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Dernier ultimatum du Premier ministre Abu Mazen, Arnon Regular

21/04/2003
[url]http://www.haaretz.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=285788&contrassID=2&subContrassID=1&sbSubContrassID=0&listSrc=Y [/url]

Jerusalem Post

21 avril 2003

Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org

Selon des sources palestiniennes, en fixant à 48 heures la date-limite pour présenter un cabinet ministériel, Mahmoud Abbas – alias Abu Mazen -, le premier ministre palestinien désigné, a réitéré, hier soir, l'ultimatum qu'il avait lancé au moins trois fois en une semaine. Une fois de plus, il a signifié au Président de l'Autorité Palestinienne, Yasser Arafat, qu'il n'avait nullement intention d'être premier ministre aux conditions imposées par ce dernier.

Abu Mazen et Arafat ont continué de négocier, durant toute la journée hier, par le truchement de médiateurs à Ramallah, mais hier soir, ils semblaient avoir des difficultés à parvenir à un compromis. Arafat persiste dans son refus de permettre à l'ancien patron de la Sécurité préventive de Gaza, Mohammed Dahlan, de faire partie du gouvernement d'Abu Mazen. Il n'est pas non plus d'accord pour laisser Abu Mazen cumuler les fonctions de Ministre de l'Intérieur et de Premier Ministre. Il exige que Hanni el Hassan, qui fait partie de ses fidèles, reste Ministre de l'Intérieur.

Hier soir, des sources palestiniennes affirmaient qu'il existe une véritable inquiétude sur le fait que la date-limite, fixée à demain soir par Abu Mazen pour présenter un gouvernement, ne soit pas respectée.

Ces sources indiquent qu'Arafat a reçu des dizaines de lettres d'appui de la part de résidents de la Rive Occidentale [Judée-Samarie), qui le confirment dans sa conviction qu'il peut encore décider qui siège dans le cabinet ministériel. Mais le Conseil Législatif Palestinien a voté une loi qui réduit drastiquement l'autorité du président de l'Autorité Palestinienne, et qui donne au Conseil Législatif Palestinien l'autorité pour approuver un cabinet. En attendant, Abu Mazen est l'objet de pressions de la part des Etats-Unis et de l'Europe pour qu'il tienne tête à Arafat.

Au cours des cinq semaines écoulées depuis qu'il a été désigné comme premier ministre, la liste des ministres qu'Abu Mazen devait présenter à Arafat et au Conseil Législatif Palestinien a suscité des espoirs croissants. Ce n'est que cette semaine qu'il a finalement proposé une liste au Comité central du parti du Fatah, et, depuis lors, lui et Arafat se sont affrontés sur presque tous les noms de la liste – sans parler de quelques-uns qu'Abu Mazen a laissés de côté et dont Arafat veut qu'ils fassent partie du gouvernement.

Le choix qu'a fait Abu Mazen de Dahlan comme ministre en charge de la sécurité dans les territoires est considéré comme la pierre de touche tant de ses intentions concernant les projets de l'Autorité Palestinienne en vue de combattre le terrorisme, que de son indépendance vis-à-vis d'Arafat.

Dahlan est considéré comme un dirigeant charismatique, capable, au moins en théorie, de prendre les rênes des services de sécurité. Mais il est également perçu comme un membre de la vieille garde - ceux qui se sont enrichis du fait des monopoles que leur a accordés l'Autorité Palestinienne. De plus, en tant que Gazan, il suscite la méfiance dans les territoires de la Rive Occidentale [Judée-Samarie].

Hier, après un silence prolongé, Dahlan a indiqué qu'il renoncerait à toute fonction dans le Cabinet, si cela permettait à Abu Mazen de former un gouvernement. Il s'est apparemment rendu compte que l'élan initié par la nomination d'Abu Mazen par le Conseil Législatif Palestinien, il y a cinq semaines, s'est enlisé par suite des obstacles créés par Arafat.

Les projets d'Abu Mazen et de Dahlan se heurtent à une violente opposition d'Arafat et des membres du Comité Central du Fatah, qui en augurent une diminution de leur fortune. La semaine dernière, Abu Mazen est sorti de ses gonds, lors d'une réunion du Comité central, quand des membres ont commencé à critiquer son gouvernement. De même, samedi soir, il a quitté une réunion avec Arafat, quand le Président de l'Autorité Palestinienne a déclaré : "Nous voulons un projet politique, pas un projet de sécurité - c'est un gouvernement à l'américaine !"

Le commentaire d'Arafat reflète l'atmosphère qui règne au sein du Comité central, dans d'autres institutions de l'OLP, et au sein des activistes du Fatah sur le terrain. Tous ont peur qu'au lieu d'un gouvernement qui leur inspire de l'espoir, Abu Mazen ne conjugue la formation d'un gouvernement américano-israélo-européen, avec le but principal d'écarter d'Arafat.


Arnon Regular


© The Jerusalem Post pour l'original anglais et upjf.org pour la traduction française


[Article aimablement signalé par "L'Arche"]