Prière du Fatah pour la conquête palestino-chrétienne de Jérusalem
10/03/2005
Fatah Prayer for Christian-Palestinian Conquest of Jerusalem [1]
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pmw@netvision.net.ilIntroduction
Les dirigeants palestiniens et les médias affirment souvent que Jésus fut le premier Palestinien. Deux caricatures, représentant la crucifixion avec des Palestiniens comme victimes et des Israéliens et des Américains comme tueurs, sont apparues récemment dans un nouveau quotidien qui porte le titre d'
Intifada, publié, semble-t-il, par le Fatah, la faction de Yasser Arafat au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine. Dans la première caricature, une femme nommée Palestine [inscription en arabe à peine lisible, au-dessus de la tête de la 'victime']. La seconde, sans la femme, est accompagnée d'une prière en forme de poème pour une conquête Palestino-Chrétienne de Jérusalem.
[
Intifada, 14 décembre 2000].
Prière accompagnant la seconde caricature, traduction française de l'arabe :
Mon Seigneur, le Trahi [3]
Ô mon rayonnant maître, qui fus trahi par le méprisable baiser de trahison, descends vers nous des tours du ciel, et demande au Suprême Glorieux d'abaisser son regard sur nous, pour qu'il efface de Votre visage les larmes des masses, et proclame à haute voix Vos [bonnes] nouvelles… Qu'il fasse seulement que notre jeunesse entre maintenant par la Porte de Damas [de la Vieille Ville de Jérusalem], en chantant leurs psaumes et en parcourant la Via Dolorosa [trajet emprunté par Jésus vers le lieu de son supplice]. Mais ils ne tendront pas l'autre joue [contrairement à l'enseignement de Jésus, cf. Mt 5, 29] ; au contraire, ils arracheront la croix de leur dos [contrairement à Jésus, cf. Lc 26, 23] et jetteront à terre leurs couronnes d'épines [contrairement à Jésus, cf. Mt 27, 29]. Ils lèveront les yeux au ciel qui loue [leur Créateur] pour la gloire du liquide du cœur [de Jésus, cf. Jn 19, 34] qui lave la Via Dolorosa de la poussière des soldats [israéliens] qui marchent seuls vers le Golgotha [lieu de la crucifixion au sommet de la colline du Temple]. Alors s'élèveront de chaque ruelle les voix de la foule des vivants et les colombes et les cloches et les [subdued yearns' est intraduisible].
Ô Fils de la Vierge, ils ne peuvent triompher de vous deux fois, va [viens ?] lentement, Toi, dans l'humilité sans lumière, et puissent les anges te défendre.
[Intifada, 14 décembre 2000]
Réaction conjointe d'un prêtre catholique et d'un pasteur protestant suisses :
17.12.2001
Détournement de Symbole religieux : parodie de prière et de crucifixion en Palestine
« La situation est incontestablement éprouvantable à Jérusalem pour toutes les communautés. Pour stopper cette escalade, les gens sensés savent que la seule issue à cette crise grave est une négociation entre Palestiniens et Israéliens autour d'une même table, et non un affrontement de rues avec d'inévitables réactions en chaîne.
Convaincus que les changements les plus urgents passent par une véritable éducation à la paix et par un respect des valeurs de chaque tradition religieuse, nous pensons que l'Association for World Education est l'organisation non gouvernementale appropriée pour transmettre à l'ONU cette protestation œcuménique venant de deux ecclésiastiques de Genève. Car ce qui se passe à Jérusalem concerne et implique tous les Chrétiens.
