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Israël (Société - mentalités)
Israël (histoire moderne d\')

Dorit Beinish, première femme présidente de la Cour Suprême, J.-M. Allafort

12/09/2006

Sur le site de "Un écho d’Israël".


Dorit Beinish est la première femme présidente de la Cour Suprême d’Israël. Elle fut Procureur de l’Etat de 1989 à 1996.

Beinish est née et a grandi à Tel Aviv. Son père travailla comme fonctionnaire des impôts et sa mère était enseignante. Elle fit des études secondaires au « Lycée Nouveau » de Tel Aviv puis, après son baccalauréat, elle servit dans l’armée dans le service de recrutement et atteignit le grade de lieutenant.

Au terme de son service militaire, elle commença des études de droit à l’Université Hébraïque de Jérusalem qu’elle termina en 1966. Elle fit son stage de spécialisation au sein du service de la Jurisprudence du ministère de la Justice. Après avoir reçu le grade d’avocat et terminé sa maîtrise de droit en 1968, elle fut nommée assistante du procureur du district de Jérusalem.

En 1970 Dorit Beinish commence à travailler au Parquet puis en 1976 elle est nommée directrice du département des appels auprès de la Haute Cour de Justice au Parquet. Elle se fit alors un nom en traitant de la légalité des implantations. En 1982, elle devient vice-procureur de l’Etat. En cette qualité, elle participa à la commission d’enquête nationale sous la direction du juge Cohen, chargée de faire la lumière sur le massacre de Sabra et Chatila. Elle remplit un rôle important lors du procès contre « le groupe clandestin juif » qui avait pour projet, entre autres, de s’attaquer aux mosquées de l’esplanade du Temple. Elle fit aussi parler d’elle lors de l’affaire de « la ligne 300 » lorsque deux membres du Shabak tuèrent de sang froid deux terroristes qui avaient pris en otage des passagers d’un autobus. Elle oeuvra pour que les personnes compromises dans cette affaire soient traduits en justice.
Elle représenta l’Etat lorsque le parti d’extrême droite du rabbin Meïr Kahana fut déclaré hors-la-loi, ce qui interdit à ce dernier de se présenter aux élections de 1998.

En 1999, Dorit Beinish est nommée Procureur de l’Etat. Elle est la première femme à occuper ce poste. La principale affaire judiciaire qu’elle eut à instruire fut celle d’Arié Déry, ministre de l’Intérieur et leader du parti Shass, accusé de pots de vin. Elle n’hésita pas également à s’opposer à Itzhak Rabin lorsque celui décida l’expulsion de 400 membres du Hamas en 1992. Ses décisions ont toujours été dans le sens de la défense des Droits de l’homme.

En 1995, elle est nommée juge à la Cour suprême avec le soutien d’ Aharon Barak après que sa candidature eut été refusée une première fois en 1993. Elle fut lors des dernières élections présidente de la commission électorale.

Selon la tradition, c’est le plus ancien juge de la Cour Suprême qui est nommé Président. La nomination de Beinish à la tête de cette institution n’a pas été facile. L’ancien ministre de la Justice, Haïm Ramon, était opposé à la nomination de Beinish comme présidente de la Cour Suprême. Il y a un mois, ce dernier ayant été mis en examen pour harcèlement sexuel, a démissionné. Le nouveau ministre de la Défense, Meïr Shitrit, soutenait la candidature de Beinish et elle fut nommée à l’unanimité par la commission des nominations des juges le jeudi 7 septembre.

Elle devrait prendre ses fonctions le 14 septembre mais pour l’heure, il n’est pas certain que la cérémonie d’intronisation qui doit être conduite par le président de l’Etat puisse avoir lieu. En effet, suite à l’enquête que la police mène contre Moshé Katsav pour harcèlement sexuel et viol, le Chef de l’Etat a annoncé qu’il ne participerait pas à la cérémonie d’intronisation de la nouvelle présidente de la Cour Suprême. Selon le droit israélien le président ne peut pas renoncer à une seule de ses prérogatives sans abandonner les autres. Le conseiller juridique de la Knesset essaie trouver une solution à ce casse-tête juridique.

Jean-Marie Allafort

© Un écho d’Israël
 
Mis en ligne le 12 septembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org