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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

Condamnation de Media-Ratings : peut-on encore faire confiance à la justice française ?
30/09/2007

Texte mis en ligne, le 26 octobre 2006, sur le site de Media Ratings.

 

Media-Ratings a été condamné le jeudi 19 octobre 2006 pour diffamation publique envers France 2 et Charles Enderlin, jugement rendu par la 17ème chambre du tribunal de Grande Instance de Paris.

Nous avons fait appel de ce jugement car nous maintenons nos affirmations contenues dans l’article incriminé :

France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement

Afin que vous puissiez découvrir certaines images qui, selon nous, décrédibilisent la version de France 2, nous vous invitons à regarder attentivement ce film de 14 minutes, en français, qui a été réalisé par le professeur Richard Landes en cliquant ici.

Vous y verrez certaines preuves qui ont été soumises au tribunal.

Dans les semaines qui viennent, nous révèleront d’autres pièces qui ont été transmises à la justice.

La couverture médiatique française du jugement a été plus importante que le procès lui-même, traité en presse écrite par le seul Figaro du 16 septembre 2006.

Découvrez la revue de presse du jugement en cliquant ici.

 

Le jugement du 19 octobre 2006

 

Le jugement, qui a été rendu par le Tribunal le 19 octobre dernier, a étonné les nombreuses personnes qui ont assisté au procès du 14 septembre 2006.

Rappelons pour mémoire que le Procureur de la République avait réclamé notre relaxe. Elle considérait que les preuves apportées étaient « relativement convaincantes » au terme d’une enquête « ni bâclée ni partiale ».

Pourtant, le tribunal en a jugé autrement et nous a condamnée à 1 000 € d’amende, 3 000 € au titre des frais de justice, et à 1 € de dommages et intérêts pour diffamation publique à l’encontre de France 2 et Charles Enderlin.

Le jugement (si vous êtes avocat, vous pouvez l’obtenir en cliquant ici : Jugement@M-R.fr) se résume à deux idées fortes :

1. Nous ne nous serions basés que sur une seule source ; ce qui n’est pas vrai puisque de nombreuses pièces, prochainement en ligne, prouvent le contraire.

2. Le gouvernement israélien ne nous a jamais accordé de soutien ; ce qui est vrai.

 

Les deux points forts du jugement

 

1. La prétendue unicité de nos sources

Contrairement à ce qu’affirme le jugement, nous avons utilisé de nombreuses sources d’information et témoignages pour exercer notre défense et valider nos propos.

La MENA est l’une des multiples sources que nous avons employées dans ce procès. Nous y avons partiellement diffusé leur film, mais nous n’avons pas fait directement intervenir la MENA dans les débats.

Nous avons fait citer quatre témoins différents qui ont tous, à des degrés divers, soutenu notre décryptage des images.

Nous avons par ailleurs apporté des témoignages écrits (médecin, sociologue des médias) qui invalidaient la thèse de France 2.

Enfin, nous avons utilisé de nombreuses images de France 2 pour appuyer notre démonstration… Mais peut-être que cette source n’est pas crédible pour le Tribunal ?

Face à ces éléments de preuve, France 2 n’a apporté aucun témoignage sérieux et indépendant sur les faits qui se seraient produits le 30 septembre 2000. Précisons aussi que l’avocat de France 2 a refusé d’interroger Philippe Karsenty, ou les témoins cités à l’audience.

La seule source de la chaîne pour accréditer sa version des faits est le caméraman palestinien qui a filmé les images. Rappelons qu’il a déjà été pris en flagrant délit de mensonge dans cette affaire. Pourtant, le jugement ne fait pas état de ses tromperies et contradictions.

