nas Ralah, le leader du Hezbollah, et l’autre Cheikh Yacine, le leader du Hamas.

 

Commentaire en arabe :

 

Commentaire off:

La ceinture de dynamite est un jouet, et la bombe humaine une figure héroïque.  Comment aimer un enfant ?  Cette question a déjà été posée par d’autres en d’autres temps.  Ici, cette pédagogie de la mort est une nouveauté dans les discours éducatifs.

 

INT JCS

Neil MAC DONALD est correspondant de la télévision canadienne à Jérusalem. Son propos, autant que son regard, sont sans fioriture.

 

NEIL MAC DONALD:

Qu’est-ce qu’on va dire ?  Les, les Palestiniens enseignent leurs enfants de, de… de détester les Israëliens ?  Bon, quoi de neuf ?

 

IMAGES DU LYNCHAGE

Commentaire off:

Très rapidement, l’horreur s’ajoute à l’horreur.  Deux soldats réservistes israéliens s’égarent à Ramallah.  Ils vont être lynchés à mort.

 

OLIVIER RAFOWITZ:

Un des Palestiniens prend le téléphone portable d’un des soldats lynchés au moment où sa femme lui téléphone, et le Palestinien dit à cette femme : “ Je suis en train de tuer ton mari ! ”

 

GEORGES MARION:

Lorsque j’ai décrit le lynchage des deux soldats israéliens à Ramallah… je voulais le décrire pour montrer à la fois la brutalité de ce qui s’était passé et qui expliquait… qui expliquait la haine, et je voulais que les lecteurs comprennent que nous étions dans une situation de haine absolue, pas pour stigmatiser, je ne voulais pas prendre position sur la haine des uns et des autres, mais il faut dire que les gens qui se haïssent font des choses abominables, bon…  Et ça m’a été reproché, ça m’a été reproché, voilà…

 

IMAGES DE LA RAÏ:

 

FIAMA NIRENSTEIN

The lynch was filmed by an Italian television. What followed was that all the Italian TV journalists here were threatened. All of them were recalled away for the fear of them attempt to there lives.

 

BT de la lettre de Ricardo Cristiano

One of them published to the big chains of the Italian journalists here included myself, a sort of letter with that man said: “We are faithfull to the agreement with the Palestinian Authority and we condemn the broadcasting which meant, that man felt being the journalist of the public media. He felt a commitment, a commitment, this is the right word, not an agreement but a commitment to the Palestinian people.”

 

NEIL MAC DONALD

Après le lynchage à Ramallah, les forces palestiniennes ont harcelé, ont bagarré les journalistes, ont saisi les cassettes…

- Pour qu’on ne voie pas les images du lynchage ?

Pour que, parce qu’ils ont considéré que ces images-là ne sont pas dans leur intérêt national, et j’ai demandé à Jubli Rajoud, c’est-à-dire le grand chef de la sécurité en Cisjordanie : pourquoi t’as fait ça ?  Il a nié… c’est ridicule !  J’étais là !

Dans la, la société palestinienne pour moi, il n’y a pas une tradition de journalisme.  En réalité, ce sont des… plus ou moins des agents de, de l’Etat, et… ils… ils ont une tradition de, d’obéir le, leur gouvernement, et ils ont des lois… Certaines autres… institutions journalistiques utilisent les Palestiniens pour faire du journalisme, mais pas moi.

 

SEQ POLICIER PHOTO

Commentaire off:

Le “déjà pensé” médiatique ne prend pas soin de vérifier la vérité des faits.  Une agence de presse, puis un magazine américain et un quotidien  en France, présentent cette photo comme une preuve à charge de la culpabilité d’Israël.  Le policier ne peut qu’être le méchant et le jeune homme ensanglanté un Palestinien victime du policier vociférant. Cependant, la victime n’est pas palestinienne. Il s’agit d’un étudiant juif américain. Il se nomme Touvia Grossmann. Il va être reconnu par son père sur cette photo publiée dans la presse américaine.

Le policier n’est pas l’agresseur, mais le sauveteur qui l’a sauvé d’un lynchage certain.  La scène ne se déroule pas sur l’esplanade des mosquées comme le précisait la légende du journal, mais devant une station de service, éloignée de l’esplanade.

Trop tard, le mal a été fait en « une », et c’est au nom d’une erreur technique qu’on présente ses regrets quelques jours plus tard en page 13. Nous avons retrouvé ce policier vociférant : il est garde-frontière, il est druze.

 

POLICIER DRUZE

(en hébreu, texte des ST français) :

Cette photo, en fait, semble trafiquée pour tromper les gens sur la police israélienne et les garde-frontières.  Les gens ont cru que nous étions ainsi.  C’était tout le contraire.  J’aurais agi de même, et plus encore, si la situation avait été autre.

 


 

 

 

LES MOTS

 

GEORGES MARION:

La force de la langue, c’est que vous pouvez dire la même chose, atténuer le mot tout en suscitant l’imaginaire, et l’imaginaire individuel de chacun, c’est-à-dire que vous laissez chacun libre face aux mots qu’il lit.

 

CLAUDE SERILLON

Des morts surtout palestiniens, des blessés, des tirs à balles réelles, des hélicoptères qui lancent des roquettes, des chars que l’on affronte avec des pierres.

 

Speaker off :

Scène de guerre en plein Jérusalem, dans un quartier sud de la ville.

Speaker 2 off :

C’est de là que seraient parties des rafales de Kalashnikov de miliciens palestiniens sur ce quartier israélien de Guilo.

Speaker 3 off :

Les tirs palestiniens visant ce quartier juif de Guilo où les écoles sont désormais barricadées.

Speaker off :

Un obus de mortier est tombé sur le quartier juif de Guilo.

Speaker 5 off :

… sur des maisons du quartier juif de Guilo…

Speaker 6 off :

Guilo, un faubourg juif de Jérusalem…

Commentaire off:

Comment nommer les lieux d’une terre trois fois sainte ? Entre septembre et octobre 2000, le statut de Guilo glisse de « quartier de Jérusalem » à celui de « colonie juive ».

               Speakerine 1 off :

Les Palestiniens ont tiré contre la colonie de Gilo.

Speaker 7 off :

Aux portes de Jérusalem, la colonie juive de Guilo a été prise pour cible…

Speakerine 2 off :

Depuis la colonie juive de Guilo…

 

DIDIER EPELBAUM:

Images d’ordinateurs et dépêches.

L’emploi du mot « colon » par exemple… dans l’AFP on utilise beaucoup le mot « colon ».  Lorsque vous prenez une dépêche américaine, par exemple, il est question de « settlement », et « settlement » est beaucoup plus neutre.  Les Etats-Unis n’ayant pas une histoire de colonisation, il n’y a pas ce renvoi à une mémoire.  En France, il y a ce renvoi à une mémoire, effectivement.

