Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël Politique extérieure

Satisfaction en Israël après la mort du dictateur, Daniel Rouach
01/01/2007

30/12/06

 

Sur le site de IsraelValley.

 

 


© AP

 

Ce samedi matin en Israël la Radio Kol Israël a annoncé en boucle la mort de Saddam Hussein. Ephraïm Sneh, le Vice-Ministre de la défense en Israël est "inquiet pour le futur". Les derniers mots de Saddam Hussein : "La Palestine est arabe" résonnent très fortement en Israël. A Gaza, c’est le deuil qui prédomine. En Israël c’est la joie contenue.

 

 

Hier soir


Le Président du conseil italien, Romano Prodi, avait lancé hier soir "un ultime appel à la sagesse pour empêcher l’exécution de l’ancien président irakien Saddam Hussein".

 

Une chaîne de télévision arabe annonçait hier soir que des ouvriers étaient en train de dresser la potence dans la “zone verte”, le quartier ultra fortifié de Bagdad, qui abrite les ministères irakiens. Saddam Hussein avait été autorisé, cette semaine, à rencontrer ses frères – un droit accordé aux condamnés à mort avant leur exécution.

 

 

 

Ce jour


Saddam est mort au premier jour de la fête musulmane de l’Aïd el Adha. Des chaînes de télévision arabes ont déjà diffusé, ce samedi, des images de l’exécution de l’ancien président irakien, Saddam Hussein. Les images diffusées par la chaîne de télévision nationale irakienne et la chaîne arabe Al Arabiya montrent l’ancien raïs que l’on conduit au gibet, puis deux hommes au visage masqué par une cagoule lui passent la corde au cou.

 

Dans les territoires palestiniens, Saddam Hussein était considéré comme un héros. Ce matin une lourde atmosphère de deuil règne à Gaza.

 

Mort d’un dictateur – En direct de Tel-Aviv

 

© AP

 

Grand souffle de joie contenue en Israël. C’est Shabbat et chacun est chez soi. Ehud Olmert et la Ministre Tsipi Livni n’ont pas encore fait de déclarations. Pas de déclarations tonitruantes dans le pays.

 

Ce matin, Shimon Péres a déclaré (en hébreu) sur KOL Israël : "Saddam Hussein a causé sa propre perte. C’était un homme qui avait fait beaucoup de mal à son peuple et qui avait grandement menacé Israël".

 

Une autre personnalité israélienne citée par l’AFP a déclaré : "Justice est faite. Nous parlons d’un homme qui a mis le Moyen-Orient à feu et à sang à plusieurs reprises, qui a aussi utilisé des armes chimiques contre son propre peuple et qui est responsable de la mort de plusieurs milliers de personnes”.

 

Réactions dans le monde


Le ministère français des Affaires étrangères a "pris acte" de l’exécution de Saddam Hussein et appelé les Irakiens à "regarder vers l’avenir et à travailler à la réconciliation et à l’unité nationale. La France, qui plaide, comme l’ensemble de ses partenaires européens, pour l’abolition universelle de la peine de mort, prend acte de l’exécution de Saddam Hussein".

 

Les paroles de George Bush, ce matin, pourraient être aussi celles des Israéliens : "Faire justice de Saddam Hussein ne mettra pas un terme à la violence en Irak, mais c’est une étape importante sur le chemin de la démocratie en Irak, une démocratie qui pourra se gouverner, se maintenir et se défendre par elle-même. De nombreux choix difficiles et des sacrifices supplémentaires restent à venir. Pourtant, la sécurité du peuple américain requiert que nous ne fléchissions pas, pour faire en sorte que la jeune démocratie irakienne continue de progresser."

 

Le porte-parole du Hamas a déclaré, ce matin : "L’exécution de l’ancien président irakien Saddam Hussein est un ’assassinat politique’ et viole toutes les lois internationales". La Lybie, de son côté, "décrète trois jours de deuil national pour le ’prisonnier de guerre’, Saddam Hussein."

 

Pour le Vatican, "l’exécution de l’ancien président irakien, Saddam Hussein, est une "nouvelle tragique, et la mise à mort d’un coupable n’est pas la voie pour rétablir la Justice et réconcilier la société".

 

Réactions en Europe

 

Saddam Hussein "était un criminel impitoyable", mais il "ne fallait pas le tuer", estime le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis.

 

Le Monde écrit, ce matin : "Saddam Hussein a pratiqué sans scrupules la violence de masse, faisant transférer, de force, dans le sud de l’Irak, en 1975-1976, après l’effondrement de leur mouvement autonomiste, quelque 300 000 Kurdes. Contre ceux-ci, il n’a pas hésité à utiliser des gaz en 1988, devenant ainsi le premier homme d’Etat à recourir à l’arme chimique contre sa population. Cinq mille Irakiens périrent dans la seule localité de Halabja, et plusieurs milliers d’autres ailleurs".

 

 

Notre analyse de la situation vue d’Israël


En janvier 1991, j’étais à Ness Tsiona, en Israël, lorsque les premiers Scuds sont tombés sur la petite ville du sud de Tel Aviv, où je me trouve actuellement. Pendant de longues minutes nous ne savions pas si les Scuds avaient des charges nucléaires. Ce jour-là, j’ai récité le Shema pour la première fois de ma vie. Je l’ai récité dans un murmure pour ne pas déclencher une panique autour de moi. C’est vraiment ce jour-là que Saddam Hussein est devenu mon ennemi personnel et celui de millions d’Israéliens.

 

Personne n’a vraiment oublié, en Israël, le terrible son des sirènes, au début de 1991, lorsque le pays était la cible des Scuds venant d’Irak.

 

Personne n’a oublié le massacre d’Irakiens en Irak : enfants, femmes, hommes. Saddam Hussein, condamné pour l’exécution de 148 villageois, mais accusé d’avoir causé la mort de dizaines de milliers de gens, a donc été pendu, le samedi 30 décembre, juste avant 6 heures du matin. Sa mort sera regrettée par les inconditionnels de la non-application de la peine de mort.

 

Il a d’abord été annoncé que le demi-frère de Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, et Awad Hamed al-Bandar, un ex-juge irakien, avaient été pendus avec Saddam. Par la suite, cette information a été démentie par les autorités irakiennes.

 

Selon Le Figaro, "C’est la télévision nationale Irakiya, financée par les Etats-Unis, qui a révélé l’information, sur fond de musique patriotique et d’images de monuments et de symboles nationaux.

 

D’après plusieurs témoignages, l’ancien président irakien avait les mains liées et les jambes entravées, mais son visage était découvert. Il a dit une brève prière, tandis que des policiers le faisaient monter à la potence et lui passaient une corde autour du cou. Le conseiller national irakien à la sécurité, Mouaffak al Roubaï, a déclaré que le condamné à mort était apparu comme un «homme brisé». Un haut responsable irakien a, pour sa part, rapporté que le condamné «semblait très calme » et qu’«il n’a pas tremblé».

 

Daniel Rouach

 

© IsraelValley

 

Mis en ligne le 30 décembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org