Les autres sources ou témoignages de France 2 sont des affirmations de proches de Charles Enderlin, ou de son caméraman. Ils affirment notamment qu’ils sont prêts à témoigner en justice « que lorsqu’ils sont pris entre deux feux, la meilleure manière de rester en vie est de se coucher au sol » (Vincent Hugeux, de L’Express et Patrice Claude, du Monde). De notre côté, nous sommes prêts à témoigner en justice que lorsqu’il pleut, il faut ouvrir son parapluie pour ne pas être mouillé…

D’autres témoignages apportés par France 2 ont été validés par le Tribunal alors que le formalisme exigeait de les rejeter. En effet, ces pseudo-témoignages ne sont que des interviews menées par le caméraman de France 2 (qui est à l’origine des images diffusées), dans lesquelles d’autres professionnels de l’image palestiniens affirment, entre autres, que, ce jour là, les Israéliens tiraient des missiles avec des hélicoptères et des avions sur la scène du « crime ». Cette information n’a été confirmée par aucune autre source crédible. Par ailleurs, lorsqu’il a été demandé à ces journalistes de montrer leurs images, tous ont affirmé qu’il n’avait pas eu de chance ce jour-là… Tous leurs films ont été brûlés… Pourtant, le tribunal n’a émis aucune réserve sur ces témoignages « étranges » et sur leur malchance…

Ajoutons que ces témoignages sont tous signés de la main du caméraman de France 2, Talal Abou Rahma. Ce qui devrait les rendre non valides pour la justice française.

Pour ce qui concerne les sources disponibles, France 2 affirme détenir un film de 27 minutes (tourné par Talal Abou Rahma sur la scène du « crime ») qui confirmerait les propos de son caméraman et ceux de Charles Enderlin.

Pourtant, ces images n’ont pas été présentées au tribunal.

Le Président Boyer s’en est ému lors de l’audience, mais il n’y a plus fait référence dans son jugement.

 

2. L’absence de soutien du gouvernement israélien

Il est parfaitement exact que nous n’avons jamais reçu de soutien des autorités officielles israéliennes. Nous pourrions nous en prévaloir pour montrer notre indépendance. Le tribunal ne l’a pas entendu ainsi.

Tout au long de notre enquête, nous avons eu des contacts, parfois à haut niveau, avec les autorités israéliennes. Notre unique souhait était qu’elles demandent à France 2 de leur communiquer les 27 minutes de rushes que la chaîne a refusé de présenter au tribunal.

Nos démarches n’ont jamais abouti, car il semble que les autorités israéliennes ne voient pas d’un bon œil l’action de Media-Ratings dans cette affaire.

L’argument qui nous a le plus souvent été donné (par les rares officiels israéliens qui ne se muraient pas dans le silence) était que ce reportage avait été désastreux pour l’image de l’Etat d’Israël dans le monde. Et, selon certains officiels israéliens, même s’il était possible de démontrer que cette image est un faux, les dégâts médiatiques sont déjà faits.

La fonction de Media-Ratings n’est pas de travailler au service de l’image d’Israël mais de détecter les dysfonctionnements médiatiques et de les révéler au public. Notre unique mission est de rétablir la vérité de l’information. C’est ce que nous faisons depuis plus de deux ans sur de très nombreux sujets.

France 2 a pris l’initiative de nous attaquer en diffamation, c’est donc pour cela que nous avons continué à traiter régulièrement de cette affaire.

D’autres explications nous été données, du silence des autorités israéliennes.

Ainsi, quelques observateurs politiques israéliens nous ont expliqué que les fameux réseaux « Perès » (du nom de l’ancien Premier ministre, Shimon Perès) étaient à la manœuvre pour protéger leur ami « Charles ». C’est possible, mais probablement insuffisant pour expliquer le cordon sanitaire protégeant le faux reportage qui a été commenté par Charles Enderlin.

Une autre explication, plus cynique, nous est parvenue. On nous a informé que l’Etat d’Israël disposait de nombreuses preuves inédites sur la mise en scène du caméraman de France 2, mais, qu’en l’état actuel des choses, elles ne seront pas révélées.

Cherchant à en savoir plus, il nous a été expliqué qu’affaiblis par cette épée de Damoclès, Charles Enderlin et Talal Abou Rahma étaient très « utiles » aux autorités israéliennes.

Au regard de ces différentes explications possibles, nous ne savons laquelle retenir.

Cependant, il est certain que, comme le tribunal, nous nous étonnons de la passivité, pour ne pas dire plus, des officiels israéliens face à la révélation d’une imposture médiatique aux répercussions planétaires.

 

Analyse du jugement


Tout au long du jugement de 19 pages, la thèse de France 2 n’est à aucun moment remise en question, et ceci, malgré les nombreuses preuves que nous avons apportées et qui la décrédibilisent.

