Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Islam
Islam intégriste

Endoctrinement de la jeune génération par le Hezbollah

04/10/2006
 

21 septembre 2006

Institut du Renseignement Centre d’Etudes du Terrorisme

Endoctrinement de la jeune génération par le Hezbollah : exemples de livres et d’albums à colorier saisis durant la seconde guerre du Liban, supposés inculquer aux enfants et aux adolescents l’idéologie de l’organisation. Le Hezbollah y est présenté comme le protecteur du Liban, les actions militaires du Hezbollah contre Israël y sont justifiées, et l’accent est mis sur l’importance de la “résistance” (cf le terrorisme), l’incitation à la haine d’Israël et du peuple juif et l’identification avec les Palestiniens 1

Album à colorier intitulé “J’utiliserai mes armes pour défendre ma patrie ”

Page de couverture de l’album. A droite, le dirigeant du Hezbollah se trouve au-dessus d’un soldat équipé d’une paire de jumelles et portant un béret où il est écrit “Nous sommes tous [en faveur de] la patrie.” Au centre : un chandelier à sept branches, symbole juif, dont les flammes consument le drapeau israélien. En haut, un soldat armé plante le drapeau libanais au pied de montagnes couvertes de neige (les Fermes de Sheba’a?).

  •  Durant la seconde guerre du Liban, Tsahal a découvert des publications du Hezbollah ayant pour but d’endoctriner la jeune génération avec l’idéologie de l’organisation.

 
Afin de ne pas porter atteinte à l’image du Hezbollah comme seul protecteur du Liban, l’ouvrage ne fait aucune référence à l’Iran ou à la Syrie, ou au soutien que le Hezbollah apporte aux organisations terroristes palestiniennes. Ceci afin que le Hezbollah ne soit pas perçu comme le mandataire de pays externes au Liban.

  •  Le thème central de l’ouvrage est que le Hezbollah est le protecteur du Liban. De fait, le Hezbollah a le droit de porter des armes et de poursuivre ses attaques contre Israël.
  •  L’endoctrinement des enfants est effectué par le coloriage des images et des textes, qui reprennent notamment l’histoire de la création du Hezbollah et de l’“héritage guerrier” de ses années d’activisme contre Tsahal. Les principaux points sont :

     L’“héritage guerrier” du Hezbollah : L’ouvrage décrit plusieurs aspects des activités du Hezbollah contre Tsahal depuis sa formation en 1982 durant la première guerre du Liban : attentats suicides, embuscades, poses de charges explosives et attaques contre des positions de Tsahal. Une référence spéciale est faite au premier attentat suicide commis contre le bâtiment de l’administration militaire israélienne à Tyr. Le Hezbollah affirme que ses activités ont forcé “l’ennemi à quitter le Liban tout penaud.”

 Des chapitres gênant de l’histoire du Hezbollah et de son “héritage guerrier,” comme les attaques suicides commises contre les forces américaines et françaises, ne sont pas mentionnés.
Le rôle central joué par l’Iran et la Syrie dans le financement du Hezbollah n’est pas non plus rappelé, l’organisation étant désireuse de se présenter comme le porte-drapeau de la “résistance” libanaise et non comme le mandataire de nations étrangères. 
Le Hezbollah comme protecteur du Liban : l’organisation affirme que depuis que Tsahal a quitté la zone de sécurité, ses activités militaires ont permis de défendre le Liban et de servir les intérêts du pays. L’ouvrage dresse une liste d’exemples : l’enlèvement des trois soldats israéliens qui a conduit à la libération des prisonniers libanais, la riposte du Hezbollah aux “attaques israéliennes contre les civils libanais” consistant en des tirs de Katioushas en territoire israélien, la défense assurée par le Hezbollah de la station de pompage de Wazzani et son œuvre pour la “libération” des Fermes de Sheba’a. 

La terminologie joue un rôle important dans l’endoctrinement : l’album à colorier recourt à une terminologie islamique. Les terroristes du Hezbollah sont qualifiés de “combattants du jihad” (mujahideen) lancés dans une guerre pour l’Islam. Les terroristes suicides sont appelés d’istishhadiyyun, soit ceux qui se sacrifient pour Allah. Israël est qualifié d’“ennemi” et d’“occupant usurpateur.”

 Après le retrait de Tsahal de la zone de sécurité, le Hezbollah a trouvé une série de prétextes pour conserver ses armes et poursuivre ses attaques contre Israël. Le Hezbollah désire inculquer ces prétextes aux enfants et aux adolescents dans le cadre de ses tentatives de convaincre les Libanais que ses activités sont justifiées, préservant ainsi son droit de déclencher une “lutte” à long terme contre Israël. Les trois prétextes suivants apparaissent dans l’album :

 “Le jour de l’Aashura, 3 en 2000, avant que les Israéliens se retirent de nos terres, le secrétaire général [Hassan Nasrallah] a déclaré ‘nous ne sommes pas un peuple qui abandonne ses prisonniers dans des prisons [étrangères], et tout sera fait pour les libérer.’

En Octobre 2000, les combattants de la résistance islamique [cf. le Hezbollah] ont surpris [l’ennemi] avec une opération très bien planifiée dans les Fermes de Sheba’a occupées et ont capturé trois soldats. La semaine suivante, Sayyid Nasrallah a surpris le monde en annonçant avoir enlevé un agent du Mossad israélien [Elhanan Tanenbaum 4]…

Ceci a contraint l’ennemi israélien à céder à la pression de la résistance et à accepter un échange de prisonniers. L’échange a eu lieu et les prisonniers [libanais] sont rentrés à la maison, en dépit de la colère des sionistes.”

