17 novembre 2007
Sur le blogue de l’auteur.
Il suffit de lire la dépêche de l’AFP (http://afp.google.com/article/ALeqM5gWP4c4mclBBZEw-RjHn0nfWliHmw au sujet de l’audience de la Cour d’appel de Paris, le 14 novembre 2007, pour se rendre compte que, s’agissant du dévoilement de la vérité, rien ne sera plus comme avant. Le fait même que, pendant le visionnage des rushes de France 2, voulu par le Tribunal au titre d’un complément d’information, la chaîne nationale n’ait présenté que 18 minutes sur les 27 que comprenait le tournage initial (comme l’a affirmé, sous serment, le caméraman Abou Rahma, et le fait que chacun ait pu voir l’enfant relever un bras après qu’il soit censé avoir été tué, introduisent un doute magistral sur la version officielle de l’événement filmé.
Rappel des explications d’Enderlin
J’ai rappelé, dans un éditorial précédent, que, s’agissant des images du petit Mohammed, Enderlin avait lui-même reconnu avoir « retiré quelques images au montage, la séquence étant trop longue », mais en affirmant deux choses contradictoires : d’une part, ces images montraient l’agonie de l’enfant - au nom de l’éthique, il n’avait donc pas voulu les montrer aux téléspectateurs ; d’autre part, c’étaient des images sans trace du moment précis du soi-disant assassinat, car, « le moment où le gamin reçoit des balles n’a pas été filmé ».
Commentaire
Allez comprendre ! Le caméraman aurait été en train de filmer une autre scène au moment de l’impact des balles sur le gamin (à moins que sa caméra n’ait eu une panne de batterie). Puis, se rendant compte que cet impact avait eu lieu, il aurait pu, une fraction de seconde après, filmer l’agonie de l’enfant ! Super caméraman, en effet ! Sans compter qu’il a crié « l’enfant est mort », « l’enfant est mort », douze secondes avant que celui-ci apparaisse effondré à l’image.
Questions à
Je peux comprendre que, le 30 septembre 2000, en fin d’après-midi, la direction de la rédaction de France 2, forte de sa confiance en son correspondant permanent à Jérusalem, ne se soit pas posé de question, d’autant que, dès le lendemain, l’armée israélienne reconnaissait qu’elle était responsable de la mort de l’enfant. Mais lorsque, peu après, c’est-à-dire au moment d’expliquer les faits aux enquêteurs que le Commandant-Sud de l’armée israélienne, Yom Tov Samya, avait réunis pour comprendre ce qui s’était passé, Enderlin lui-même s’est mis à anticiper toute une série d’objections, qu’au demeurant, personne ne lui faisait, elle aurait pu commencer à vouloir en savoir plus.
Et dans les jours qui suivirent, pourquoi n’a-t-elle pas relevé toutes les contradictions entre les informations, qui provenaient non seulement d’Abu Rahma et d’Enderlin, mais aussi de l’Autorité palestinienne, de l’armée israélienne, du père, de l’oncle et de la mère de l’enfant, comme je le montre dans Contre-expertise d’une mise en scène ? N’a-t-elle pas vu qu’il n’existait aucune version cohérente et limpide des faits ?
Apparemment si, puisqu’elle s’est lancée dans une première enquête interne. Mais, lorsqu’Abu Rahma a, dans un fax adressé à la rédaction de France 2, le 30 septembre 2002, démenti l’essentiel de son témoignage sous serment, il n’y a eu personne pour juger bon de rassembler les éléments épars et de s’asseoir tranquillement devant son bureau, pour écrire quelques mots du genre : y’a quelque chose qui cloche là-dedans !
Conclusion
Aujourd’hui, il est établi que les mises en scène palestiniennes ont été nombreuses, le 30 septembre 2000, à Netzarim, que les quelques balles qui, dans le film, s’écrasent sur le mur ne peuvent provenir de la position des soldats israéliens, et que des images de l’enfant qui bouge ont été retirées du reportage où il est dit qu’il est mort.
© Gérard Huber
Mis en ligne le 25 novembre 2007, par M.