De plus, le faisceau de présomptions que nous avons constitué n’a pas été accepté par le Tribunal tandis que les déclarations de nos témoins étaient récusées, ou totalement ignorées, lorsqu’elles mettaient en difficulté la version de France 2. Elles étaient néanmoins parfois utilisées, lorsque certains de nos témoins soulevaient, par honnêteté intellectuelle, quelques points plus discutables de nos affirmations.


Voici certaines des informations inexactes que nous avons relevées dans le jugement, et quelques remarques que nous souhaitons porter à la connaissance du public :

·         Lors de l’audience du 14 septembre 2006, le parquet avait requis notre relaxe en affirmant que nous avions produit des « preuves relativement convaincantes » au terme d’une enquête « ni bâclée ni partiale », comme en atteste l’article du Figaro du 16 septembre. Pourtant, le Tribunal a préféré écrire que le parquet avait requis notre relaxe au motif de la « bonne foi » ; ce qui, en termes juridiques, est très différent.

·         Lorsque les médecins qui auraient examiné le corps de l’enfant ont été interrogés par France 2, ils ont affirmé qu’ils n’avaient effectué aucune autopsie. Pourtant, le Tribunal a préféré relever qu’une « autopsie complète » n’a pas été réalisée ; ce qui est très différent.

·         Le Tribunal affirme que France 2 a montré, lors de sa conférence de presse du 18 novembre 2004, les « images des blessures subies par Jamal Al Doura le 30 septembre 2000 ». Pourtant, rien ne permet au Tribunal de l’affirmer car ces blessures correspondent seulement à l’emplacement des pansements que le père portaient lorsqu’il a été filmé dans un hôpital jordanien. Or, ces blessures n’apparaissent pas dans les images de France 2. En fait, ces blessures filmées correspondraient à des blessures antérieures subies par le père de l’enfant et qui auraient été opportunément bandées. De même, nous n’accusons pas le roi de Jordanie, qui s’est rendu au chevet du père, d’avoir participé à la mascarade. Il est simplement venu montrer sa sympathie à quelqu’un qu’on lui présentait comme un blessé emblématique et qui se trouvait dans un hôpital d’Aman.

Précisons que Daniel Leconte et Denis Jeambar ont affirmé qu’« on peut constater, en tout cas, sur son corps [du père] des blessures qui correspondent exactement aux blessures et en tout cas aux pansements qu’il a le lendemain quand il est filmé dans un hôpital »

Notons aussi que dans ces images prises dans l’hôpital jordanien, le père est filmé avec un plâtre sanguinolent. Nous invitons nos lecteurs à demander à n’importe quel médecin de leur entourage si cela est crédible.

·         Le Tribunal affirme que nous accusons Charles Enderlin d’avoir « réalisé » un faux reportage. Cela n’est pas vrai puisque nous avons, de nombreuses fois, rappelé que le réalisateur de la mise en scène est Talal Abou Rahma et que Charles Enderlin n’a fait que la commenter et la diffuser sur France 2.

Cette analyse de nos propos est confirmée par cette phrase extraite de l’article incriminé : « Charles Enderlin, en l’occurrence, se trompe, et du même coup nous trompe. Pourquoi ? »

·         Le Tribunal affirme que les films que nous avons présentés sont contradictoires entre eux. Cet argument pourrait être retenu si ces films avaient été réalisés au même moment. Or, le premier film (celui de la chaîne publique allemande ARD) a été diffusé au printemps 2002, alors que seule l’origine des tirs était remise en cause. La conclusion de ce film était que les Israéliens n’avaient pas pu tuer l’enfant. Le second film, qui a été réalisé 6 mois plus tard, arrivait à la conclusion que la scène était une pure et simple mise en scène, ce qui signifiait que l’enfant n’avait pas été tué, et donc que les tirs israéliens ne l’avaient forcément pas touché.

Ces films ne sont donc ni incompatibles ni contradictoires entre eux comme l’affirme le Tribunal car ils apparaissent à des moments différents des découvertes.

·         Le Tribunal passe sous silence le témoignage essentiel du professeur Richard Landes, qui a vu les 27 minutes de rushes trois fois en compagnie de Charles Enderlin, et qui a affirmé, au procès, sous serment, que ces images étaient bien mises en scène. Pourquoi ces propos ne sont-ils ni repris ni évoqués dans le jugement ?