 

GEORGES MARION:

C’est d’ailleurs un problème que j’ai moi-même lorsque j’écris le mot « colon », il est, bon… admettons que ce soit un mot objectif, bon, laissons de côté les références que, chez un Français, immanquablement il induit vis-à-vis de la guerre d’Algérie ou des colonies multiples qu’on a eues en Afrique ou en Asie.  Mais bon, on peut dire qu’effectivement, ce sont des Israéliens qui sont sortis de leur pays et ont établi des implantations, des colonies autre part, sur une terre qui est revendiquée aujourd’hui par une population, un peuple qui la considère sienne, bon.  Et en ce sens-là, ça décrit bien une réalité, bon, ce sont des colons, bon, sans plus.  Mais le mot, effectivement, est lourd de signification…

 

EXT IMPLANTATION DE TEKOAH

Commentaire off:

Dans le désert de Judée, le village de Tékoa est une colonie comme on dit. Tamar Castelnuovo n’est pas venue coloniser comme les Français le firent dans la Mitidjah.

Quel sera le prix à payer pour une paix à venir ? La fidélité au cadastre de la Bible contredit une autre ligitimité, élaborée plus tard sur la même terre. Le rêve s’oppose à la réalité, surtout quant le prix du rêve est la mort des enfants.

 

TAMAR CASTELNUOVO:

Je suis une Juive vivant en Judée. C’était important pour moi de construire le pays ici.

Vous dites “ Judée ”, d’autres disent “ Cisjordanie ”, et puis certains, d’autres disent “ territoires occupés ”.  Vous colonisez ici ?

Pour moi les colons, ce sont peut-être les Français en Algérie, ici je me sens, encore une fois j’ai dit “ une Juive en Judée ”, et je le dis d’une manière très sûre, parce que quand on fouille un petit peu, ici il y a des grottes, il y a des, il y a des recherches historiques, tout ce qui est archéologique, on retrouve nos sources, on retrouve tout ce, toute notre base ici, c’est un retour aux sources, c’est un retour à notre histoire.

 

OLIVIER RAFOWITZ:

C’est la photo de deux enfants israéliens… Ilera Rosenberg et Naftali… Lanskarot, qui ont été tués, lapidés à mort dans une grotte à Tekoa… Il est pour moi presque incompréhensible de comprendre comment… des gens… d’abord, d’abord lapident à mort deux enfants de douze, treize ans, pour rien !  Et ensuite mutilent les corps.

 

Commentaire off:

La haine fait basculer la violence dans la barbarie.  Pour certains commentateurs dans la presse française, ces adolescents seront aussi qualifiés de « colons ». Comment peut-on être un « colon » à 14 ans ?

 
BANC-TITRE « ENFANTS COLONS »

 

ROSELYNE KOREN 

Voilà ce que j’y vois et voilà comment je travaille : je vois que ça commence par le mot “ meurtre ”.  “ Meurtre ” est un nom qui criminalise, qui formule un jugement de valeur négatif.  Derrière “ meurtre ”, il y a une petite voix qui vous dit : c’est mal.  Mais le complément de “ meurtre ”, c’est “ deux jeunes colons juifs ”.

Etant donné que « jeunes » définit « colons », et que « colons » est un terme négatif, axiologique, c’est-à-dire qu’il y a un jugement de valeur négatif derrière colon, sans l’ombre d’un doute, « jeunes colons » peut aussi être interprété… ce sont des enfants, mais suffisamment adultes pour déjà adhérer en connaissance de cause aux prises de position de leurs aînés.  Donc on peut comprendre, il est légitime qu’ils aient été la cible d’attentats.

 

GEORGES MARION:

J’ai trouvé cette qualification scandaleuse.

INT. REDACTION DU MONDE

Le bureau d’Edwy Plenel

TARNERO :

Est-ce que ce titre-là, que Georges Marion déplorait d’ailleurs, n’est pas, là, une écriture idéologique ?

 

EDWY PLENEL :

Non, mais bien sûr qu’il peut y avoir des dérapages de mots qui peuvent être surinterprétés comme ça, surinterprétés, parce que…

Pourquoi surinterprétés ?

 

EDWY PLENEL :

Surinterprétés parce que vous mettez dans le choix de ce titre un geste inconscient qui dit une logique politique, bon.  Si votre question, c’est dire : vous devriez faire attention à vos mots, et les enfants c’est des enfants, c’est pas des colons, OK, et quand des enfants sont tués, c’est des enfants qui sont tués, bon, j’allais dire des deux côtés, bon, voilà, et il faut le dire.  Quand on est face à un conflit aussi passionnel, comme tout conflit, je vais, vous ne serez pas d’accord avec ce mot, je dirai qui est pour moi comme tout conflit colonial, c’est-à-dire je vis là-dessus, sur la lecture des mots, je me suis, pas amusé, pour, à l’occasion d’un livre, j’ai relu des articles du Monde pendant la guerre d’Algérie, hein…

Comment on parlait, on disait les Musulmans, on disait pas les Algériens parce que forcément bien sûr c’était la France, donc on le disait pas et donc dans notre écriture nous niions à l’époque le fait qu’il y avait une question nationale algérienne qui était posée, donc on niait la réalité du problème vu par l’autre camp, bon…


 

LA PALESTINE DANS LE MIROIR DE LA GUERRE D’ALGERIE

 

ILAN GREILSAMER:

En France, il y a eu un retour, là, sur la guerre d’Algérie. Un retour sur les tortures, les déclarations du Général Aussaresses et toute cette controverse qu’il y a eu dans la presse française.  Or elle est concomitante, cette critique, ce regard critique sur le passé algérien, de l’Intifada ici.  C’est-à-dire qu’on se rend compte que nous Français, on a été vraiment des ordures, des ordures dans le traitement des Algériens qu’on, à qui on mettait des électrodes et qu’on coupait en morceaux, etc. Et aujourd’hui ceux qui font ça, ce sont les Israéliens, donc il y a une sorte de canalisation en quelque sorte de cette, de ce retour sur le passé, sur la critique vis-à-vis d’Israël et c’est très flagrant, c’est très évident notamment dans toutes ces comparaisons, bon ben alors Sharon ou Barak, c’est Guy Mollet.

 

BT LE MONDE

les Algériens et les Palestiniens, c’est la même chose, les tortures, c’est la même chose.  Le Shin Beth, les services secrets israéliens font des tortures comme faisaient les Français, etc.

