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A-Dura / France-2 (développements récents)

Déjà Esterhazy… une curieuse analogie entre les affaires Karsenty et Dreyfus

14/12/2007
Un ami israélien me signale cet étonnant article du "New York Times", paru en novembre 1897 (!), et afférent aux suites de l’affaire Dreyfus [*]. Difficile de ne pas y voir un clin d’œil ironique de l’histoire, d’autant qu’à l’instar d’un certain président de la République française, qui ne faisait pas mystère de son admiration pour un certain journaliste en poste à Jérusalem, l’auteur de l’article du "New York Times", penche visiblement pour le nobliau antidreyfusard, Esterhazy [**]. Mon informateur ajoute à son envoi ce commentaire laconique, mais qui en dit long sur ce qu’il pense de l’analogie qui se dégage de ce texte : "La "victime", Esterhazy, est morte dans son lit, sans avoir jamais été condamnée !" (Menahem Macina).

[*] Sur cette célèbre affaire, voir, entre autres, le bref dossier de Wikipedia.

[**] Sur Esterhazy, voir la notice de Wikipedia, qui précise, entre autres que le véritable coupable en cette affaire fut, entre 1903 à 1906, le correspondant en Angleterre du journal antidreyfusiste La Libre Parole.

 

 

14/12/07

 

Original anglais "More against Dreyfus".

 

Traduction française : Menahem Macina *

 

* J’ai respecté scrupuleusement la présentation, les enrichissements typographiques et la mise en page de l’original.

 

 

Une pièce de plus à l’encontre de Dreyfus

 

Le Comte Esterhazy affirme être victime d’un complot,

et demande une enquête.

 

--------------------

 

IL A DES PIECES COMPROMETTANTES

 

L’ex-capitaine reconnu coupable sur base de documents mis en possession d’Esterhazy
La famille de Dreyfus doit prouver ses accusations.

 

 

Paris 16 novembre [1897]

 

Le Comte Esterhazy, qui répond, dit-on, à la description d’ « un officier riche et titré, bien connu dans la société parisienne », et qui a été contraint de démissionner de sa fonciton dans l’armée en conséquence de fuites incessantes de secrets militaires, depuis la déportation du capitaine Dreyfus, a écrit une lettre au général Billot, ministre de la Guerre, à propos de la prétendue « accusation infamante ». Il exige une enquête et affirme qu’il est prêt à répondre à toutes les accusations qui peuvent être portées à son encontre.

 

Dans une interview, le Comte Esterhazy déclare qu’il est victime d’un complot. Il ajoute qu’il y a un mois, il a reçu une lettre anonyme l’avertissant qu’un ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Guerre formulait des accusations à son encontre. Le Comte a immédiatement informé le Ministre de la Guerre de ces événements, lui demandant instamment d’enquêter sur cette affaire. Il y a une semaine, une dame lui a remis des documents, tirés des papiers de Dreyfus, dont la teneur est extrêmement grave, et qui, selon le Comte, compromettent Dreyfus au point que leur publication produira une énorme sensation.

 

Poursuivant son propos, le Comte Esterhazy a affirmé avoir remis ces documents au général Saussier, Gouverneur militaire de Paris, mais avoir pris, au préalable, la précaution de les photographier, pour être en mesure de se défendre.

 

Répondant à des questions à la Chambre des Députés, cet après-midi, le général Billot, Ministre de la Guerre, a dit à M. Scheurer-Kestner, l’un des vice-présidents du Sénat, qui avait fait de l’agitation pour que l’on réexamine le cas d’Alfred Dreyfus, que l’ancien capitaine français d’artillerie, qui purge une peine d’emprisonnement à vie, après avoir été jugé coupable par une Cour martiale de vente d’importants plans militaires aux agents d’un Gouvernement étranger, n’avait pas cru utile de se pourvoir en justice dans cette affaire ; mais le Ministre a ajouté que la famille Dreyfus ayant émis des accusations à l’encontre d’un officier, le Département de la Guerre avait l’intention de leur demander de prouver leurs accusations. Et le Ministre de la Guerre de poursuivre :

 

« En tant que gardien de l’honneur de l’armée, je ne faillirai pas à mon devoir ».

 

Le nom complet du Comte est Ferdinand Walsin Esterhazy. Il était auparavant commandant dans l’infanterie française. Au début de cette année il a été placé en demi-solde en raison d’infirmités temporaires. Il est apparenté à la célèbre famille hongroise des Esterhazy, mais en entrant dans l’armée, en 1879, il en est devenu membre en tant que Français. Il a appartenu, un temps, à la Légion Etrangère.

 

© The New York Times

 

 

[Texte original anglais aimablement signalé par le Dr Giora Hod, Israël.]

 

 

Mis en ligne le 14 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org