En effet, le journal palestinien «Intifada» publie, les 11 et 14 décembre, un texte militant prenant artificiellement la forme d'une prière chrétienne et accompagné d'une grossière caricature du symbole de la croix du Golgotha avec une Palestine sanguinolente crucifiée par les Juifs [voir, plus haut la reproduction des clichés et le texte de la prière' en anglais et en français]. D'où qu'il émane, ce texte est inacceptable et dangereux : il démontre une manipulation scandaleuse de symbole et de langage religieux, car il vise, sous l'habillage d'une prière et d'une image chrétiennes, à distiller la haine contre Israël par la récupération de thèmes antijuifs officiellement abolis et condamnés par les Eglises depuis des décennies. »
Pasteur Bernard BUUNK, Genève
Abbé Alain René ARBEZ, Genève
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Réactions de deux théologiens catholiques américains
1. Réaction du Dr Fisher, théologien vatholique américain en vue
« Merci pour les caricatures et la "prière". Je ne pense pas que la communauté chrétienne de l'Autorité Palestinienne puisse y avoir été pour quelque chose, bien qu'il y existe certainement des membres chrétiens du Fatah. La première caricature, qui représente une femme sur une croix, transpercée par une flèche munie d'une pointe israélienne et d'un drapeau américain en guise d'ailerons, est particulièrement odieuse. Des Juifs aux traits sémitiques exagérés sont au pied de la croix ; apparemment, ils attendent de pouvoir laper le sang de la personne crucifiée. Cette image évoque à la fois et l'ancienne accusation de déicide et le bobard médiéval de crime rituel, qui ont tous deux été condamnés officiellement – le premier par les papes depuis Jean XXIII, et le second, dès que les accusations apparurent pour la première fois, au cours du XIIe siècle. En tant que catholique, je suis prêt à les condamner aujourd'hui en me joignant à d'autres. C'est une image dégoûtante, repoussante, à laquelle aucun catholique digne de ce nom ne peut trouver d'excuse. La "prière", qui presse les chrétiens de NE PAS tendre l'autre joue, est tout aussi répugnante et contraire à l'enseignement de l'Eglise Catholique. Je le répète : aucun catholique digne de ce nom ne pourrait prier avec bonne conscience cette imprécation exécrable. Les symboles religieux de la chrétienté sont calomniés et salis par ces images et ces mots. L'auteur et l'éditeur qui ont permis leur impression, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, devraient entreprendre un examen de conscience rigoureux et faire un aveu public de faute grave. »
Dr Eugene J. Fisher, Washington, directeur associé du Secrétariat aux questions œcuméniques et inter-religieuses de la Conférence nationale des évêques américains, consulteur de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le Judaïsme.
2. Professeur John T. Pawlikowski
02/01/01, par E-Mail
« Les caricatures chrétiennes palestiniennes et la 'prière' qui les accompagne frisent la vieille accusation de déicide. Elles constituent une violation des enseignements du Concile Vatican II concernant les relations entre Catholiques et Juifs, et causent un tort irréparable à la "culture de paix" que les Chrétiens ont le devoir de promouvoir en ce moment critique. Les dirigeants de l'Eglise catholique de Jérusalem doivent prendre clairement leurs distances par rapport à ces caricatures et à cette prière.' Une chose est de mettre en lumière les injustices subies par le peuple palestinien. C'en est une autre que de le faire dans un schéma qui rappelle les pires formes de l'antisémitisme chrétien. »
Professeur John T. Pawlikowski, Chicago, de l'Ordre des Servites de Marie, professeur d'éthique sociale, Catholic Theological Union de Chicago, vice-président du Conseil International des Chrétiens et des Juifs (ICCJ).
3. Réaction d'un évêque français:
08/03/01, par E-Mail.
« Ces caricatures sont scandaleuses et blasphématoires. Je m'associe pleinement aux réactions du prêtre et du pasteur que vous nous avez transmises. »
Monseigneur Olivier de Berranger, évêque de Seine-Saint Denis (France)
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CJE n'a pas coutume de publier sur son site les dizaines d'odieuses caricatures parues dans les médias palestiniens et arabes, qui nous parviennent chaque jour, ni même d'y réagir. Toutefois, ces deux dessins, et la prière' qui est jointe à l'un d'entre eux, qui font un usage scandaleux d'une problématique chrétienne sacrée afin de mobiliser l'opinion chrétienne contre les Juifs en remettant en course des thèmes antisémites, bien connus (et meurtriers) m'ont paru insupportables. Aussi, en mon nom personnel, et sans impliquer CJE, j'ai décidé d'utiliser mon droit d'auteur et de chercheur à exprimer une opinion qui m'est propre. J'ai l'intention en effet d'attirer l'intention du plus grand nombre de chrétiens possible sur ce qui se passe dans le monde en général et en Israël en particulier, en ces mois où fait rage une guerre médiatique qui fait un usage cynique du mensonge et de la désinformation contre la population israélienne et ses dirigeants, et, indirectement et subtilement, contre tous les Juifs. Mon espoir est que des organisations chrétiennes, des responsables et des personnes privées de confession chrétiennes réagiront en conséquence. M.R. Macina.
[3] Les passages en gras et en italiques sont du Webmestre de CJE.