04/04/08
Sur le site de Un écho d’Israël
D’après une enquête réalisée par la BBC et publiée cette semaine, les deux pays les plus impopulaires au monde seraient l’Iran et Israël. Ces résultats sont le fruit d’un sondage réalisé auprès de 17 000 personnes dans 34 pays différents. Le pays qui jouit de la meilleure appréciation est, comme par hasard, l’Allemagne ! Elle est suivie par le Japon et l’Union Européenne.
Quand on entend les résultats d’une telle enquête, on croit rêver ou plutôt se réveiller d’un mauvais cauchemar. Comment peut-on oser comparer l’Iran à Israël ? Quelle commune mesure y a-t-il entre les deux pays ?
Cette semaine, je lisais une étude sur la situation des homosexuels en Iran. Depuis 5 ans, on estime à une centaine d’homosexuels (dont des mineurs) condamnés à mort et exécutés dans ce pays dans l’indifférence générale de la communauté internationale. Personne pour élever la voix et oser dire que ces exécutions au nom de Dieu ne sont qu’un grave péché contre le Créateur.
Par contre, à Tel Aviv des dizaines d’homosexuels palestiniens ont trouvé refuge et vivent en toute tranquillité, loin des menaces et des intimidations des islamistes. Combien de journalistes ont-ils mené une enquête sur ce sujet ?
Ils ne le feront pas. Ceux qui d’aventure oseraient aborder une telle question seraient taxés de propagande sioniste.
Il y a une semaine, nous avons publié sur Un écho d’Israël, l’histoire de ce soldat tué par accident et dont les parents ont décidé de faire don de ses organes. Son cur a été transplanté à un Arabe. Immédiatement, on nous a accusés de faire de la propagande. Nous faisons de l’information uniquement lorsque nous disons que les soldats israéliens maltraitent les Palestiniens aux points de contrôle, ou qu’Israël continue à construire dans les implantations ! A bon entendeur, salut !
Combien de journalistes peuvent librement se déplacer en Iran et écrire, sans être inquiétés, sur le régime éclairé du président Ahmadinejad ? En Israël, la liberté de la presse est totale. Chacun peut écrire et publier sans la moindre restriction. La majorité des articles et des reportages sur ce pays sont des critiques d’Israël. Aucun journaliste étranger n’a perdu sa carte de presse pour des opinions exprimées. Mais peut-être que si Israël adoptait les méthodes iraniennes, il remonterait dans l’opinion publique mondiale !
Comment est-il possible qu’un journaliste français déclare sans sourciller que le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem aurait exigé que les écrivains israéliens se rendant au salon du livre à Paris s’engagent par écrit à ne pas critiquer la politique d’Israël ? Peut-on sérieusement imaginer un Amos Oz ou encore un Ron Lechem signer un tel papier ?
Il est légitime de critiquer une certaine politique d’Israël, ou des actes immoraux de soldats de Tsahal à l’encontre des Palestiniens. On a le droit de s’interroger sur l’avenir cette région, sur le manque de vision des dirigeants israéliens, ou sur le cynisme toujours plus profond d’un ministre de la Défense. On peut comprendre que des Palestiniens, des Libanais ou même des Egyptiens expriment des sentiments peu amicaux pour les Israéliens, mais au nom de quoi un Algérien ou un Suédois se targuent-ils d’être anti-israéliens ? Au nom d’une solidarité pour le plus faible ? Mais, actuellement, le plus faible pourrait être le Tibétain et le réfugié du Darfour...
Comment expliquer qu’Israël, ce merveilleux pays des libertés, soit si impopulaire, si haï ? La question palestinienne est-elle la seule et vraie raison de cette aversion tellement profonde contre ce petit Etat, pas plus grand que la Bretagne, et qui lutte pour ne pas disparaître ? Quand il y aura un Etat palestinien, cette haine s’estompera-t-elle ? Que faut-il qu’Israël sacrifie aux nations pour les calmer et apaiser leurs fantasmes ?
Mais peut-être sommes-nous encore une fois en présence de cette haine ancestrale du Juif ?
Jean-Marie Allafort
© Un écho d’Israël
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Réaction d’un lecteur sur le site de Un écho d’Israël
L’Iran et Israël sont les pays les plus impopulaires du monde !
4 avril 2008, par Bernard Atlan.
