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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

Pour O. Mazerolle, Le film d’Esther Shapira ne permet pas une autre lecture de l’affaire Al-Dura (PO
01/11/2007

"Olivier Mazerolle, directeur de l’information de France 2 : « Si j’avais trouvé, dans le film d’Esther Shapira, un élément concret de nature à apporter une autre lecture de l’affaire Al-Dura, je l’aurais évidemment passé »" (POI). Cet article est d’octobre 2002. On ne s’en étonnera pas sachant que nous mettons en ligne ici tous les documents relatifs à cette affaire, quelle qu’en soit la nature, l’orientation et la date de publication. (Menahem Macina).

2 octobre 2002

 

Par Proche-orient.info


Alors que se prépare la manifestation devant France2 pour protester contre la désinformation [*], Olivier Mazerolle analyse quelques unes des difficultés du traitement journalistique du conflit israélo-palestinien.

« À propos de la polémique autour du film de Esther Shapira sur la mort du petit Mohamed Al-Dura, je voudrais dire que France 2 ne le diffuse pas, tout simplement parce qu’il n’apporte rien de nouveau. Je l’ai bien sûr moi-même visionné. Si j’y avais trouvé un élément concret de nature à apporter une autre lecture de cette affaire, je l’aurais évidemment passé. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard : les télévisions européennes et américaines ne l’ont pas mis à leur programme. Si ce film avait représenté une avancée, les chaînes new-yorkaises en particulier, puisque New York est la plus grande ville juive du monde, s’en seraient aussitôt saisies.

Mais à part ce film, et puisqu’il y a aujourd’hui une manifestation devant France 2 nous accusant de désinformation, j’aimerais souligner à quel point ce sujet israélo-palestinien, ne serait-ce même qu’au niveau de la terminologie, est difficile à exprimer et à traiter. Je trouve absolument normal, moralement et sémantiquement, de qualifier, par exemple, de terroristes palestiniens ceux qui portent la mort en terre d’Israël. Dès qu’il s’agit des mêmes dans les Territoires, en revanche, comment les nommer puisque, dans le cadre de la lutte nationaliste palestinienne, ils sont considérés comme des libérateurs par les leurs ? Devons-nous, là aussi, les qualifier de terroristes ? C’est une des multiples questions auxquelles nous avons à répondre.

D’autant que cette problématique du vocabulaire est amplifiée en France par rapport à la communauté juive, parce que notre pays ne s’est pas mis au clair après la guerre. J’en veux pour preuve la libération de Papon. Ou le fait qu’on ait du mal à qualifier l’attaque d’une synagogue. On se pose des questions. Or, pour moi, une attaque contre ce lieu emblématique, symbolique à la fois d’une croyance, d’une religion, d’une partie de la communauté nationale, s’appelle tout simplement un acte antisémite. Par ailleurs, il n’est pas possible de prêter entièrement l’oreille à ceux qui endossent la politique du gouvernement israélien, et qui voudraient que, dans notre travail de journalistes, nous en fassions autant. Alors, ils manifestent. Les musulmans en France, eux, ne manifestent pas devant nos portes. Mais qui pourrait prétendre savoir exactement pourquoi, ce qui se cache derrière cette absence, ce qui se passe réellement dans les esprits, dans les banlieues ? J’avoue que, parfois, je me sens désarmé devant tant de passions. »

Copyright proche-orient.info.

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Note de la Rédaction de debriefing

[1] A propos de cette manifestation, voir, entre autres : "France 2 et Enderlin : prix de la désinformation" ; "La Ména se fâche… pour rien. On lui répond… pour quelque chose" ; "Manifestation contre la désinformation: les pour" ; "Manifestation contre la désinformation: les contre" ; "Une manifestation calme... Prix de la désinformation".

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Mis en ligne le 1er novembre 2007, par M. Macina, sur le site debriefing.org