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A-Dura / France-2 (développements récents)

L’armée ne s’est pas tue sur l’affaire al-Dura - Rappel d’un article d’Amnon Lord

13/02/2008
Suite à un important article, mis en ligne sur notre site [1], et à quinze jours de la décision finale de la Cour d’appel dans le procès en diffamation, intenté conjointement par France 2 et son correspondant permanent en Israël, Charles Enderlin, à Philippe Karsenty, il m’a semblé indispensable de remettre sous les yeux de nos internautes ce texte, publié ’in tempore non suspecto’ (avril 2003) dans un média israélien [2]. Il infirme l’idée communément reçue, selon laquelle l’armée israélienne a explicitement reconnu que ses soldats étaient les auteurs de la mort - réelle ou supposée - de l’enfant palestinien, Mohammed al-Dura, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim. (Menahem Macina).

Article remis en tête de liste une première fois le 08/02/05, et une deuxième fois, ce jour (13/02/08).

Rappelons que l’on peut consulter tous les articles mis en ligne depuis 2000 sur cette affaire délicate - qui agite les sites juifs, mais sur laquelle la presse française observe un silence rigoureux -, sur le site personnel de M. Macina, aux liens suivants : Affaire al-Dura – Textes Récents ; Al-Dura - France 2 (Affaire) - Tous les articles.


Makor Rishon

4 avril 2003

[Traduction française de Michel Grinberg en exclusivité pour upjf.org.]

La mémoire visuelle du général (de réserve) Yom Tov Samia [2] et les affirmations du caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, laissent peu de doutes sur les véritables auteurs de l’assassinat du petit Mohammed al-Dura.

Pour la première fois, le général (de réserve) Yom Tov Samia a fait une déclaration publique à propos de l’affaire Mohammed Al-Dura, au Jerusalem Center for Public Affairs, en mars dernier. Parmi les nombreuses choses intéressantes qu’il avait à dire, les plus saillantes concernaient l’arrivée effective de l’enfant au carrefour de Netsarim, le 30 septembre 2000, vers midi, et les rushes des films qui sont en la possession de France 2.

« L’enfant n’est pas arrivé là par hasard »,

a affirmé Samia.

« Un échange de tirs qui dure cinq heures n’attire pas les enfants. Et j’ajouterai quelque chose que vous devez bien noter: le Shabak (service des Renseignements généraux) a prouvé que, durant les deux semaines qui ont précédé l’incident, l’enfant était présent lors des jets de pierres qui s’y déroulaient ».

Samia a indiqué que l’enfant Al-Dura et son père, Jamal, avaient, bien sûr, l’intention d’aller voir une voiture dans un dépôt de voitures d’occasion, et, pour ce faire, avaient emprunté un raccourci qui ne passait pas par le carrefour de Netsarim. C’est au retour, et justement alors qu’il y avait des tirs, qu’ils sont passés par ce carrefour.

« Pendant 45 minutes, le père et son fils trouvent refuge derrière l’endroit qui les protège",

a affirmé le général Samia…

« Il y a des passages de films qui montrent que, durant ces 45 minutes, un grand nombre d’individus ont bougé, passant d’un endroit à un autre. Pourquoi, le père et l’enfant, eux, n’ont-ils pas bougé et sont-ils restés au même endroit? Ils ont visiblement un rôle dans ce spectacle ».

Samia a mis en cause la chaîne France 2 qui, malgré l’importance décisive de l’événement, refuse de montrer tout le matériau filmé autour de cette fusillade, au centre de laquelle se trouve l’enfant Mohammed Al-Dura. D’après le caméraman Talal Abu-Rahma, il reste 6 minutes filmées qui ne s’enchaînent pas avec les comptes rendus sur la fusillade. Yom Tov Samia – ainsi que Nahum Shahaf, qui a mené une enquête - assurent que France 2 dispose d’encore au moins 27 minutes de matériau brut sur l’incident. Ils sont persuadés qu’il y en a même beaucoup plus, mais France 2 refuse de les communiquer.

« Charles Enderlin (journaliste à France 2) ment, à deux reprises »,

accuse Samia.

« La première fois, lorsqu’il dit qu’il est prêt à communiquer ses rushes à qui le souhaite; la seconde, quand il déclare les avoir transmis à qui les demandait ».