Le pétrole, Monsieur Allafort. Souvenez-vous du discours du Général de Gaulle en novembre 1967. Il était tout à fait raciste et partisan. Mais les Arabes avaient le pétrole, Israël n’est comme vous le dites, qu’un tout petit pays. Depuis, la propagande arabo-palestinienne a fait des dégâts irréparables
Un sous-préfet écrit que les snipers tirent sur des enfants, que les geôliers qui torturent ne se reposent que le Shabbat. Des journaux, tel Le Monde, font un mal considérable. La communauté musulmane est importante dans une grande partie de l’Europe, les journaux leur sont plus favorables. Mais Israël est en fait le révélateur d’une évolution beaucoup plus importante. L’Europe de 2008, est très loin de l’Europe de 1967. L’islam est devenu une composante importante de nos sociétés. Mais je crois sincèrement en l’utilité de votre travail. Je prie D. de vous donner la force de le faire longtemps. Je fais un copier-coller du discours du Général de Gaulle. Dès le début, il conteste l’existence d’Israël en parlant de terres acquises dans des conditions plus ou moins justifiables. Il se permettait même de nous dire ce que certains juifs pensaient.
Conférence de Presse du Général de Gaulle le 27 novembre 1967
" L’établissement, entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine et puis, après la Deuxième Guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël, soulevai[en]t, à l’époque, un certains nombres d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. Cependant, en dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils suscitaient dans certains pays et à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était accumulé en leur faveur, surtout, il faut bien le dire dans la Chrétienté ; un capital qui était issu de l’immense souvenir du Testament, nourri par toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique malheur et que poétisait, chez nous, la légende du Juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subies pendant la Deuxième Guerre mondiale et grossi, depuis qu’ils avaient retrouvé une patrie, par leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi, indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande, que les Israéliens recevaient des milieux Juifs d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les Puissances, tout en désirant qu’ils parviennent, en usant d’un peu de modestie, à trouver avec leurs voisins un "modus vivendi" pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956 ; à la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître, en effet, un Etat d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Ve République s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet Etat, et s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le Gouvernement israélien des rapports cordiaux et, même, nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter, mais, en même temps, nous lui prodiguions des avis de modération, notamment à propos des litiges qui concernaient les eaux du Jourdain, ou bien des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux camps. Enfin, nous nous refusions à donner officiellement notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem, dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde, et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fût détruit. De sorte que, on pouvait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce qu’une paix réelle fût conclue et garantie en Orient, pourvu qu’aucun drame nouveau ne vînt le déchirer. Hélas ! le drame est venu. Il avait été préparé par une tension très grande et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés de Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Akaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ceux qui rêvaient d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait, dès le 24 mai, déclaré à M. Eban, ministre des Affaires étrangères d’Israël, que je voyais à Paris.
« Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés, que les Arabes, je ne doute pas que, le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires, mais, ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international, dans des difficultés grandissantes, d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir les conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays, si bien que c’est à vous, devenus des conquérants, qu’on en imputerait peu à peu les inconvénients. »
On sait que la voix de la France n’a pas été entendue. Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. Il est vrai que les deux belligérants observent, pour le moment, d’une manière plus ou moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies, mais il est bien évident que le conflit n’est que suspendu et qu’il ne peut pas avoir de solution, sauf par la voie internationale. Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations Unies ne déchirent elles mêmes leur propre Charte, un règlement doit avoir pour base l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance réciproque de chacun des Etats en cause par tous les autres. Après quoi, par des décisions des Nations Unies, en présence et sous la garantie de leurs forces, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des minorités et les modalités de la libre navigation pour tous, notamment dans le golfe d’Akaba et dans le canal de Suez. Suivant la France, dans cette hypothèse, Jérusalem devrait recevoir un statut international. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en uvre, il faudrait qu’il y eût l’accord des grandes puissances (qui entraînerait ipso facto celui des Nations Unies) et, si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter sur place son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître, non point fictivement sur quelque formule creuse, mais effectivement pour une action commune, tant que l’un des plus grands des Quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Viêt-Nam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est, et si, demain, l’Asie du Sud-Est voyait renaître la paix, le Moyen-Orient l’aurait bientôt recouvrée à la faveur de la détente générale qui suivrait un pareil événement. "
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Mis en ligne le 4 avril 2008, par M.