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A-Dura / France-2 (développements récents)

Un expert indépendant, les balles de Tsahal n’ont pas tué Mohammed Al-Dura, Adi Schwartz

04/03/2008
Vous êtes nombreux à m’avoir signalé, avec raison, l’article d’Ady Schwartz, dont je connaissais bien sûr l’existence. J’ai tardé à le traduire parce qu’une première lecture m’avait révélé des faiblesses. J’attendais de pouvoir consulter l’original hébreu. C’est chose faite, mais pour des raisons d’urgence, je mets en ligne la traduction que j’avais faite à partir de l’anglais. Elle sera suivie de la traduction à partir de l’original hébreu. (Menahem Macina).

02/03/08

 

Sur le site de Haaretz.

Texte anglais : "Independent expert: IDF bullets didn’t kill Mohammed al-Dura".
 

Traduction française : Menahem Macina


On peut lire (en pdf) le rapport de l’expert, ici.


Un rapport réalisé par un expert en balistique a été remis à un tribunal français, la semaine dernière. Il soutient que la mort de Mohammed Al-Dura, un enfant palestinien dont on a vu la mort par balles dans la bande de Gaza durant les premiers jours de l’Intifada, en septembre 2000, n’a pu être la conséquence d’un tir israélien. Le rapport corrobore les affirmations selon lesquelles les rushes choquants ont été trafiqués.

L’expert en balistique, Jean-Claude Schlinger, a remis ses conclusions après avoir examiné la séquence qui montre Al-Dura et son père recroquevillés le long d’un mur après s’être trouvés pris dans un échange de tirs entre des Palestiniens armés et des soldats de Tsahal, au carrefour de Netzarim.

L’affaire concerne un procès en diffamation intenté à Philippe Karsenty par la chaîne de télévision France 2 et son correspondant au Moyen-Orient, Charles Enderlin. Le 22 novembre 2004, Karsenty écrivait sur son site Web, Medias-Ratings, que la mort de Al-Dura avait été mise en scène et que France 2 "déshonorait la France et son service public de radiodiffusion". Quelques semaines plus tard, France 2 et Enderlin déposaient plainte contre lui pour diffamation. En octobre 2006, Karsenty était déclaré coupable et condamné à payer un euro symbolique de dommages et intérêts (et 3000 euros de frais de justice).

Karsenty a interjeté appel. Le juge a demandé à examiner tous les rushes ayant trait à la fusillade avant de rendre son verdict.

Samedi [1er mars], Enderlin a rejeté les conclusions de Schlinger, arguant de ce que « son évaluation ne repose que sur les éléments partiels de preuve qui lui ont été fournis ».

Dans son rapport, Schlinger écrit : « Si Jamal [le père de l’enfant] et Mohammed Al-Dura ont été atteints par des tirs, ces coups de feu ne pouvaient, pour des raisons techniques,  provenir de la position israélienne, mais seulement de la direction de la position palestinienne. » [1]

Il écrit également : « Au vu du contexte général et à la lumière de nombreux exemples d’incidents mis en scène, il n’y a pas de preuve objective que l’enfant ait été tué et son père blessé. Il est donc très possible qu’il s’agisse d’un cas [dans lequel l’incident a été] mis en scène. » [2]

Schlinger a confirmé ces affirmations lors d’un entretien téléphonique avec Haaretz.

Schlinger a été conseiller en balistique et en identification criminelle auprès des tribunaux français, durant vingt ans.

Dans son examen, il a reconstitué l’incident en insistant sur l’angle dans lequel les coups de feu ont été tirés, le genre de blessures et le type d’armes utilisées par Tsahal et les Palestiniens.

Selon ce rapport, il n’y a pas de preuve que l’enfant ait été blessé à la jambe droite ou à l’abdomen, comme on l’a rapporté antérieurement.

Concernant les blessures que le père est censé avoir subies, Schlinger a écrit : « Si les blessures sont authentiques, elles n’ont pu être infligées à l’époque des événements  relatés par la chaîne France 2. »

Concernant l’angle des tirs, Schlinger écrit [3] : « En supposant que les tirs venaient de la position israélienne, seuls les membres inférieurs ont pu être touchés, du fait que le reste du corps était protégé par la maison [lire : "un fût] qui se trouvait à cet endroit. » [4].

C’est la première fois qu’un expert en balistique indépendant, qui ne représente pas l’Etat d’Israël, a entrepris l’examen des affirmations de Karsenty.

 

Adi Schwartz


© Haaretz

 

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Notes du traducteur

 

[1] Cette phrase ne figure pas sous cette forme dans le rapport en français.

[2] On lit plus précisément dans le rapport lui-même : « En tenant compte du contexte général et des nombreuses mises en scène que nous avons constatées sur l’ensemble des documents étudiés, aucun élément objectif ne nous permet de conclure que l’enfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. Il est donc sérieusement possible qu’il s’agisse d’une mise en scène. »

[3] J’ignore sur quel passage précis s’est basé le traducteur. Deux occurrences sont possibles : 1) « Jamal aurait été touché au bras droit, au ventre et aux membres inférieurs, alors qu’aucune trace d’impact ou de sang n’est visible sur ses vêtements. De plus, l’emplacement des «blessures» était masqué soit par le baril, soit par le corps de son fils, qui étaient en écran entre les tireurs et lui. Il n’a donc pas pu être atteint dans les conditions décrites par France 2 ». 2) « Jamal et Mohammed AL DOURA étaient protégés par un baril qui ne présente aucune trace d’impacts traversants. Dans cette position, ils ne pouvaient être atteints qu’au niveau des membres inférieurs. »

[4] Erreur de lecture du traducteur. L’original hébreu porte חבית (havit, un fût) que le traducteur a lu הבית (ha-bait, la maison).

 

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Mis en ligne le 04 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org