L’image montre une attaque du Hezbollah contre une position de Tsahal au Fermes de Sheba’a

 “[Même] après le retrait israélien du Liban, les soldats [ennemis] ont continué d’occuper les Fermes libanaises de Sheba’a. Il n’y avait donc pas moyen d’éviter la poursuite des actions du jihad, [qui doivent être menées] jusqu’à la libération des terres libanaises sous contrôle israélien. La résistance n’a pas oublié son devoir et poursuit ses actions contre les soldats ennemis dans les Fermes [de Sheba’a]. [La résistance] a attaqué et détruit des positions fortifiées et des véhicules transportant des soldats et n’a pas permis à l’usurpateur [de la terre libanaise] de jouir de sa spoliation. Toutes ces opérations ont été des réponses aux violations israéliennes de la souveraineté de l’Etat libanais.”

L’image montre un membre du Hezbollah tirant une roquette Katiousha en territoire israélien

 

Page de couverture de “Sharon le Malin,” publié par les Eclaireurs de l’Imam al-
Mahdi dans le cadre d’une série d’ouvrages pour enfants et adolescents

 

Illustrations de “Sharon le Malin”

 

 

Page de couverture de “Nous sommes tous [en faveur de] la patrie, nous tous sommes la résistance [cf. le Hezbollah]; 21 ans de sacrifice et de jihad.” L’image montre un membre du Hezbollah attaquant Jérusalem (symbolisée par le dôme du Rocher).

  • Le 11 août 2006, Tsahal a découvert un album de coloriage dans les villages de Yarun et Rab al-Thalathin. L’ouvrage a été publié en 2003 par le Centre Culturel de l’Imam Ja’far al-Sadiq.5
  • En deuxième de couverture, on trouve une image du dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah avec le Dôme du Rocher à sa gauche, tendant à signifier que Nasrallah est le

5 Le sixième imam selon la croyance chiite, qui en compte 12.

protecteur de Jérusalem. A côté de l’image se trouve une brève version de sa biographie. On trouve des biographies similaires de l’Ayatollah Khomeini, du dirigeant iranien ‘Ali Khamenei et de l’ancien secrétaire général du Hezbollah (éliminé par Israël), ‘Abbas Musawi.

Pages dédiées au dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah et au dirigeant iranien ‘Ali Khamenei.

Page dédiée au terroriste suicide Ahmad Qusayr, héros aux yeux du Hezbollah, responsable de l’attentat suicide contre le bâtiment de l’administration militaire israélienne à Tyr en 1982.

L’ouvrage contient 11 images de terroristes suicides du Hezbollah (amaliyyat istishhadiyya). Chacun apparaît sur une page distincte qui inclut également des informations de base sur l’attaque commise contre Israël. Certains des terroristes apparaissent sur fond du Dôme du Rocher. Le but est de faire des terroristes suicides un modèle pour les enfants et les adolescents et de représenter l’acte suicide comme étant la valeur suprême.

Drapeau libanais portant l’inscription “Nous sommes tous [en faveur de] la patrie, nous tous sommes la résistance,” trouvé dans le village de Rajamin le 10 août.

-

Page de couverture de “Jérusalem, Capitale de la Terre et du Ciel". Les Musulmans vont “libérer” Jérusalem.

Le 15 août 2006, une revue pour enfants intitulée “Jérusalem, Capitale de la Terre et du Ciel” a été découverte dans les villages de Yarun et Rab al-Thalathin. Son contenu est antisémite et anti-chrétien. L’ouvrage a été publié par la maison d’édition Dar Al-‘Ilm Liltiba’a wal-Nashr.6

6 Nous n’avons pas de preuve que l’ouvrage a été publié par le Hezbollah, mais il a été trouvé en possession de membres du Hezbollah avec du matériel de propagande et des albums de coloriage publiés par l’organisation.

 

Notes :

1 Suite de l’article “Le mouvement de jeunesse du Hezbollah, “les Eclaireurs de l’Imam al-Mahdi,” compte des milliers de membres. Selon des documents saisis pendant la dernière guerre du Liban, ces jeunes sont endoctrinés avec les principes de l’Islam radical iranien,” à l’adresse http://www.terrorisminfo.org.il/malam_multimedia/fr_n/pdf/hezbollah_scouts_f.pdf

2 “Le Doyen des Martyrs,” sayid al-shuhada, est Husayn ibn ‘Ali, personnalité vénérée par les Musulmans chiites, tué durant la bataille de Karbala en 680 de notre ère. ‘Abbas Musawi, l’ancien secrétaire général du Hezbollah, s’est vu décerné à titre posthume le titre de “chef des martyrs de la résistance islamique.” Il faut préciser qu’il existe également à Téhéran un institut appelé Centre du Doyen des Martyrs, qui organise des événements de propagande antiisraélienne et anti-occidentale (en Janvier 2006, il a organisé une conférence réunissant des négationnistes de l’Holocauste). Le Centre libanais pourrait être une branche de l’institut de Téhéran ou lui être lié d’une certaine manière.

3 L’Aashura commémore le dixième jour du mois de Muharram (680 de notre ère), lorsque les descendants d’‘Ali, le quatrième calife, dont son fils Husayn, ont été tués à Karbala en Irak. Pour les chiites, cet événement est un jour de commémoration, marqué par des cérémonies.

4 Pour rendre l’enlèvement plus pimenté, le Hezbollah a décrit Tanenbaum comme étant un agent du Mossad, plutôt que comme un trafiquant.