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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

Al-Dura: Des hauts fonctionnaires de l’Etat d’Israël divisés à propos des rushes, H. Rettig
05/11/2007

Philippe Karsenty, qui nous signale cet article, y joint une photo, jusqu’ici inédite, sauf erreur, que nous reproduisons dans le corps du texte ci-après. Il l’accompagne du texte suivant : «Voici un autre bon article (malgré quelques inexactitudes) qui a été publié vendredi dernier, concernant l’affaire al-Dura. Vous y découvrirez, malheureusement, que nous avons, parmi nous, des ennemis qui nous empêchent d’atteindre notre but – à savoir, que la vérité soit révélée. Notez l’attitude très courageuse de Richard Prasquier, président du CRIF. Et si d’autres vous disent que nous devrions oublier al-Dura, que "ce n’est pas important", envoyez-leur simplement le lien [à la photo qui illustre le texte qui suit]; ils pourront constater que même dans un pays comme le Mali (en Afrique noire), Mohammed al-Dura est le nom de la principale place de la capitale, Bamako. Regardez cette photo, elle est révoltante.» (Menahem Macina)

1er novembre 2007

 

The Jerusalem Post

 

Texte original anglais : "Officials divided on al-Dura footage".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

Place Mohammed Al Doura, à Bamako, capitale du Mali. Cette place est l’équivalent de celle de la Concorde à Paris
Cliché Media Ratings

 

La présentation prochaine, devant un tribunal français, des séquences brutes prises le jour du mitraillage de Mohammed al-Dura (30 septembre 2000), met en relief, de manière tranchée, les deux positions à propos de l’affaire.

Derrière Philippe Karsenty, poursuivi pour diffamation par la chaîne de télévision France 2 qui a réalisé les prises de vue, se rangent des fonctionnaires du gouvernement, tels le directeur du bureau de Presse du gouvernement israélien, Danny Seaman, des officiers supérieurs de Tsahal, et de nombreux Juifs français. Dans le camp opposé, figurent, entre autres, l’ambassadeur d’Israël à Paris, des représentants d’organisations juives, et quelques hauts fonctionnaires israéliens, qui croient que l’affaire cause un tort inutile à la réputation d’Israël.

L’image de Mohammed al-Dura, l’enfant [palestinien] de 12 ans, abattu – par des soldats israéliens, prétend-on -, durant un échange de tirs au carrefour de Netzarim, au début de l’éclatement de la seconde Intifada, est devenue un symbole du sentiment anti-israélien dans tout le monde musulman et même en Europe. Depuis des timbres tunisiens montrant l’enfant sous les balles, jusqu’aux places publiques et monuments portant son nom, dans les grandes villes de tout le monde musulman, la mort de al-Dura est rapidement devenue un puissant symbole de la condition de victimes des Palestiniens.

Cependant, beaucoup de questions sont restées sans réponse jusqu’à ce jour – depuis le faible nombre d’impacts de balles, dans le mur qui se trouvait derrière Mohammed et son père Jamal (alors que le caméraman, Talal Abou-Rahma, parlait de 45 minutes de tirs ininterrompus de Tsahal, visant le père et l’enfant), jusqu’à l’aveu embarrassé de Abou Rahma, au cours d’une interview de la télévision allemande, à propos des balles, qui n’ont jamais été récupérées :

« Nous avons certains secrets que nous nous réservons » [1].

Selon Richard Prasquier, président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF),

« La version qui a été acceptée et montrée – et selon laquelle [le chef du Bureau de presse de France 2 en Israël, Charles] Enderlin dit que les Israéliens ont tiré et que l’enfant est mort – a tué des gens. Elle a favorisé la haine envers Israël et a joué un grand rôle dans la réaction négative de l’Intifada. Ces images ne sont pas n’importe quelles images. Elles sont [importantes] à cause de la réaction qu’elles ont provoquée. »

Un partisan israélien du combat judiciaire de Karsenty, lancé après qu’il ait publiquement demandé la démission d’Enderlin, l’accusant de présenter une vidéo mise en scène d’un événement mis en scène, affirme :

« Le problème n’est pas près de disparaître, même si beaucoup, au gouvernement, voudraient que ce soit le cas. »

Contrairement à certaines théories du complot, Karsenty n’a pas prétendu que l’enfant était encore vivant, mais il maintient que des images de tirs et de blessures ont été mises en scène, ce jour-là, au carrefour de Netzarim. Karsenty a affirmé que les soldats en poste à Netzarim n’ont pas abattu al-Dura, mais que les tirs provenaient d’hommes armés palestiniens qui essayaient délibérément d’accréditer l’image d’Israéliens en train de tuer des enfants palestiniens.

