11 novembre 2007
Sur le blogue de l’auteur.
Au moment où, comme l’indique L’Express (merci à Philippe Karsenty), nous attendons que la Justice visionne les rushes de France 2, ce 14 novembre, (nous ne savons pas encore s’il s’agira de l’intégralité des 27 minutes, ou d’une sélection quelconque), il est important, et même essentiel, de croiser les images captées par Talal Abu Rahma avec les mots de Charles Enderlin. Or, des amis lecteurs m’ont fait savoir qu’ils n’avaient pas pu mesurer l’énormité de l’exclamation de Charles Enderlin :
« Quant au moment où le gamin reçoit les balles, il n’a même pas été filmé »,
que j’ai récemment citée dans un de mes éditos, parce qu’ils n’avaient pu accéder au site sur lequel elle était lisible. J’ai fait des recherches et, grâce à un de ses opérateurs - que je remercie très sincèrement -, je suis à présent en mesure de donner l’adresse du site avec toute garantie d’accès. Il s’agit de Histoire-Geo de l’Académie d’Aix-en-Provence.
L’exclamation d’Enderlin qui fait suite à celle de P.H. Arnstam, alors chargé de la rédaction du journal de France 2, est citée dans un document destiné à être utilisé dans le cadre d’un travail sur le thème des médias, en classes de 4ème et de 3ème, présenté, par ce site pédagogique. On peut y lire :
« D’un coté, la mort en direct d’un enfant palestinien. De l’autre, le lynchage -toujours en direct- de deux soldats israéliens, jetés par la fenêtre d’un commissariat. Ces images- choc sont devenues les emblèmes de la haine fratricide, du conflit sanglant opposant Israéliens et Palestiniens. C’est France 2 qui, la première, a diffusé les images du drame de Netzarim... Filmée le 30 septembre par un cameraman de la chaîne, Talal Abou Rahma, la séquence est passée, le soir même, au journal de 20 h, suscitant l’émotion, la colère et parfois l’indignation des télespectateurs. Certains ont dénoncé un journalisme "partisan", beaucoup se sont sentis choqués, dépassés par la violence de la scène (...)
"Si l’image de ce petit garçon palestinien n’avait pas été figée, en étant reproduite dans la presse écrite, elle n’aurait pas eu le même impact. C’est l’arrêt sur l’image montrant ce gamin hurlant qui en a démultiplié l’effet" (P.H Arnstam, chargé de la rédaction) (...)
Conscient de l’impact qu’allait avoir un tel reportage, Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem, avait pris des précautions, notamment au montage.
"J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était trop insupportable... Quand au moment où le gamin reçoit les balles, il n’a même pas été filmé (...)
D’ailleurs ce que montre la télévision ne représente qu’une infime partie de ce qui se passe réellement...". Selon lui, parler de guerre des images est un faux problème : " Sur le terrain, nous montrons la réalité comme elle arrive, un point c’est tout. Si les images sont violentes, c’est parce que la réalité est violente. Après, si les gens refusent de voir cette réalité, ils n’ont qu’à éteindre leur poste. Le journal télévisé n’est pas un dessin animé.".
Les lecteurs apprécieront. À présent, let’s go to the rushes !
© Gérard Huber
Mis en ligne le 25 novembre 2007, par M.