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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

Image-choc de l'Intifada: Philippe Karsenty condamné pour avoir diffamé Charles Enderlin
19/10/2006

 

 
19 octobre, 2006

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi 19 octobre Philippe Karsenty, directeur de l'agence Media Ratings, à 1 000 euros d'amende pour avoir accusé le correspondant de France-2 à Jérusalem, Charles Enderlin, d'avoir "mis en scène" la mort d'un petit Palestinien sous les balles israéliennes en 2000.

Selon l'agence Associated Press, Philippe Karsenty a annoncé qu'il allait faire appel de ce jugement et "mettre toutes les preuves en ligne". "Comme ça, les gens pourront se faire une idée".

Les images de France-2 diffusées le 30 septembre 2000 au journal de 20h de la chaîne publique avaient fait le tour du monde. On y voyait le jeune Mohammed al-Doura, 12 ans, mourir dans les bras de son père sous une rafale de balles. Selon les commentaires du journaliste, les tirs étaient israéliens.

Le garçon est vite devenu un martyr dans le monde arabe et plusieurs attentats anti-israéliens ont été commis en son nom. De nombreuses voix se sont cependant élevées pour dénoncer le reportage, parlant d'une conspiration dirigée contre l'Etat hébreu.

Sur le site web de son "agence de notation des médias" (www.M-R.fr), M. Karsenty avait exigé en novembre 2004 la démission de Charles Enderlin et de la directrice de l'information de France-2, Arlette Chabot sous prétexte que le correspondant à Jérusalem a diffusé "un faux reportage" dans lequel on aperçoit "une série de scènes jouées". Philippe Karsenty en concluait que le reportage sur la mort du petit Mohammed était "une pure fiction" et une "imposture médiatique".

Le tribunal, qui a visionné le reportage lors de l'audience en septembre, a estimé pour sa part que les affirmations de Philippe Karsenty sont "dépourvues de tout caractère sérieux et cohérent". Revenant longuement sur la polémique qui a suivi le reportage de France-2, il souligne que la thèse d'une "mise en scène" par les Palestiniens, filmée avec la complicité du cameraman de France-2, repose "essentiellement sur des extrapolations et des amalgames". "Elle se nourrit d'affirmations péremptoires auxquelles aucune autorité officielle israélienne -ni l'armée (...) ni la justice-n'ont jamais accordé le moindre crédit".

Une enquête réalisée par Tsahal sur les conditions du décès du petit Mohammed a tout au plus conclu à la probabilité que l'enfant ait été victime d'une balle perdue palestinienne. Une thèse que Charles Enderlin a relayée quelques jours après le reportage initial, rappelle le tribunal.

Philippe Karsenty doit verser un euro de dommages et intérêts à Charles Enderlin et à France-2 et payer leurs frais de justice à hauteur de 3.000 euros.

Le parquet avait demandé la relaxe de M. Karsenty, estimant que ce dernier avait fait son enquête sérieusement et avec bonne foi. Philippe Karsenty affirme détenir des rushes montrant l'enfant relever le coude et regarder la caméra après la mise en scène de sa mort.

© Jerusalem Post edition française