Le syndrome de Madrid, G. Lévy
29/03/2004
Libre opinionNous connaissions le "syndrome de Stockholm" qui se manifeste par la sympathie qu'éprouvent les otages envers leurs geôliers. Il faudra appeler désormais
syndrome de Madrid, la justification accordée aux bourreaux par leurs victimes.
200 morts à Madrid ! 11 millions de personnes défilent dans les rues pour condamner le terrorisme. On ne sait pas, alors, qui en est responsable : ETA ou Al-Quaïda.
Le lendemain, on sait ! Les rues s'emplissent à nouveau de manifestants, non pas contre les barbares désormais identifiés, mais contre le chef du gouvernement. Le surlendemain, on célèbre la défaite électorale de ce dernier, devenu le seul responsable de ce massacre, le
« premier criminel » lit-on. Mieux, on annonce que le message de la tuerie est parfaitement compris et l'on cède immédiatement au chantage : les troupes espagnoles seront retirées d'Irak, marquant ainsi la première capitulation face au terrorisme triomphant.
Les autres suivent : la « nouvelle Espagne », ainsi que la France, votent à l'ONU une résolution condamnant « l'exécution du Cheikh Yassine ». Inutile de rappeler qu'on a affaire au fondateur et au chef de l'organisation la plus abjecte du terrorisme - un homme qui transforme les enfants en bombes humaines.
Devons-nous en déduire qu'aux yeux de ces deux pays, il existe des bons et des mauvais terroristes, et donc, obligatoirement, deux sortes de victimes : les Juifs et les autres ? Nous préférons ne pas connaître la réponse.
« Tous espagnols » proclamaient les banderoles….
Non : « Tous Munichois ! »
Gabriel LévyDocteur en Médecine et en Pharmacie© upjf.org Mis en ligne le 29 mars 2004 sur le site www.upjf.org