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18/11/07
Texte repris du site Resilience TV.
Quelle que soit l’issue du procès concernant l’affaire Al-Dura, une chose est sûre : personne ne peut dire que les soldats israéliens, stationnés dans un bunker près du carrefour de Netzarim, ont tué un enfant et blessé son père, en septembre 2000.
Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2 depuis 2004, l’a dit très clairement. Au moins 2 fois, à ma connaissance. Une fois sur les ondes de Radio J, lors d’une interview réalisée par le journaliste et directeur de l’Information, Michel Zerbib. Une seconde, lors d’une conférence de presse organisée par France 2, en réponse aux accusations de « mise en scène » de la mort de l’enfant, reprises ici ou là.
Lors de cette conférence de presse, des documents avaient été remis à la presse, dont une photo de l’enfant mort, prise à l’hôpital de Gaza. Il y avait eu la projection, filmée par France 2, d’une interview du père de Mohamed Al-Dura, montrant ses blessures. Et Arlette Chabot, accompagnée de personnels de France 2 avait répondu aux questions posées.
La première question posée – par moi-même - concernait le commentaire du correspondant de France 2, affirmant que des soldats israéliens avaient causé la mort de l’enfant par des tirs. Question reprise et précisée par le cinéaste Pierre Rehov, également présent – http://www.pierrerehov.com/ - qui soulignait que ces images terribles, accompagnées d’accusations très graves portées sans preuves, données gratuitement par France 2 à toute chaîne en faisant la demande, avaient suscité une vague d’antisémitisme sans précédent. D’autant que certaines chaînes avaient "agrémenté" les images en y incluant des images de soldats israéliens [en fait, UN soldat. Note d’upjf.org] visant et tirant. Montages éhontés, réalisés de telle façon qu’on y faisait croire qu’ils tiraient sur Mohamed Al-Dura. Manipulations qui eurent un effet épouvantable sur des populations qui n’étaient pas averties du trucage, et suscitèrent une haine accrue envers Israël et les Juifs.

Affiche de propagande du Hezbollah, Liban, 2000.
Légende : "Mon fils, de ton sang, le soleil se lève". Photo ajoutée par upjf.org.
Arlette Chabot expliqua que ce n’était pas là le sujet de la conférence de presse, mais qu’elle répondrait néanmoins. Et elle dit qu’en effet, nul ne pouvait attribuer aux soldats israéliens les tirs qui avaient tué cet enfant.
Il semble que très peu de journalistes présents reprirent cette déclaration, pourtant capitale. En effet, cette affaire avait été prise comme symbole et preuve d’une soi-disant barbarie israélienne, des soldats s’étant soi-disant acharnés contre un enfant. Cette scène, en photo ou en dessin, a été très largement utilisée de par le monde.
On l’a retrouvée partout. Y compris, par exemple, sur des pans de mur dans le Haut Atlas [1]. Nombre d’écoliers arabes ont gardé précieusement la photo, prise d’écran, de l’enfant affolé se cachant derrière son père. Et l’Autorité Palestinienne a utilisé cet événement, totalement faussé par son commentaire, dans son système éducatif. Par le biais de pièces de théâtre notamment.