 

ALEXANDRE ADLER :

Ce discours-là se poursuit encore jusqu’à aujourd’hui et explique comment une partie de cette gauche se trouve alliée non pas en Palestine, mais en Algérie, avec les islamistes du FIS et cherche par tous les moyens à les dédouaner de leurs pires crimes Et c’est là où les choses deviennent intéressantes, c’est que cette bataille d’Algérie qui se déroule sur le plan idéologique, en France, depuis des années est un lever de rideau de cette nouvelle bataille du Proche-Orient. Ce discours-là se poursuit encore jusqu’à aujourd’hui et explique comment une partie de cette gauche se trouve alliée non pas en Palestine, mais en Algérie, avec les islamistes du FIS et cherche par tous les moyens à les dédouaner de leurs pires crimes. Et c’est là où les choses deviennent intéressantes, c’est que cette bataille d’Algérie qui se déroule sur le plan idéologique, en France, depuis des années est un lever de rideau de cette nouvelle bataille du Proche-Orient

 

EXT. JERUSALEM EST

Commentaire off:

L’imaginaire politique français contemporain se nourrit d’une double dette : celle de Vichy à laquelle s’ajoute celle de la guerre d’Algérie. C’est dans le conflit judéo-arabe, israélo-palestinien, qu’elle va trouver sa double représentation

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

Le même schéma s’applique au conflit israélo-palestinien .Le mal avait un seul visage : le visage du colonialisme et le visage de la torture comme vérité ultime du colonialisme.

 

BT DU MONDE

Nous sommes conviés à ne percevoir cette guerre que sous l’angle de la torture. Ce qui est oublié au travers de cette lecture absolument unilatérale, c’est la violence du FLN et c’est la violence de l’islamisme. 

Ce que je trouve détestable dans l’affaire Aussaresses, c’est qu’elle contribue à entretenir le mythe de l’innocence arabe.

 

 

DENIS CHARBIT:

Je dis faites attention quand vous dites : la situation israélo-palestinienne, c’est la situation qu’il y avait en Algérie, moi, je suis obligé de dire : mais attendez, ça veut dire, d’abord ça veut dire que la légitimité israélienne est nulle et non avenue, d’une part, et ça veut dire surtout que ben finalement, hé bien il faudra un jour partir.

 

ALEXANDRE ADLER :

Non, les Israéliens ne partiront pas. Il faut quand même comprendre déjà cette notion de grand bon sens que les Israéliens ne sont les Pieds-Noirs de personne et qu’ils n’ont été soutenus pas aucun grand arrière.


 

 

 

LA REPRÉSENTATION  D’ISRAËL

 
INT. CENTRE DE PRESSE DE JERUSALEM

Des journalistes sont au travail dans les différentes régies.

 

GEORGES MARION (off)

J’ai fait plusieurs pays, y compris les zones de conflit, je n’ai jamais vu autant de journalistes au mètre carré.  Evidemment, comment expliquer cela, ça… on peut avoir chaque, des opinions divergentes… je suppose que cette espèce de bousculade comparable au métro de six heures joue sur la façon dont on rend compte, parce qu’évidemment

 

GEORGES MARION

on est dans un cadre concurrentiel, et… si le concurrent a écrit quelque chose que vous n’avez pas écrit, que vous n’avez pas perçu, à un moment ou à un autre, vous êtes sous la pression de ce qu’il a écrit et inversement.

 

FREDERIC ENCEL :

Un seul chiffre : au cours de la première année de la première Intifada, donc de décembre 87 à décembre 88, il y avait sur 5.700 km² de territoires palestiniens, ce qu’on appelle la Cisjordanie et Gaza, c’est-à-dire à peu près un département français, il y avait à l’époque plus de correspondants étrangers, c’est-à-dire 800, que sur l’ensemble du continent africain : 56 Etats souverains, une guerre d’extermination à l’époque au Soudan, un véritable apartheid, plusieurs guerres avec des centaines de millions de personnes, avec une maladie épouvantable, une pandémie, le sida, mais ça, ça n’intéresse pas beaucoup.

IMAGE DE RÉGIE AU JCS

Commentaire off:

La terre sainte est du pain béni pour les journalistes.  En avril 2002, pendant l’opération Rempart, plus de 2000 d’entre eux vont s’y bousculer pour saisir la moindre image des séquestrés de Bethléem ou la bougie d’Arafat.  Toute cette foule doit se loger, se nourrir.

A l’intérieur de la partie arabe de Jérusalem, l’Américan Colony cumule bien des avantages qui ne sont pas seulement dûs au confort d’un 4 étoiles installé au milieu du tiers-monde. Toute la presse s’y retrouve.

 

EXT. HôTEL AMERICAN COLONY

Des journalistes prenent leur petit déjeuner dans le jardin

              

               FIAMA NIRENSTEIN OFF :

Well, the American Colony is a lovely place.  This oriental attitude that gives to the American or French guy or Italian that comes over there with a safari jacket and his cameraman sitting beside him and he’s a stringer coming from the Palestinian side, from Ramallah, they look like third-world dominating ideologically persons that will found the new world, the Palestinians. Paradoxically I would say that you are a real colonialist when you are there because you live the best just like the English did in India.

 

ILAN GREILSAMER:

Connaissant bien la société française et nos amis intellectuels français, c’est que leurs sources d’informations sur ce qui se passe au Moyen-Orient sont extrêmement limitées.  L’intellectuel français a comme source principale d’information sur ce qui se passe au Moyen-Orient sa lecture du journal Le Monde, tous les jours, complétée dans… le cas échéant par le 20 heures et par les émissions d’actualités de la télévision et si les choses vont très bien, un autre journal, donc une autre source d’informations comme Libé par exemple le matin, et encore au mieux avec un magazine qu’il s’agisse du Nouvel Observateur ou de l’Express.  Bon donc ça, c’est ce qu’il sait du Moyen-Orient.  Et par conséquent, il est très dépendant de la façon dont notamment Le Monde présente les choses qui se passent ici.

 

EMMANUEL HALPERIN

Prenez Le Monde Diplomatique qui dans son numéro de septembre 2001 explique qu’aux négociations de Taba en janvier 2001, Israël a fait des concessions considérables allant bien au-delà de ce qui avait été proposé à Camp David : 97% des territoires…  Et je m’attendais, en lisant le titre, qu’un journal comme Le Monde Diplomatique écrive « Et bien, vous voyez, quand même, les Israéliens sont allés très, très loin dans le domaine des concessions, et malgré tout les Palestiniens ont refusé ». Or, la vision des choses de l’éditorialiste de ce journal est inverse : « Voyez, les Israéliens ont essayé de nous vendre, de vendre à l’opinion publique, la thèse selon laquelle ils ont été extrêmement généreux à Camp David.  Hé bien non ! Puisqu’ils pouvaient l’être encore plus et ils l’ont prouvé à Taba.  Autrement dit, ils peuvent aller encore plus loin, il leur suffit de faire encore un petit effort ».  Ce n’est pas les Palestiniens qui ont refusé, c’est les Israéliens qui n’ont pas été suffisamment généreux. »

 

EDWY PLENEL :

Pour moi, un bon journal, c’est un journal qui ne me laisse pas en paix. C’est un journal qui m’oblige… qui sans me choquer, il ne faut pas qu’il me choque, il ne faut pas qu’il m’insulte, il ne faut pas qu’il me mette, qu’il m’éloigne par une sorte d’étrangeté totale par rapport à ma sensibilité, ma culture, ce que je suis, il ne faut pas qu’il me rejette, mais il faut en même temps, et c’est là où il me sera utile comme citoyen, qu’il m’amène parfois à penser un peu ailleurs de là où je penserais spontanément.

