Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Éditorialistes

Lettre d’un "nouveau chrétien" québécois au Premier ministre du Québec
25/04/2002

[Edmond Silber nous adresse cette lettre que nous publions volontiers, avec l’autorisation de son auteur.]
Laval, le 23 avril 2002

Monsieur Bernard Landry
Premier ministre
Gouvernement du Québec
12e étage
75, boulevard René Lévesque, Ouest
Montréal, Québec
H2Z 1A4


Monsieur le Premier ministre,

En tant que Québécois de souche dont les ancêtres huguenots (nouveaux chrétienx) sont arrivés au port de Québec, le 6 août 1658, sur le navire « Le Taureau » (150 tonneaux). Je me joins à mes compatriotes québécois de confession Israélite, pour vous dire ma plus profonde préoccupation de la présente pratique de désinformation auquel se prêtent, de manière quasi générale nos médias écrits et parlés québécois sur le conflit israélo-palestinien. En agissant ainsi, ils ne font qu’encourager le peuple palestinien à commettre des actes de violence, et non [à parvenir à] un règlement pacifique du conflit.

Quotidiennement, notre attention est attirée sur des contres vérités tordues, puisées à même la propagande palestinienne, oubliant surtout de dire que le véritable responsable du conflit israélo-palestinien ce n’est pas Israël, mais le refus obstiné des pays arabes et l’Autorité palestinienne de reconnaître l’existence de l’État d’Israël et son acharnement à le détruire.

Ce présent conflit israélo-palestinien est le résultat de multiples agressions armées et d’actes terroristes d’une cruauté sans nom, perpétrés sur la population civile israélienne par les pays arabes et l’Autorité palestinienne, qui n’ont jamais voulu renoncer à l’objectif de détruire Israël.

Et lorsqu’il y a une nouvelle qui pourrait être en faveur d’Israël, comme la récente manifestation du 17 avril - dont la marche d’une foule de québécoises et de québécois en faveur d’Israël, qui s’étendait sur le boulevard René Lévesque, de Pell en passant par la rue Union au Carré Philip, foule qui selon des observateurs sérieux, pouvait être évaluée entre 25 000 à 50.000 personnes -, on trouve le moyen, au bulletin de nouvelles du soir de Radio Canada, TVA et TQS, de ne nous montrer qu’une poignée de contres manifestants pro-palestiniens et d’extrémistes juifs anti-sionistes. On appelle ça de la désinformation. Et cela est grave !

Nous, les Québécois, avons des raisons bien spéciales de craindre cette politique de désinformation. Si cette politique de désinformation continue dans nos médias écrits et parlés, cela ne peut que mener le Québec - comme c’est le cas présentement pour la France, la Belgique et l’Allemagne, pour ne nommer qu’eux -, vers une vague d’antisémitisme, qui est loin d’être souhaitée par l’ensemble du peuple québécois.

Au Québec, nous n’avons pas seulement la présence de nos compatriotes québécois de confession israélite, il y a aussi les Québécois dits de souche, dont certains ancêtres français étaient de nouveaux chrétiens. Et, depuis le début de la colonie, avec le mélange des mariages de nos ancêtres, ce sont tous les Québécois de souche qui ont une origine israélite française au Québec. C’est malheureux pour ceux qui se veulent être des antisémites québécois.

Il faut surtout pas oublier que l’antisémitisme a la particularité de s’attaquer non seulement aux personnes de confession israélite, mais aussi, à toutes les personnes dont ont peut identifier l’origine israélite, et cela même si c’est depuis des générations.

Pour comprendre ce phénomène québécois de la présence cachée de nos ancêtres nouveaux chrétiens, il faut se reporter à l’édit royal d’expulsion des Juifs de France, du 17 septembre 1394, où le judaïsme n’est plus toléré en France. À ce moment-là, tous les juifs de France qui refusèrent de quitter la France, se sont enregistrés au registre de la catholicité pour se conformer à la loi, et par la suite, continuèrent la pratique de leur religion dans le secret, sans être inquiétés.

Ce décret d’expulsion des Juifs de France fut appliqué avec rigueur jusqu’à la révolution française (1789), ce qui a eu pour conséquence d’imposer à nos ancêtres français nouveaux chrétiens d’être toujours en possession d’un certificat de baptême pour avoir le droit d’exister et de demeurer en France. C’est de cette manière que la communauté des nouveaux chrétiens de France étaient tous en possession de certificats de baptême catholique ou protestant, et qu’ils purent, en toute tranquillité, émigrer en Nouvelle-France.

Je me permets de joindre à cette lettre, un document de recherches sur l’historique du conflit israélo-palestinien, que j’ai écrit pour informer mes compatriotes québécois. On y traite des résolutions 181, et 242, 338 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’assurance de ma plus sincère considération et solidarité.


Jean-Marie Gélinas
Président
Amitiés Québec-Israël

c.c. aux membres de l’exécutif des Amitiés Québec-Israël