Photo ajoutée par upjf.org
Quant au cameraman palestinien, il a été récompensé par des prix pour ce reportage au commentaire faux.
L’un des intérêts de la procédure actuelle est que l’on entend reprendre aujourd’hui cette vérité incontournable. Qui devrait être reprise cette fois, on l’espère. L’autre question étant, dès lors, de savoir comment un journaliste ayant affirmé, sans preuves, quelque chose de totalement faux, ayant eu des conséquences aussi graves, a pu rester à son poste.
Car le commentaire du correspondant de France 2 avait été fait sur la base des déclarations de son cameraman palestinien - puisqu’il est de notoriété publique qu’il [Enderlin. Note d’upjf.org] n’était pas sur place lui-même -, puis plaqué sur le film. Mais, à l’époque, dès octobre 2000, des voix s’étaient déjà élevées pour dire qu’un tel commentaire était impossible et diffamatoire.
Il y avait eu le communiqué de l’amiral Darmon, Président de France-Israël, qui fournissait le croquis des nombreux points de tirs palestiniens, l’emplacement du bunker israélien, la position du tonneau derrière lequel le père et l’enfant s’étaient abrités. Position qui rendait très improbable qu’une balle israélienne ait pu « contourner » ce tonneau, alors que ces deux personnes pouvaient très facilement être touchées par les tirs palestiniens.
Il y avait eu l’article, publié dans Israël Magazine, que j’avais écrit après avoir vu les photos aériennes fournies par l’armée israélienne, montrant toutes ces positions respectives.
Et il y a eu la plainte déposée par le cinéaste Pierre Rehov, qui avait réuni tout un dossier [2] démontrant que les accusations du correspondant de France 2 étaient totalement infondées. Plainte qui avait été rejetée en un temps record.
Et enfin, il y a eu le documentaire d’Esther Shapira, journaliste allemande, réalisé pour la télévision allemande, montré dans des pays comme la Belgique, mais pas en France. Pierre Rehov, qui avait beaucoup enquêté sur le sujet dès la fin 2000, a travaillé avec Esther Shapira sur son film « Qui a tué Mohamed Al-Dura ? » disponible, entre autres à la FNAC. Ou sur le site alapage.com.
Plus tard, d’autres ont parlé de l’affaire, avec, cette fois, une nuance, puisque la réalité de la mort de l’enfant était mise en doute, France 2 ayant réalisé, selon eux, une « mise en scène. » A l’instar des mises en scène, dont on sait qu’elles ont été tournées par des cinéastes, ou photographes palestiniens. On se souvient, pour ne prendre qu’un exemple, de cet enterrement dans lequel on voit le "mort" et "martyr" palestinien - tué pour Allah - tomber du brancard sur lequel il est transporté, et y remonter prestement avant de retomber et de s’enfuir, en courant à toutes jambes..
C’est dans ce cadre que France 2 avait organisé la conférence de presse, évoquée plus haut. Arlette Chabot avait prévenu, à cette occasion, que toute accusation de trucage ou de mise en scène serait poursuivie. Et il y a eu plusieurs cas de poursuites judiciaires, dont le procès intenté à Philippe Karsenty, et à Media-Ratings qui avait publié ses propos.
Celui-ci a fait appel de sa condamnation en première instance, et c’est dans le cadre de cet appel que le Tribunal a exigé que France 2 remette les autres images tournées par le cameraman palestinien, avant et après la scène diffusée sur France 2. Ce que la chaîne s’était toujours refusée à faire.
La cour a donc visionné, le 14 novembre, les images tournées par le cameraman palestinien de France 2. Images vues publiquement pour la première fois. Le jugement sera rendu fin février.
Très peu de monde a pu entrer dans la salle. Et ces images n’ont donc été vues que par un petit nombre. Selon les commentaires, la totalité des images tournées n’a pas été montrée, le correspondant de France 2 ayant expliqué qu’une partie des images, sans rapport avec l’affaire, n’ont pas été fournies. Il manquerait, selon les versions, un minimum de 3 minutes, 10, selon d’autres. Quoi qu’il en soit, cette décision de ne pas montrer la totalité des images tournées, si elle était bien avérée, est troublante. Sans pour autant prouver qu’il y a eu mise en scène, semble-t-il.
Autre élément troublant, selon ce qui a été rapporté par ceux qui ont visionné ces images : alors que le correspondant de France 2 a écrit, par ailleurs, qu’il avait coupé la fin de ce qui avait été tourné pour la séquence présentée sur France 2, dans le but de ne pas montrer l’agonie insupportable de l’enfant, il s’avère que, sur ce qui a été produit au tribunal, il n’y a aucune scène d’agonie insupportable. Mais, toujours selon ceux qui ont vu ces images, on verrait l’enfant lever le bras et regarder la caméra.

Photo ajoutée par upjf.org. Cette prise 6 a été isolée et diffusée sur différents sites.
Pour la visionner, cliquer : "Al-Dura : La séquence coupée au montage".
Sans avoir vu les images, il est impossible de dire si cela a été fait avec allant, ou s’il s’agit de gestes ébauchés, de soubresauts ultimes. Et sans être médecin légiste, il est impossible de dire si ces images prouvent qu’il s’est agi d’une scène jouée [3].
Á moins que l’enfant [ait fait] ces gestes d’une manière telle, que cela montre qu’il est bien vivant. Et que le reste n’aurait donc été que «du cinéma ». Lorsqu’on revoit la scène montrée par France 2 sur les écrans de télévision, l’enfant semble vraiment terrorisé. et il est difficile de croire que cela ait été de la comédie. Ou alors, quel acteur ! Ou il faut croire qu’il n’aurait pas été au courant et aurait vraiment été terrorisé par les tirs – il y a bien des impacts sur le mur derrière lui. Alors, seul son père aurait été de mèche?
Mais tout cela n’est que supposition de ma part. Et, pour l’heure, ce qui reste capital et reconnu par Arlette Chabot, c’est que prétendre que l’enfant a été tué par des tirs de soldats israéliens est totalement mensonger, et a donc été très dommageable et a eu des conséquences épouvantables dans le domaine de l’incitation à la haine d’Israël et des Juifs. [Et ce] dans le monde entier, compte tenu de la générosité de France 2, qui a [fait en sorte] que ces images et leur commentaire infondé et faux soient diffusées partout.
On rapporte aussi que le juge va revisionner ces images. Ce qui paraît impératif et aller de soi. Et on aura ses conclusions fin février 2008.
Hélène Keller
© Resilience TV
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Notes d’upjf.org
[1] Le site de l’
[2] Rapport intitulé La mort du petit Mohammed et la salissure programmée d’Israël (Complicité de FRANCE 2 ou naïveté partisane ?), consultable sur debriefing.
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Mis en ligne le 22 novembre 2007, par M.