 

FIAMA NIRENSTEIN:

The image of this war and of Israel in general is so distorted and untrue that I tried, I started to ask myself how could it happen that such a system where all the correspondents are here, all the televisions are here... they try to check and find out whatever little thing happens. Well, as far as this conflict is concerned it came out completely untrue. So I wonder which connection there is between the media and the truth.

 

GEORGES MARION:

La règle, je crois, c’est de se dire « Comment j’explique cela à un lecteur qui est en France, qui n’a pas le nez dessus ? » Et je dois l’expliquer en termes simples, clairs, aussi déminés que possible.  Bon, et on essaie, et je ne dis pas qu’on réussit toujours, mais on essaye…

 

EMMANUEL HALPERIN

C’est compliqué, Israël, c’est très compliqué.  Et alors il faut décortiquer tout ça.  Et par conséquent, chaque fois qu’Israël est en position de répliquer à un slogan, il se trouve dans la nécessité de faire un discours, autrement dit de faire un discours structuré, de prendre du temps, et ne peut s’adresser qu’à des hommes de bonne volonté.

 

 

EXT VIELLE VILLE DE JERUSALEM

Commentaire off:

Les héritiers d’Albert Londres sont fatigués.  Connaissent-ils ce mot d’Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » ?  Comment rendent-ils compte de la réalité ?  Comment écrivent-ils ce qu’ils voient ?  Comment montrent-ils ce qu’ils filment ?  Peut-on prétendre être objectif dans le chaudron passionnel du Proche-Orient ?  N’est-il pas plus simple de céder à ses propres a-priori, de lire la complexité avec le seul souci de l’audimat ?  Nommer le bon, nommer le méchant.

En septembre 1996, une dépêche de l’AFP va mettre le feu à Jérusalem. Le percement d’un tunnel achéologique préparerait la destruction des mosquées sur l’esplanade.

 

CLEMENT WEIL RAYNAL :

Qui donc est à l’origine de cette fausse information, de cette falsification d’avoir fait passer le tunnel sous les mosquées ? Et bien, en étudiant les dépêches de l’AFP, on s’aperçoit, et ça on peut l’affirmer de manière très claire, c’est l’Agence France Presse qui est à l’origine de cette fausse information. C’est l’Agence France Presse qui, un beau matin, a décidé que ce tunnel passait sous les mosquées.

 

Ce qui est très intéressant c’est que la toute première dépêche de la matinée indique que le tunnel passe en contrebas du Mur des Lamentations. C’est parfaitement clair. Le journaliste qui signe cette dépêche, qui signe Isham Abdallah (?); connaît parfaitement les lieux et il est tout à fait dans le vrai, il n’y a aucune approximation, il sait parfaitement où passe le tunnel et il explique très clairement qu’il s’agit d’une simple ouverture, une seconde ouverture qui a été percée sur la Via Dolorosa, ce qui va permettre, pour simplifier, de faire passer plus de touristes dans un tunnel qui existe déjà et dans un tunnel qui est visité depuis de nombreuses années.

Deux heures après, ce n’est pas une nouvelle dépêche, ce n’est pas une nouvelle analyse, c’est la même dépêche. Vous savez comment marche l’Agence France Presse, on renvoie la même dépêche. A ceci près que le titre a changé. C’est le même journaliste, Isham Abdallah (?), qui signe la même dépêche, le titre a changé, c’est simplement : colère des Palestinien, les Israéliens creusent un tunnel sous les mosquées.

 

BT CARTE VIELLE VILLE

 

En deux heures, le tunnel a fait un virage de 90°. Alors il faut bien se poser la question : Pourquoi, alors qu’on connaissait parfaitement la situation, tout d’un coup on la falsifie pour donner une fausse information. Pourquoi est-il si important que ce tunnel... Pourquoi est-il si important de faire croire que ce tunnel passe sous les mosquées ?

 

YASSER ARAFAT :

This is a crime, a big crime against our religious and holy places.

 

CLEMENT WEIL RAYNAL :

Le grand poète palestinien Mahmoud Dahwich (?), membre de l’OLP, y a consacré un poème célèbre qui est considéré comme l’un de ses meilleurs poèmes. Je me lève un matin et qu’est-ce que je découvre ? Que les mosquées ont été détruites et que les Juifs recommencent à construire le temple.

Cette falsification, faut quand même bien voir, va opérer à deux niveaux : d’une part ça va être en direction du public occidental qui reçoit donc les dépêches, via les radios, une légitimation de la violence palestinienne.

Il va falloir dire : oui, il y a une violence palestinienne mais regardez la provocation, l’attaque des lieux saints.

 

Quand on est la première agence arabophone, cela veut dire donc très directement, très concrètement : l’auditeur des radios, de radio Le Caire, de Radio Damas, mais aussi l’auditeur des radios arabes de Ramallah, de Béthléem, de Jérusalem même, entend dans son poste de radio, dans son salon, dans sa cuisine, celui qui habite à quelques centaines de mètres des lieux saints, il entend : les Juifs ont creusé un tunnel sous les mosquées ! Les Juifs sont en train de détruire les mosquées comme vous l’a annoncé le grand poète Mahmou Dahouich  Et donc il ne faut pas s’étonner qu’il y ai, effectivement un certain nombre de manifestations violentes dans la journée. L’Agence France Presse va participer donc à ce travail de propagande, ce travail de désinformation, d’intoxication, tant auprès du public occidental que, j’allais dire c’est encore plus grave, du public palestinien.

 

commentaire

Le bilan de ces 4 jours d’affrontements est lourd. 80 morts, 17 Israéliens et 63 palestiniens .

 

EXT-INT AFP:

L’agence France-Presse est la première source d’informations pour tous les médias francophones.  Elle vend des dépêches, elle vend des images.  L’information est aussi une marchandise. L’AFP est la première agence arabophone au monde. Elle doit donc plaire à toute sa clientèle.