Le professeur Landes a aussi rapporté la conversation qu’il avait eue avec Charles Enderlin, où celui-ci reconnaissait que les « Palestiniens tournaient toujours des mises en scène ». Comment se fait-il que le jugement n’en fasse pas état ?

De même, pourquoi les propos suivants de Daniel Leconte, tenus sur France-Culture n’ont également pas été retenus : « Rien ne permet à Charles Enderlin d’affirmer que les tirs viennent de la position israélienne, ni que l’enfant est mort ».

·         Le Tribunal minimise la portée du témoignage de Francis Balle, qui n’a pas hésité à engager sa réputation pour réfuter la thèse défendue par France 2.

·         Le Tribunal affirme qu’il « était incontestablement légitime pour une agence telle que Media-Ratings - que dirige Philippe Karsenty - … d’enquêter sur les conditions dans lesquelles les images diffusées par France 2 avaient été tournées et diffusées au public. »

Pour autant, le Tribunal ne s’étonne pas que France 2 n’ait pas fourni au tribunal les 27 minutes d’images, alors que la véracité de la version de la chaîne serait, selon France 2, prouvée par ces images.

·         Le Tribunal affirme, nous concernant : « Faisant profession de décrypter l’actualité, il lui appartenait cependant, en sa qualité de professionnel de l’information, de faire preuve d’un esprit critique également aiguisé à l’égard de l’ensemble des sources auxquelles il avait accès, en ne faisant prévaloir telle thèse sur telle autre qu’en l’état d’éléments sérieux d’enquête l’autorisant à tirer des conclusions en ce sens. »

Et si nous retournions cette proposition contre Charles Enderlin en la modifiant quelque peu : « Faisant profession d’informer, il lui appartenait cependant, en sa qualité de professionnel de l’information de faire preuve d’un esprit critique également aiguisé à l’égard de l’unique source à laquelle il avait accès, en ne faisant prévaloir telle thèse sur telle autre qu’en l’état d’éléments sérieux d’enquête l’autorisant à tirer des conclusions en ce sens. »

·         Le Tribunal affirme que France 2 n’a jamais accusé formellement l’armée israélienne d’avoir tué délibérément l’enfant et blessé le père. Pourtant, le commentaire original de Charles Enderlin – « Mohamed et Jamal sont la cible de tirs venus de la position israélienne » - ainsi que la déclaration du caméraman palestinien au Centre Palestinien des Droits de l’Homme, seule source de France 2, sont claires : les soldats israéliens ont tiré pendant 45 minutes sur le père et l’enfant et ont tué ce dernier de façon intentionnelle.

·         Le Tribunal affirme que « le professionnalisme [de Talal Abou Rahma] n’a jamais été mis en cause ». Toutefois, comment ne pas s’étonner de l’évolution de ses propres témoignages qui finissent par se contredire ?

·         Le Tribunal semble reprendre [à son compte] la thèse de la balle perdue palestinienne pour expliquer la mort de Mohammed Al Doura. Il aura donc fallu beaucoup de balles perdues, puisque le père et l’enfant auraient été touchés par 12 balles à eux deux. Qui plus est, cette version des faits contredit formellement celle que défend le caméraman au Centre Palestinien des Droits de l’Homme et celle que continue toujours à défendre aujourd’hui Charles Enderlin.

·         Le Tribunal cite un article engagé, extrait du magazine d’extrême gauche, Politis, pour appuyer la thèse défendue par France 2, alors que ni la chaîne, ni Media-Ratings n’avaient versé cette pièce aux débats. Le Tribunal a-t-il le droit d’aller chercher et citer des pièces non fournies par les parties ?

·         Le Tribunal cite la revue belge Regards. Charles Enderlin en a été le correspondant à Jérusalem pendant de nombreuses années. Nous avions soulevé ce point dans nos conclusions. Visiblement, les liens amicaux et professionnels qui existent entre M. Enderlin et le rédacteur en chef de ce magazine ne troublent pas la justice française…

·         Le Tribunal cite un témoignage du général israélien, Giora Eiland, daté de novembre 2001, qui plaide en faveur de la thèse de France 2. Il est regrettable que son dernier témoignage de septembre 2006, fourni par nos soins aux débats, ne soit pas cité. Il y affirme notamment « qu’il retire formellement sa précédente déclaration ».

