Pas d’alcool dans mon taxi ! [Ou comment la Charia s’insinue aux Etats-Unis], D. Pipes
20/10/2006
New York Sun
10 octobre 2006
Une affaire mineure, qui affecte l’aéroport international de Minneapolis-St-Paul (MSP), pourrait avoir des implications majeures pour l’avenir de l’islam aux États-Unis.
Depuis une dizaine d’années, certains chauffeurs de taxi desservant l’aéroport refusent de prendre des clients transportant visiblement de l’alcool, par exemple dans les sacs en plastique transparents des boutiques de l’aéroport. Cette attitude découle de leur interprétation de l’interdiction coranique frappant l’alcool. Un chauffeur, Fuad Omar, s’en explique: «C’est notre religion. Nous pourrions être punis dans l’au-delà si nous acceptions [de transporter de l’alcool]. C’est une clause coranique. Cela vient du paradis.» Un autre chauffeur, Muhamed Mursal, lui fait écho: «C’est interdit par l’islam de transporter de l’alcool.»
Le problème a émergé publiquement en 2000. Un client transportant des bouteilles d’alcool s’est alors vu refuser successivement l’accès à 16 taxis, une expérience qui lui avait laissé l’impression d’être un criminel, alors qu’il n’avait commis aucun délit. De leur côté, les 16 chauffeurs ont perdu de l’argent. Pour reprendre les termes de Josh L. Dickey, d’Associated Press, lorsque des chauffeurs refusent une course pour une raison quelconque, «ils retournent faire la queue, trèèèès loin derrière. Avant le terminal, au bout d’une longue route de service, jusque dans un immense parking encombré de taxis, à Bloomington, où ils attendent plusieurs heures le prochain appel.»
Pour éviter cette situation pénible, les chauffeurs de taxi musulmans demandèrent à la Commission des aéroports métropolitains (Metropolitan Airports Commission, MAC) la permission de refuser des clients transportant de l’alcool, voire suspectés de transporter de l’alcool, sans être pour autant renvoyés en queue de file. La MAC rejeta la requête, craignant que les chauffeurs n’invoquent leur religion comme prétexte pour refuser des courses à faible distance.
Entre temps, le nombre de chauffeurs de taxis musulmans a augmenté, au point qu’ils constitueraient les trois quarts des 900 taxis du MSP. En septembre 2006, les musulmans ont refusé en moyenne trois courses par jour pour des raisons liées à l’alcool. Le porte-parole de l’aéroport,
Patrick Hogan, explique que le phénomène s’est «lentement amplifié, avec les années, jusqu’à devenir un problème important du service à la clientèle».
«Les voyageurs se sentent souvent surpris et insultés», a déclaré
Hogan à
USA Today. Sur ce, la MAC a proposé une solution pragmatique : les chauffeurs refusant de transporter de l’alcool recevraient une enseigne lumineuse d’une autre couleur à placer sur le toit de leur véhicule, signalant ainsi à tous les usagers leur attitude à cet égard. Du point de vue de l’aéroport, cette idée constitue un moyen judicieux et efficace de résoudre un problème agaçant – on évite ainsi que des passagers se sentent offensés et que des chauffeurs perdent trop de chiffre d’affaires. «Les autorités de l’aéroport n’ont pas pour mission d’interpréter des textes sacrés, ni de dicter des choix religieux à qui que ce soit», souligne Hogan. «Notre objectif consiste simplement à assurer aux voyageurs un service de qualité [à l’aéroport].» La proposition des deux enseignes lumineuses n’attend plus que l’approbation du comité consultatif des taxis de l’aéroport, si bien qu’il sera probablement mis en application à la fin de cette année.
Mais sur le plan sociétal, la solution proposée a des implications massives et inquiétantes. Par exemple: le projet des deux enseignes lumineuses a pour effet d’imposer la charia - la loi islamique -, avec le consentement étatique, dans une banale transaction commerciale, au Minnesota. Une autorité gouvernementale approuve ainsi un signal indiquant qui respecte ou ne respecte pas la loi islamique.
Qu’en est-il des autres chauffeurs de taxi ? Dès lors, d’autres taxis de Minneapolis-St-Paul et d’ailleurs dans le pays pourraient fort bien exiger le même privilège. Les chauffeurs de bus pourraient leur emboîter le pas. Le
système de transport entier pourrait ainsi se trouver divisé en fonction de l’observance islamique.
Et pourquoi se limiter à l’alcool ? Des chauffeurs de taxi musulmans de plusieurs pays refusent déjà les
chiens d’aveugle dans leur voiture. On pourrait aussi voir apparaître des refus de transporter des femmes dont les bras ou la chevelure sont visibles, ou les homosexuels et les couples non mariés. En suivant cette logique, les taxis musulmans pourraient aussi refuser les hommes portant la kippa, de même que les Hindous, les athées, les tenanciers de bars, les
croupiers, les
astrologues, les
banquiers et les
arrières de football.
Pour fonder sa décision, la MAC a consulté la section du Minnesota de la Muslim American Society, une organisation que le
Chicago Tribune a révélée être consacrée à la transformation des États-Unis en un pays placé sous la loi islamique. Par exemple, l’épouse d’un ex-directeur de l’organisation a expliqué que son but consistait à «instruire chacune et chacun sur l’islam et à suivre les enseignements de l’islam, dans l’espoir d’établir ainsi un État islamique».
C’est justement la nature inoffensive de la solution des deux enseignes lumineuses qui la rend si insidieuse. Et c’est pourquoi la Commission des aéroports métropolitains devrait revenir sur cette décision déraisonnable. Les lecteurs qui souhaitent faire part de leur point de vue à la MAC peuvent lui écrire à l’adresse suivante:
publicaffairs@mspmac.org.
Daniel Pipes
© The New York Sun
Mis en ligne le 20 octobre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org