 

02 02 17 DIDIER EPELBAUM:

Lors du début de l’Intifada, par exemple, à l’automne dernier, il y a eu à peu près, disons dans le premier, les deux premiers mois, à peu près 300 morts, pratiquement en même temps en Algérie, c’était le mois du Ramadan, il y a eu de très nombreux massacres, à peu près 280 morts. Il y a à l’antenne, sur Israël-Palestine, à peu près 250 entrées, références…

- Entrée, c’est quoi ?

Entrée, ça veut dire soit des reportages, soit des informations données dans le journal, et sur l’Algérie, à peu près 25, à peu près dix fois moins.

 

Que révèle ce regard inégal ? 300 morts algériens tués par d’autres algériens serait une affaire banale, normale ? Quel est ce racisme non avoué, banalisant les massacres arabo-arabes, mais dénoncant comme barbare toute action de guerre menée par Israël ?

Ce regard journalistique a une raison première. Israël est totalement accessible, ouvert à tous les média possibles. L’autre raison est d’ordre idéologique et le journaliste n’y échappe pas. Qui se souvient en Europe de ce que fût une frontière ? Qui se souvient que le monde fût bi-polaire jusqu’en 1989 ? La perte idéologique du communisme a peut-être trouvé dans la cause palestinienne une autre passion idéologique substitutive, un nouveau tiers-monde rédempteur des pêchés de l’Occident.


 

 

 

LA CONFERENCE DE DURBAN

 

IMAGES D’AGENCE

La salle de la conférence

Commentaire off:

A Durban, en Afrique du Sud, sous l’égide des Nations Unies, une conférence internationale se réunit l’été 2001 pour dénoncer les formes actuelles du racisme.

 

JEAN-CLAUDE BUHRER :

La conférence a d’emblée été prise en otage par les milieux arabo musulmans ave le concours actif de l’olp.

Jamais depuis la seconde Guerre mondiale, on a entendu des propos aussi virulemment antisémites et cela a pris une forme encore plus explicite, plus ouverte, dans le cas du forum des ONG à l’intérieur même du forum, et on a assisté à des manifestations de haine telles que moi n’en ai jamais vu de ma vie

 

BT SUR HITLER

Que nous dit ce brave homme moustachu sur ce tract distribué à Durban. Que ce serait-il passé si j’avais gagné ? Pour les bonnes choses, il n’y aurait pas eu Israël et le sang palestinien n’aurait pas coulé. Pour les mauvaises choses je n’aurais pas permis la construction de la nouvelle coccinelle. Le reste, c’est votre affaire.

 

JEAN-CLAUDE BUHRER :

Dans la rue, vous avez eu des manifestations qui étaient visiblement organisées parce que vous avez une importante communauté musulmane à Durban, vous avez à 500 m. de la conférence une ancienne bâtisse coloniale qui est le club de la communauté juive, et qui avait été transformée en véritable camp retranché sous les vociférations d’une foule agressive, qui si l’armée n’avait pas été déployée autour du Club juif, était prête à lui donner l’assaut.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

Ceux qui ont attaqué Israël et à travers Israël les Juifs à Durban ne parlaient plus le langage du racisme : maintenant on peut attaquer les Juifs au nom des Droits de l’Homme et de la démocratie.

 

JEAN-CLAUDE BUHRER:

Nous avons entendu des cris de gens qui en appelaient à l’extermination des juifs, qui lançaient "kill the jews", mort aux juifs, ou : "one jew, one bullet".

 

FIDEL CASTRO :

Del propio pueblo ebreo que en pleno corazón de Europa sufrió un odioso y brutal holocausto racista…

 

FIAMA NIRENSTEIN

When I saw Fidel Castro there applauded by a standing ovation by all the African states that they were going on their way and by the Arab states. When Arafat was there saying that Israel is an apartheid state which is just you know, like the history of my grandmother “You can say whatever you like in life, I can say that I can fly!”

 

 

 

JEAN-CLAUDE BUHRER:

Les milieux antijuifs ont essayé de discréditer le judaïsme et ce qu’ils considèrent comme leur adversaire, en y appliquant les mêmes termes que ceux qui avaient été employés en Afrique du Sud lors de la lutte contre l’apartheid.

Et en même temps ils ont contribué à dévaloriser la lutte contre l’apartheid qui était menée par les Noirs d’Afrique du Sud, parce que cette conférence devait être aussi une reconnaissance de la fin de l’apartheid

 

ILLUSTRATION

Was it a crime ? Yes! Was it a crime ? Yes! Was it a crime ? Yes! What do we want? Reparation! I can’t hear you! Reparation! I can’t hear you!

 

JEAN-CLAUDE BUHRER:

Vous avez eu l’épuration ethnique en Sierra Leone, elle se poursuit dans d’autres pays.  Elle a également eu lieu au Liberia, en Somalie; qui en a parlé?  Personne !  Sans parler de l’esclavage, on a évoqué l’esclavage à juste titre, la traite des Occidentaux.  Mais on a passé sous silence le rôle joué dans l’esclavage par les négriers arabes.

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

Il y a de l’esclavage aujourd’hui au Soudan; il n’y en a pas en Europe.  Mais c’est aux Européens à, si vous voulez, à se faire pardonner de l’esclavage par les Soudanais…

 

IMAGE DURBAN

Manif à Durban.

 

 

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

On est frappé par le contraste entre l’inertie avec laquelle l’intelligentsia et la presse dans son ensemble ont accueilli cette violence et la vigilance antifasciste sous laquelle nous vivons depuis quarante ans.

 

PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :

C’est-à-dire qu’on a affaire à, au fond, à un antiracisme antijuif, à un antifascisme antijuif, à un antiimpérialisme antijuif, un anticolonialisme antijuif.  Donc ça devrait nous titiller…

 


 

 

 

LES EFFETS

 

JOURNAL DE FRANCE 2:

Mobilisation à Paris, à Marseille et à Strasbourg de plusieurs milliers de personnes en faveur des Palestiniens.  A Paris, un peu plus d’un millier ont défilé entre la Bastille et la République à l’appel du MRAP, des Verts et du parti communiste…

 

Commentaire off:

Ce que la télévision ne rapporte pas, ce sont les cris de « Mort aux Juifs ! », entendus dans le sillage de la manifestion de soutien aux palestiniens

 Speakerine in :

Depuis octobre 2000, de Trappes à Bondy, de Paris à Marseille ou Lyon, au moins soixante

 
IMAGES TF1

Résumé de la premiere vague d’antisémitisme.

 
BT DES JOURNAUX

Commentaire off:

L’écho de la seconde Intifada engendre en France, en Europe et dans le monde une vague d’actes antijuifs inédits.  Dans un premier temps, les médias et les responsables politiques ne vont pas en prendre la mesure. Amalgamés à la délinquance, les incendies de synagogues, les agressions physiques, les insultes ou les graffitis antijuifs vont culminer en mars 2002. Quelque chose s’est détraqué dans la République.