·         Tous ceux qui suivent cette affaire savent que Charles Enderlin a tout fait pour couvrir ce reportage, notamment en affirmant qu’il avait coupé l’image de l’agonie de l’enfant au montage, au prétexte qu’elle était insupportable.

Aujourd’hui, il est acquis et reconnu par France 2 que cette scène d’agonie n’existe pas. C’est en fait une scène où l’on voit l’enfant lever le coude et regarder la caméra.

Visiblement, cette fausse déclaration répétée de Charles Enderlin ne trouble pas le Tribunal, puisqu’il la qualifie seulement d’« imprudente affirmation ».

·         Le Tribunal affirme que la thèse que nous défendons comporte des incohérences. Pourquoi ne nous a-t-il pas questionné là-dessus à l’audience ? Pourquoi ne les cite-t-il pas dans son jugement ?

·         Au début du film original de France 2, on voit un homme simuler une blessure à la jambe droite. Nous en avons fait la démonstration au tribunal sans qu’aucune objection ne nous soit opposée par le juge, le Procureur, ou France 2. Le Tribunal a pourtant choisi de trouver une justification qui ne tient pas, à l’observation attentive des images. Il explique que ce « blessé » n’a pas laissé de trace de sang sur la chaussée car sa jambe aurait été maintenue en l’air, ce qui est faux. Il s’agit là d’une interprétation à laquelle même France 2 n’avait pas pensé !

Autre constat : le Tribunal refuse de s’étonner que l’ambulance ne mette que 2 secondes (montre en main) pour venir récupérer ce « blessé ». Il déclare ce temps de réaction normal, compte tenu de la présence « de nombreuses ambulances sur les lieux ». Etrangement, dans une autre séquence, aucune ambulance n’a été filmée évacuant Mohammed Al Doura et son père…

·         Le Tribunal affirme distinguer des traces de sang sur l’enfant. Nous avions aussi remarqué qu’une tache rouge se déplaçait au cours du film, sur le corps de l’enfant. Elle se déplaçait (et parfois disparaissait) de la jambe à l’abdomen. En fait, il s’agit d’une étoffe rouge, censée simuler un saignement. Précisons que nous avions aussi mis dans nos pièces les captures d’écran de la blessure mouvante…

·         Le Tribunal affirme que « les images de Reuters… comme celles de France 2, attestent de la réalité des tirs en direction du groupe » et que « les tirs à balles réelles atteignent, sans contestation possible, le mur devant lequel se trouvent de nombreux Palestiniens ».

Comment peut-il certifier cela ? Le film diffusé par France 2 montre qu’une seule balle frappe le mur, à un mètre environ au dessus du père et de l’enfant. De plus, l’étude balistique a prouvé que la provenance de cette balle était palestinienne !

Comment se fait-il que l’on ne voie qu’une seule balle frapper le mur, alors que le caméraman prétend avoir vu une « une pluie de balles » s’abattre sur le père et l’enfant ? En effet, il affirme avoir filmé, pendant 27 minutes, la scène de l’événement qui aurait duré 45 minutes.

Où sont les impacts de balle sur le mur que cette « pluie » aurait dû produire ?

 

Notre conclusion


Nous sommes particulièrement choqués par le contenu du jugement, qui n’a pas tenu compte des preuves qui lui étaient apportées.

La meilleure réponse à cette condamnation est la procédure d’appel, que nous avons engagée, et la diffusion de nos preuves à une grande échelle, sur Internet, mais aussi par le biais de projections et de conférences qui seront organisées en France, en Europe et aux Etats-Unis.

 

Ce jugement pose une question, essentielle pour la démocratie française : France Télévisions est-elle intouchable ?

 

Après Media-Ratings, faudrait-il créer Justice-Ratings ?

 

Les citoyens, les magistrats et les avocats épris de Justice et de Vérité feraient bien de se pencher sur cette question.

 

© Media-Ratings

 

Mis en ligne le 30 septembre 2007, sur le site debriefing.org