A part la portion de 3 minutes [2] éditée en 2000, France 2 a refusé, durant 7 ans, de publier les rushes, en prétextant soit qu’ils étaient hors de propos, soit que la vue des affres de l’agonie de l’enfant serait trop pénible pour le public. La chaîne présentera les 27 minutes de rushes au tribunal, le 14 novembre, les rendant publiques pour la première fois, à la demande expresse du juge qui préside l’audience d’appel.

Sollicité pour commentaires, Enderlin a précisé :

« Aucun fonctionnaire [israélien] en titre ne nous a demandé de participer à une enquête officielle conforme aux normes internationales. La première lettre de Tsahal, je l’ai reçue, six ans plus tard, en septembre [du bureau du Porte-parole adjoint de Tsahal, le colonel Shlomi Am-Shalom]. Je suis disposé à fournir [les rushes] au chef adjoint de l’Etat-major, mais nous ne voulons pas donner des vidéos à quelqu’un qui veut aider quelqu’un qui est en jugement pour diffamation. »

Et Enderlin d’ajouter qu’il est convaincu que France 2 gagnera le procès.

« Il n’y a pas de mise en scène. Les prises de vues n’ont pas été mises en scène. Il y a des témoins, depuis 2002, qui disent que Karsenty et d’autres projetaient une campagne [à propos des rushes de al-Dura]. Je suis prêt à passer un test au polygraphe, et Talal Abu Rahma également. Mais je veux que les soldats [qui étaient au barrage routier] fassent de même, et où est le rapport d’un officier de Tsahal sur l’incident ? »

La demande d’une enquête globale est reprise par les deux parties opposées. Selon Prasquier,

« il faut procéder à une très sévère investigation. Je ne veux accuser personne, mais je pense qu’on a caché des choses, et qu’elles doivent être montrées au public. Des gens ont vu les [rushes non abrégés], et ils ont été extrêmement surpris. »

Alors que le gouvernement israélien n’a pas encore pris officiellement position sur le cas de Karsenty, ou sur l’authenticité des rushes de France 2, différentes personnalités officielles ont fait des déclarations divergentes aux médias et à huis clos. Tandis que Seaman, au Bureau de presse gouvernemental, et d’autres, au ministère des Affaires étrangères, à l’armée et ailleurs, ont exprimé des doutes quant à la version des événements, donnée par France 2, l’ambassadeur israélien à Paris, Danny Sheck, et d’autres officiels ont fustigé Karsenty pour avoir relancé l’affaire.

Un fonctionnaire israélien a dit que le gouvernement avait été trop négligent :

« Le Premier ministre ne connaît pas les détails [de l’affaire], et on ne les lui a pas exposés. La Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset doit examiner la chose et découvrir pourquoi la bureaucratie du gouvernement n’a pas discuté de la position [à prendre]. »

Ce fonctionnaire, qui soutient Karsenty, accuse les membres du gouvernement de ne pas s’acquitter de leur devoir envers le pays, et déclare :

« Charles Enderlin a diffamé Israël, et ces gens, qui sont payés par les contribuables israéliens pour défendre le pays, ne le font pas. »

 

Haviv Rettig

 

© The Jerusalem Post

 

Mis en ligne le 5 novembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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Notes du traducteur

 

[1] La phrase originale de Abu Rahma est émise en anglais, dans le reportage : « We have some secrets for ourselves ».

[2] En fait elle dure moins d’une minute, si l’auteur de l’article et moi parlons bien du même document.

 

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Mis en ligne le 5 novembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org