JOURNAL FRANCE 2

Le chiffre qui choque : depuis le 29 mars, donc en trois semaines, 303 actes, très exactement, ont été recensés, dans la plupart des cas il s’agit de graffitis, mais on a relevé 14 incendies ou tentatives d’incendie de synagogues et 16 agressions physiques.  Des violences ou des actes de vandalisme sont donc signalés chaque jour…

 

Commentaire off:

Pour la première fois depuis Vichy, une femme victime d’une agression antijuive préfère témoigner à visage masqué.

 

BT LA MEUF DU JT

En 2001 en France comment en vient-on à incendier une synagogue ? Est-ce par désoeuvrement ? Qu’est-ce qui a rendu légitime ce passage à l’acte ?

 

               LECTURE DU TEXTE DE LIBÉ

Les informations télévisés c’était pire qu’un feuilleton…

 

 

Et l’article précise que ni Mouloud, ni Karim ne peuvent citer le nom d’une ville en territoire palestinien.

 

 

MANIFESTATION  PALESTINE:

Solidarité avec le peuple palestinien !.

Homme :

S’il y a des synagogues qui brûlent, on en est désolés.  Nous, notre avenir, depuis trente ans, il est brûlé !

 

 

               KADER ABDERAHIM :

Mais encore une fois, la dimension symbolique me paraît fondamentale parce que dans nos imaginaires culturels arabes, petits, puis devenant adultes, cette question de la Palestine est très importante, mais aujourd’hui elle s’exprime de manière souvent ambiguë pour les jeunes qui n’ont pas nécessairement tous les outils politiques ou idéologiques pour faire la part des choses.  Quand on parle dans le conflit entre Palestiniens et Israéliens, il y a une dimension d’antisionisme de la part des Palestiniens qui souvent s’exprime par de l’antisémitisme.

 

MANIFESTATION  PALESTINE:

Images de manifs

Homme:

Nous sommes, nous, un peuple libre qui voulons que les pays arabes, les pays africains soient libres et indépendants, en dehors du joug des multinationales sionistes !

Sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes !

 

Commentaire off:

Pourquoi la cause palestinienne enflamme-t-elle à ce point les passions des jeunes issus de l’immigration maghrébine ?  Pourquoi le malheur arabe trouve-t-il dans la haine d’Israël son explication magique ?  Pourquoi les massacres en Algérie, l’absence de démocratie dans le monde arabe, les dictatures arabes, le sort des femmes dans le monde arabe n’engendrent-ils pas une indignation aussi grande ?

 

MANIFESTATION  PALESTINE:

Hitler, Sharon, où est la différence ?

PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :

L’Islam, c’est au fond la religion des anciens colonisés, c’est la religion des Algériens ou elle est supposée telle, et donc les autres religions sont quand même des religions liées à la colonisation, des colons et… le colon n’a aucun droit, sauf celui d’être expulsé ou d’être tuéJe résume : tout Juif est un sioniste réel, déclaré ou masqué, voilé, or le sionisme est un colonialisme, un fascisme et un racisme, voire une entreprise de génocide et d’ethnocide, donc tout Juif est un colonialiste, un fasciste, un raciste et un génocidaire.


 

 

 

PASSION D’ORIENT:

 

DOCUMENT TV PALESTINNIENNE

Homme in en arabe (texte des ST français) :

Des mensonges sont apparus à propos de l’extermination des Juifs, ce soi-disant holocauste.  Ce sont des mystifications, des revendications sans fondement.  Dachau, Auschwitz étaient des sites de désinfection. 

 

FIAMA NIRENSTEIN

The denial of the Holocaust was started by the European. Now the Arab side has made the negationism theirs. The Syrians have repeated it many many times, Bashar Assad is a champion in it, Arafat has never said it personally but his newspapers are printing papers about it all the time .

 

GEORGES MARION:

Mais pour parler des Palestiniens, ils parlent malheureusement dans le désert. Pour un Elias Sambar ou un Edouard Saïd qui condamnent sans ambiguïté aucune la Shoah, vous avez des dizaines de milliers qui ne comprend rien.

..qui condamnent la négation……

et qui condamnent bien sûr le négationnisme et qui ont pris une position remarquée et remarquable au moment de ce Congrès prévu au Liban…

BANC-TITRE DES 14 INTELLECTUELS

…vous avez des dizaines de milliers de palestiniens, pas d’ailleurs bon, pas des intellectuels, le palestinien standard qui ne comprend rien.

PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :

Je dirais que c’est incompréhensible. C’est pourquoi Israël a été fantasmée comme la face visible d’une… d’un complot mondial, d’une conspiration mondiale. Et il faut comprendre « conspiration » au sens fort du terme, au sens, je dirais sociologique, c’est-à-dire qu’il y a un ensemble, une sorte de confrérie de conspirateurs qui sont… qui ne sont de nulle part et qui sont partout en même temps, qui visent la conquête du monde.

 

GEORGES MARION :

On est hors raison, c’est bien dit.  Pas toujours, mais souvent.  Bon, on le voit tous les jours, régulièrement, les Israéliens sont accusés soit de, d’empoisonner les puits, soit de distribuer des bonbons empoisonnés aux enfants, soit d’utiliser des gaz interdits par les conventions internationales, toutes choses qui ne tiennent pas la route, qui sont faux, mais le démenti ne sert à rien, il fait partie du conflit.  Vous savez, vous êtes dans un conflit où il s’agit de délégitimiser l’autre.

 

BT JOURNAL

Sur chewing-gum aphrodisiaque

 

 

IMAGE DE SEDUCTION

 Commentaire off :

En 1999, un fait divers défraie la chronique de Haute-Egypte. La rumeur fait état d’une sorte de frénésie sexuelle dont seraient saisies les femmes de cette région. Les nouveaux désirs paraissent comme autant d’anomalies qui méritent enquête. Le coupable est enfin identifié : un aphrodisiaque sioniste aurait été dissimulé dans un chewing-gum.  A qui profite ce trouble ?  Le chewing-gum était importé d’Israël.


 

 

 

L’EDUCATION A LA HAINE

 

EMMANUEL HALPERIN

Autre domaine qui est très important et qu’on évacue toujours en France et dans d’autres pays européens, c’est l’enseignement de la haine, des hommes de foi dans des mosquées qui expliquent qu’il faut tuer, il faut massacrer tous les Juifs et les Chrétiens 

 

PRECHE DE LA TV PALERSTINNIENE

Travaillistes ou Likud, les juifs sont des juifs.  Il n’y a pas parmi eux de modérés ou des partisans de la paix.  Ce sont tous des menteurs.  C’est eux qu’il faut massacrer, qu’il faut tuer. Allah le Tout-Puissant a dit : Combattez-les.  C’est ça, les juifs.  Pas de pitié pour eux, où qu’ils soient, dans n’importe quel pays.  Combattez-les où que vous soyez.  Où que vous les rencontriez, tuez-les.  Où que vous soyez, tuez ces juifs et ces américains qui sont comme eux et leur accordent leur appui.  Ils combattent ensemble contre les arabes et les musulmans.