Ce débat sur l’affaire Al-Dura a eu lieu lors d’une projection privée du film d’Esther Shapiro, réalisé pour la télévision allemande. Dans ce film, un soldat israélien affirme une chose étonnante:

« Les premiers qui sont apparus (le matin) ont été les journalistes. Dès que nous les avons vus, nous avons su que quelque chose allait se passer. »

Samia confirme ce compte rendu et raconte comment il a vu, pour la première fois, l’incident à la télévision :

« J’ai la chance d’avoir une excellente mémoire visuelle. J’ai tout de suite soupçonné que quelque chose se tramait et n’était pas logique lorsque j’ai vu la séquence sur l’une des chaînes. Je ne me rappelle plus laquelle. Ce même soir, après le Shabbat, quand j’ai regardé la télévision, je me suis rendu compte que les séquences présentées sur ces deux chaînes n’étaient pas les mêmes. France 2 a décidé de donner aux chaînes des séquences différentes. J’ai immédiatement téléphoné à l’état-major général et leur ai dit: ’Ne faites rien à propos de l’enfant palestinien. Laissez-moi m’en occuper’. Oui, nous déplorons tous qu’un enfant ait été tué, mais de là à se hâter d’en assumer la responsabilité, dès le lendemain ! Et ceci alors que le commandant des opérations leur avait dit de ne pas s’en occuper. »

Samia raconte qu’en fait, le chef du gouvernement et ministre de la défense d’alors, Ehoud Barak, en accord avec le général Giora Eigland et également, selon certains, avec le chef d’état-major adjoint de l’époque, Bougi Yaalon, se sont lourdement trompés en admettant la responsabilité d’Israël dans l’assassinat de Al-Dura. Ils ont pensé que c’était le moyen le plus rapide et efficace d’évacuer cette affaire de l’ordre du jour.

Samia reconnaît aujourd’hui qu’il est clair que l’enfant –

« s’il a réellement été tué lors de cet affrontement » -,

ne l’a pas été par des tirs de soldats de Tsahal. Il attire l’attention, entre autres, sur deux déclarations claires du caméraman Abu-Rahma et du père.

« Celui qui comprend l’arabe entend le père dire explicitement : l’enfant est mort, bien avant qu’il semble avoir été tué dans le film »,

comme Samia l’indique en citant le père dans le film.

« L’enfant est mort bien avant qu’on le voie mort, et que dit Talal Abu-Rahma : "Dans l’ensemble de ce qui est diffusé, il est clair (à propos de l’enfant), qu’il n’y a eu de tirs que d’un côté – ’juste derrière moi’." Je crois qu’il sait distinguer la direction des tirs. Il n’y a aucun doute que, derrière Talal Abu-Rahma, il n’y a qu’une position palestinienne. La ’pita’, comme nous l’appelions. La position israélienne est à l’opposé. Derrière le caméraman palestinien, il n’y avait pas de postes israéliens, mais seulement des Palestiniens. »

Le général Samia a causé la surprise lorsqu’il a précisé la date exacte à laquelle, selon lui, ont commencé la programmation et les préparatifs de la guerre de terreur de l’Autorité Palestinienne.

« Cette guerre a été organisée et préparée, de manière minutieuse, depuis mai 1994, lors de la signature des accords du Caire, quand Arafat a refusé d’apposer sa signature sur les cartes et qu’il y a eu la dispute bien connue, au cours de laquelle Moubarak lui a crié: "Ya caleb ibn caleb!" (espèce de chien, fils de chien!). »

Samia témoigne qu’il faisait partie de l’équipe de négociations, au Caire, qu’il était attentif au problème et qu’il avait mis en garde le chef du gouvernement, Rabin. Ce dernier a, bien sûr, exigé d’Arafat qu’il signe.

La question qui se pose est : pourquoi a-t-on si longtemps dissimulé ces graves signes avant-coureurs?

Amnon Lord

© Makor Rishon pour l’original
upjf.org et Michel Grinberg pour la traduction française


Notes de la Rédaction d’upjf.org

[1] Voir : Frimet Roth, "En admettant sa faute, le gouvernement israélien accrédite le mythe al-Dura".

[2] Maqor Rishon. Il n’a pas été possible, pour l’instant de retrouver la trace de cette publication. Voir, toutefois, entre autres : Recherche Google sur les articles en hébreu consacrés à cette affaire, Uzi Barouch, "L’Etat d’Israël reconnaît : Le reportage sur la mort de Al-Dura a été mis en scène" ; M. Macina, "Israël va-t-il vraiment franchir le Rubicon dans la gestion de l’affaire al-Dura ?" ; "Lettre de Dany Seaman, directeur du Bureau de Presse du gouvernement israélien, à l’association de juristes, Shourat haDin" ; התחקיר: מוחמד א-דורה לא נפגע כנראה מאש צה"ל ; Ben Dror Yemini, ורק ישראל שותק.

[3] Le général de réserve Yom Tov Samia était, à l’époque, commandant de la région militaire sud.


Remis en ligne le 13 février 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org