Procès France 2/ Enderlin contre détracteurs: Un chrétien dans l’engrenage judiciaire, M. Macina
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Après avoir lu ce texte, effectivement sévère, je demande à mon ami chrétien qui - soit dit en passant - a la plus grande estime pour le peuple juif et ne compte pas parmi les contempteurs de l’Etat d’Israël : « Mais enfin, pourquoi as-tu mis ces propos en ligne, et d’abord qui les a écrits ? Ce n’est tout de même pas toi ? »
J’apprends alors qu’il s’agit d’extraits de la deuxième partie d’un article de
Stéphane Juffa
, mis en ligne par ce dernier, le 23 février 2006, sur son site Metula News Agency
.
Curieux, je consulte le texte original pour prendre connaissance de ce que les points de suspension ont passé sous silence, dans le florilège ci-dessus. Et voici ce que cela donne (en grasses rouges, les phrases incriminées, en bleu, les passages du texte original qui ont été omis) :
"Revenons aux Juifs et aux méthodes qu’ils ont développées pour soutenir le regard des autres. Un regard chargé de réprobation et de critiques, à cause de la répression inhumaine qu’Israël ferait subir aux Palestiniens, à en croire les journalistes de la promotion ‘Politique arabe de la France’
:
« J’ai relevé chez eux quatre manières de faire face au reproche d’être qui ils sont, d’être responsables de faits sur lesquels ils n’ont pas prise, qui n’ont pas lieu, et qui utilisent les services de
quelques journalistes triés pour leur antijuivisme d’extrême droite, d’extrême gauche, d’ambition extrême, ou d’extrême démence,
pour devenir la norme
.
Un reproche qui devient toutefois de plus en plus permanent et encombrant dans la vie de tous les jours des Français juifs
.
Les premiers, les plus nombreux, la jouent couché/caché, le moins juif possible, feignant de ne pas entendre les murmures réprobateurs qui suivent leur passage. Les seconds sont les Juifs fiers de l’être, les résistants, les militants, toujours prêts, à un contre mille et sous les ricanements de leurs concitoyens, certains des certitudes qu’ils voient à la TV et lisent dans Le Monde, à exprimer – avec plus ou moins d’exactitude et de talent – ce qu’ils savent de leur vérité artisanale, mais à jamais incapables de faire dévier conséquemment le courant redoutablement puissant issu des médias de masse.
Les troisièmes sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines ; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie
. C’est le viol systématique des jeunes filles palestiniennes, pour Sara Daniel, par les soldats de Tsahal, dans le but de les faire exécuter par leurs familles. Le sadisme atavique et la propension à massacrer les plus faibles, les non-juifs, pour Edgar Morin-Nahum. L’espionite et la disposition à la traîtrise, une réécriture modernisée des reproches faits à Alfred Dreyfus, pour Sylvain Cypel. Le complot de l’Internationale juive, pour Dominique Vidal, renaissant de ses cendres chaque fois que l’antisémitisme a besoin d’arguments,
et, enfin, l’assassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre. »
.
Et le texte de poursuivre en évoquant "les Juifs du quatrième type" : les nouveaux émigrants en Israël…
Le contexte ayant été restitué, il est clair maintenant que les Juifs que fustige Stéphane Juffa – lui-même Juif et Israélien -, dans ce texte pugnace, sont ceux qui ont honte de la mauvaise réputation de leurs coreligionnaires israéliens, voire qui pactisent avec les ennemis jurés de ces derniers.
Il ne s’agit donc pas d’un tissu d’infâmes
calomnies envers des « particuliers… à raison de leur origine, appartenance ou non-appartenance…" à la nation juive
, comme le laisse supposer le contenu de la citation à comparaître, mais, au mieux, d’un lavage de linge sale en famille, au pire, d’une guerre idéologique entre membres d’un même peuple. Ce n’est certainement pas de l’antisémitisme. En effet, les propos – au demeurant, indéniablement blessants –, que leur décoche Juffa, visent à stigmatiser le mal qu’ils causent, selon lui, aux Juifs sionistes, ou à tout le moins attachés à la terre d’Israël et soucieux de sa sécurité.
A cela, il convient d’ajouter que c’est en toute bonne foi (je parlerais même de candeur) et visiblement sans l’avoir examiné, que mon ami chrétien a reproduit ce texte, sur la foi de réputation qu’à tort ou à raison, il estime excellente, de Metula News Agency.
Si le juge d’instruction décide de l’inculper, il devra, pour être équitable, faire de même pour le responsable du site menapress.com, d’où est issu le texte incriminé, ainsi que pour deux autres sites
qui, eux aussi, ont mis en ligne cet article
: Guysen.News.israel,
et Infolive-TV
.
Pour conclure, on me permettra de trouver pour le moins curieux que la justice traite en calomniateur antisémite un responsable de site chrétien, mu par des idéaux exclusivement spirituels, et qui, de surcroît, témoigne d’une grand empathie envers le peuple juif.
Menahem Macina
© Debriefing.org
Mis en ligne le 27 octobre 2006 sur le site debriefing.org