 

EMMANUEL HALPERIN

Je veux bien admettre que ce n’est pas l’enseignement de l’Islam en général, mais c’est l’enseignement du nationalisme palestinien.  Alors c’est effrayant, c’est quelque chose d’effrayant.  Quand les enfants vont à l’école, ils entendent ces choses-là, vous me direz « Oh, il y a d’autres enfants à d’autres époques de l’histoire qui ont entendu des messages complètement pervers et puis finalement, ça a été oublié. »  Malheureusement là, ça se perpétue de génération en génération, donc il va être extrêmement difficile, extrêmement difficile, de neutraliser cet enseignement de la haine.  Voyez combien de temps il a fallu pour neutraliser, l’a t-on déjà fait, de l’enseignement du mépris du christianisme à l’égard du judaïsme.

 

IMAGE DE DJIHAD’S KIDS

Commentaire off :

La diabolisation de l’autre, de l’ennemi ou du partenaire futur, du sioniste, de l’Israélien ou du Juif, n’a pas cessé avec les accords d’Oslo, bien au contraire.  Comment imaginer la paix avec ces chansons ?

 

Chanson en arabe (texte des ST français) :

Je viendrai à l’époque de la disette.  Je ferai tout mon possible pour apporter une mitrailleuse, de la violence, de la colère, et encore de la colère.

Chanson en arabe (texte des ST français) :

Lorsque je me promènerai à l’entrée de Jérusalem, je deviendrai un guerrier et je ferai un attentat-suicide !  Et je serai en tenue de combat, en tenue de combat !  Merci.  Merci.  Bravo ! Bravo ! Bravo !

 

GERARD MILLER :

On ne peut pas, bien évidemment, sous-estimer ce que les Palestiniens ont enduré et continuent d’endurer, et on a envie aussi de parler de ça, et on a envie, notamment, de parler d’avenir, bon, et qu’actuellement, on a de plus en plus de mal à faire ça avec des vraies questions… vous le savez parfaitement, n’est-ce pas, les Palestiniens ont été massacrés par leurs frères arabes, bon… moi, je suis de la génération qui a trouvé monstrueux le baiser du roi Hussein de Jordanie à Yasser Arafat après les massacres de septembre noir, bon… où les Palestiniens ont été massacrés, bon. 

On justifie tout de la part de celui qui souffre, y compris qu’il se conduise comme un bourreau.  Oui, on sait bien que tout ça est un peu excessif, mais le peuple a tellement souffert que, pour s’en sortir, il faut bien que lui-aussi passe par une période de barbarie, mais ça suffit comme ça, aussi, de justifier l’injustifiable au nom d’une quelconque souffrance.

 

FREDERIQUE ENCEL

L’OLP a été créée en 1964. Le premier attentat perpétré et revendiqué par l’OLP date du 1er janvier 65. En 65, il n’y a pas d’implantations, il n’y a pas de colonies, il n’y a pas de territoires occupés, la Guerre des Six Jours n’a pas encore eu lieu. Et c’est la raison pour laquelle, je pense, et c’est la aussi toute la dimension tragique du conflit, que ce terroriste palestinien qui va viser un autobus plein de civils, à Tel-Aviv et bien lui, a le sentiment profond, a la représentation très profonde de tuer des colons.

 

ÀTTENTENTAT DE LA PIZZERIA SBARRO

Commentaire off :

 

La bombe humaine est elle une arme de lutte pour un  peuple opprimé, est-elle un moyen pour son émancipation ? Quelle exaltation nourrit ce geste destructeur et sacrificiel ? Cette logique de mort a-t-elle encore un sens politique ou bien revèle t-elle un autre enfermement ? La fin peut-elle justifier tous les moyens ? La bombe humaine est-elle une fin ou un moyen ?

 

SCHLOMO BEN AMI:

Je me rappelle, une fois je posais la question à Joshka Fischer qui est le ministre des affaires étrangères… allemand, quand je lui ai dit tu luttais pour la cause d’une nation qui a le droit à avoir une souveraineté, à avoir une solution au problème des réfugiés, à mettre fin à l’occupation militaire. Sur tous ces sujets, je suis presque avec toi !  Mais est-ce que maintenant, de la perspective de Camp David et de Taba, est-ce que tu t’imagines que dans les années 60, tu étais en train de te manifester en faveur de El Aksa ? Toute la question maintenant, c’est une mosquée.  Tu t’avais manifesté avec toute une génération de Palestiniens qu’Israël, c’est la seule qui leur donne une solution, aucun pays arabe ne l’avait fait avant, aucun pays européen ne l’avait fait avant, nous, nous l’avons fait et maintenant ce qui reste, c’est El Aksa ! »

 

JOURNAL FR 2 BEATRICE SCHOENBERG

Au téléphone avec José Bové

               Commentaire off :

Les anti-mondialistes ont enfin trouvé leur juste cause. Ramallah est le rendez-vous d’étranges pacifistes car ils sont partisans d’un camp contre un autre.

 

BANCTITRE « Pacifistes »

C’est à la lueur de la seule bougie d’Arafat que s’éclaire la pensée de José Bové.

Qui tire dans l’ombre les ficelles du monde ?

José Bové nous donne une version bio des Protocoles des Sages de Sion.

 

 

LE VRAI JOURNAL DE KARL ZERO

Karl Zéro :

José, tu es allé en Israël, tu as été arrêté et expulsé, alors quel est le rapport avec l’anti-mondialisation, d’aller soutenir les Palestiniens, j’ai pas compris…

 

José Bové :

Je pense que d’un côté, il y a la globalisation économique qui est en train de détruire l’ensemble de la planète, mais il y a aussi cette globalisation militaire, et la Palestine actuellement, c’est vraiment le centre de cette globalisation militaire, en fait une partie du monde qui veut s’accaparer les richesses de la planète, et ces Palestiniens, hé bien ils dérangent là au milieu parce qu’ils empêchent ce monde de tourner comme les puissants le veulent.

Karl Zéro :

Si tu étais israélien, tu crois que tu pourrais parler comme tu parles ?  Parce que tu risquerais à tout moment de sauter, tu vas au restau, tu exploses…

José Bové :

Moi, j’ai dénoncé quand j’étais là-bas les attentats aveugles, parce que ces attentats n’ont pas de sens, c’est véritablement là du non-droit, comme je dénonce très clairement tous les attentats qui peuvent avoir lieu sur les lieux de culte en France, mais je me demande aussi dans quelle mesure certains de ces attentats ne peuvent pas être provoqués pour essayer de créer un climat pour détourner l’attention de ce qui se passe en Palestine.

Karl Zéro :

Mais provoqués par qui ?

José Bové :

Hé bien, il y a, dans les années 50, un attentat avait été commis dans… contre la communauté juive en Irak, aujourd’hui les historiens israéliens le disent très clairement, cet attentat avait été organisé par le Mossad.

Karl Zéro :

Et tu penses qu’en France, le Mossad pourrait attaquer des synagogues ?  C’est énorme !

 

 

José Bové :

Je ne sais pas si c’est le cas, simplement ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime, à qui profite le fait qu’il y ait ces attentats qui sont des attentats aberrants, donc je dis très clairement que ces attentats sont, doivent être punis parce que c’est quelque chose d’absolument inacceptable.

 

PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :

Je crois que les antimondialisateurs doivent balayer devant leur porte d’urgence, et ils ne le font pas.

Il y a une dérive, une pathologie, enfin les métaphores sont évidemment criticables, de l’antimondialisation, lorsque face aux attentats-suicide du 11 septembre, certains nous disent « C’est la cause des déshérités, des laissés-pour-compte du monde entier, et après tout cet attentat visait deux tours qui représentent, qui incarnent en quelque sorte, le capitalisme financier ou, je dirais, qui donnent un visage urbain ou néo-urbain à la mondialisation, donc en fait c’est un acte antimondialisation ».

 

SCHLOMO BEN AMI:

Moi, je pense qu’un des obstacles les plus sérieux pour aboutir à une paix entre Israël et les Palestiniens, c’est ce que j’appelle l’excès de soutien de la cause palestinienne à travers le monde occidental…

- C’est-à-dire ?

Donc le fait que le mouvement palestinien a cet excès de soutien est un obstacle pour eux, pour prendre des décisions pragmatiques. Ils ont toujours l’impression que, s’ils n’acceptent pas cette… décision maintenant, le monde va continuer à… isoler Israël, à l’attaquer, à la condamner, à donner une autre résolution de l’ONU, et Israël sera obligée, puisqu’il existe ce soutien, ce, cet excès de soutien.  C’est, c’est la… grande différence entre le mouvement palestinien et le sionisme, le sionisme a eu, été capable toujours d’assumer des décisions pragmatiques très difficiles, parce que le sionisme était un mouvement internationalement faible !

 


 

 

 

LA FIN DE L’EFFROI, OU L’EFFROI SANS FIN ?

 

ILAN GREILSAMER:

Un des grands changements au niveau de la conscience des Israéliens est dans la perception de 1948 et de la tragédie palestinienne d’une façon générale.  Mais les Israéliens croyaient qu’ils pouvaient demander aux Palestiniens de reconnaître la légitimité du sionisme, c’est-à-dire la légitimité du fait que des Juifs soient venus ici et puis qu’un jour les Arabes diraient : ah ben finalement vous avez eu raison, c’est-à-dire vous avez eu ce droit.  Non, c’est un rêve que les Israéliens ont eu…

 

SARI NUSEIBEH:

Today we don’t have much time either to build confidence or to go at it step by step. Now there is very little time left. We have to go at a solution full gear, head on. We have to reach a conclusion immediately. If we do not do this that’s it! In the sense that we will not have the chance for many years to come and when we have a chance to come back to negotiate, to try and find some kind of mode of coexistence between the two peoples, it will not be possible, in my opinion, to create two states finally, it will be finished.

 

EXT. JERUSALEM

ILAN GREILSAMER:

Une des grandes dimensions du conflit actuel, c’est l’incertitude dans laquelle se trouvent les Israéliens quant aux intentions des Palestiniens. Ils ne savent pas pourquoi l’Intifada a commencé, ils ne savent pourquoi l’Intifada a continué, ils ne savent pas pourquoi Yasser Arafat a refusé les propositions d’Ehud Barak à Taba, et ils ne savent pourquoi les choses continuent.

 

SARI NUSEIBEH:

But the more substantial question of right, I think is something that has not been internalised neither by the Israelis vis-à-vis the Palestinians, nor by the Palestinians vis-à-vis the Israelis. And in order to get there, much more needs to be done in terms of self-education and self-transformation, for both: Jews and Arabs.

 

En juin 2002, c’est Sari NUSEIBEH qui a pris l’initiative d’un texte co-signé par un millier de Palestiniens dénoncant les attentats et les bombes humaines en Israël. Pour NUSEIBEH, ces gestes sont destructeurs de l’avenir des Palestiniens autant que destructeurs de l’espoir d’une paix.

 

ALEXANDRE ADLER

Au risque de développer un paradoxe, j’aurais tendance à dire que le monde musulman est dans l’ensemble beaucoup plus avancé que ne le sont les intellectuels français pro-palestiniens

Pour beaucoup de musulmans, la reconnaissance d’Israël, c’est la reconnaissance avec le monde tel qu’il est, c’est la réconciliation avec la modernité. C’est pour ca que c’ est un tel enjeu au Magrebh notamment

 

ATTENTAT DE HOLON

Quels parents, en France, peut imaginer le matin que son enfant risque d’être tué dans un attentat en allant à l’école ? 

Qu’est ce qu’un jeune Occidental peut partager de ce que vit un jeune Israélien ?

Qu’est ce qu’un Européen peut partager de ce que vit un jeune Palestinien ?

Depuis 50 ans, l’Europe vit en paix. Peut-elle encore imaginer ce que veut dire avoir à se défendre, à vivre l’arme au pied.

Etes-vous capables, vous spectateurs, d’entendre cette question, de la partager ?

Ce film peut-il avoir une fin, alors que les questions qu’il prétend poser ne veulent pas être entendues ?

 

CLIP PALESTINIEN

Il a fallu plus de cinquante ans, pour que ceux qui étaient hypnotisés par l’avenir radieux du stalinisme ouvrent à peine les yeux.

Depuis cinquante ans, mais depuis bien plus longtemps encore, Israël questionne le monde et y fait figure de gêneur, mais le monde chaotique estime que sans Israël, la terre tournerait mieux.

 
EXT. WORLD TRADE CENTER LE 11 SEPTEMBRE

Le 11 septembre 2001, des avions dans le ciel de New York ont apporté un démenti à cette illusion. 

La ligne de front s’est rapprochée. La menace s’est déplacée. Les bombes humaines ont frappé Tel-Aviv et le reste du monde.

 

 « Si je ne prends pas garde à moi, qui le fera ?  Si ça n’est pas maintenant, quand ? Mais si je ne prends garde qu’à moi, qui suis-je ? » Hillel

 

FIN

Mis en ligne le 20 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org