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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu'au 15 novembre 2007

Al-Dura/Fr2: Pas de nouvelle affaire Dreyfus ! M. Macina
30/01/2005

Mise à jour le 4 février : ajout substantiel à la note n° 3, ci-après.

31/01/05


Est-il décent de se taire encore ? Le temps n'est-il pas venu de mettre un terme à la paranoïa du prétendu complot de Netsarim ? La synthèse tentée ici est facilitée par la mise au point claire, objective et sans concession, de Denis Jeambar et de Daniel Leconte (1), dans Le Figaro du 25 janvier 2005, et par la parution de plusieurs articles dans la grande presse.


Comme les journalistes précités, il y a lieu, d'entrée de jeu, de se poser, une fois de plus, la grave question des raisons qui ont poussé Charles Enderlin, le correspondant de France 2 en Israël, à diffuser, urbi et orbi, le clip montrant la mort de l'enfant palestinien, accompagné de ce commentaire accusateur (2):

"Ici Djamal et son père. Ils sont la cible des tirs venus de la position israélienne. L'enfant fait des signes mais... une nouvelle rafale... l'enfant est mort et son père est blessé."

Plus consternant encore : outre qu'il n'a jamais renié, ni même nuancé son affirmation initiale, Enderlin a aggravé les doutes qui pèsent sur cette affaire, déjà terriblement explosive, en affirmant – mensongèrement, comme on le sait depuis (3):

"J'ai coupé l'agonie de l'enfant. C'était insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus.".

Et comme si cela ne suffisait pas, il va plus loin encore, dans une libre opinion récente. En effet, non seulement il ne souffle mot de son mensonge, mais il retourne contre les Forces de Défense d'Israël la mise en perspective à laquelle il procède, pour justifier la diffusion intempestive de la vidéo de la mort de l'enfant palestinien et le commentaire dont il l'accompagnait, imputant d'emblée la responsabilité à un tir israélien, alors qu'il n'était pas alors en mesure de vérifier l'exactitude de son affirmation. Le procédé est d'autant plus choquant qu'il fait porter tout le poids de l'accusation sur Tsahal. Qu'on en juge (4):

"…pour moi, l'image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L'armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l'utilisation massive de tirs à balles réelles. D'ailleurs, Ben Kaspit du quotidien israélien Maariv révélera un secret militaire deux années plus tard : durant le premier mois de l'Intifada, Tsahal avait tiré un million de cartouches de calibres divers, 700 000 en Cisjordanie et 300 000 à Gaza... Des enfants palestiniens se sont retrouvés en première ligne. Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux, 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes... Les envoyés spéciaux sur place et les reportages filmés sur le terrain peuvent le confirmer."


Il faut savoir gré à D. Jeambar et à D. Leconte de n'avoir pas escamoté, ni édulcoré la mise en cause a priori de Tsahal par Enderlin ni son mensonge flagrant, préjudiciables au système de défense de France 2. Ce sont ces faits, conjugués à d'autres, non moins troublants - telles, surtout, les images figurant dans les rushes et montrant ce qui ressemble fort à des mises en scène palestiniennes d'évacuations de blessés imaginaires, et autres incongruités -, qui ont poussé les deux journalistes à examiner de plus près les éléments factuels, apparemment confondants, à eux présentés par un ancien chroniqueur de télévision du Monde, Luc Rosenzweig (5).

A l'été 2004, Jeambar et Leconte rencontrent ce journaliste. Ils se lancent dans l'élucidation de cette affaire avec une empathie qui honore leur profession et leurs personnes, comme en témoigne cette confidence (6):

"Nous savons les ravages causés par cette image, la haine qu'elle a entretenue et développée sur place, chez nous, dans les banlieues dites sensibles, et partout ailleurs dans le monde où elle a été présentée, sur la base du commentaire fourni par Charles Enderlin, comme un exemple de la barbarie israélienne."

Ils décident donc "d'accompagner Luc Rozensweig dans son enquête pour tenter de savoir ce qui s'est vraiment passé, ce jour-là, au carrefour de Netzarim". Ils reconnaissent volontiers que l'ancien journaliste du Monde leur "présente des faits totalement contradictoires avec la version officielle donnée par Charles Enderlin et Talal Abou Rama".

"Rozensweig va même plus loin", affirment-ils. "Il reprend les thèses de la Mena et suggère que les images de l'enfant et de son père sous le feu des balles pourraient être le résultat d'une mise en scène organisée par les Palestiniens."


De leur côté, Nicolas Delesalle et M. Delpois, journalistes de Télérama, ont donné, de ces tractations, une description vivante et colorée (7), qui se veut factuelle, et dont il faut bien reconnaître - sans qu'il soit possible d'en garantir la parfaite objectivité – qu'elle recoupe, pour l'essentiel, d'autres comptes-rendus, dont, surtout, celui de Jeambar et Leconte (8).

"Juste après la tragédie, les polémiques sur la provenance des tirs faisaient déjà florès", expliquent les journalistes de Télérama. "Puis, la controverse sur la réalité même de la mort de l'enfant a éludé les querelles balistiques. Un livre a été édité (9), dénonçant, dans un fatras d'hypothèses, une manipulation. Le Conseil d'Etat a même été saisi, au motif, selon les plaignants, que le CSA «a refusé de mettre en demeure France-Télévisions de cesser de proférer une accusation sans preuve»." [contre Tsahal, NDLR de Télérama].

Et les deux journalistes de poursuivre :

"Du cinéma, selon la Mena. Une fiction, avec metteur en scène et comédiens, concoctée par Charles Enderlin, le correspondant de la chaîne en Israël, et par son cameraman, Talal Abou Rahma. Mohamad, l'icône de l'Intifada, imprimée sur des timbres en Tunisie ou au Maroc, aurait été incarnée par un figurant gazaoui [de Gaza] encore bien en vie. Et l'image-symbole du martyre palestinien serait le fruit pourri d'une imposture destinée à faire passer les soldats de Tsahal pour des tueurs d'enfants."


On comprend que, face à l'énormité de l'accusation, France 2 ait décidé de porter plainte. Arlette Chabot s'en est clairement expliquée elle-même (10) :

"Depuis six mois, on essaye de lancer une rumeur selon laquelle France 2 s'est prêtée à une manipulation, que le garçon n'est pas mort, que son père n'a pas été blessé et que tout ceci a été une mise en scène complaisamment filmée par France 2 […] La chaîne n'accepte pas que le professionnalisme et l'impartialité de ses journalistes soient mis en cause et porte plainte pour mettre fin à cette campagne de diffamation."


Ensuite, les choses s'emballent. Malgré les recommandations de Jeambar et de Leconte, qui, "pour empêcher les manoeuvres médiatiques habituelles", avaient "demandé à Luc Rozensweig de garder le secret jusqu'au bout" (11), Stéphane Juffa, directeur de la Ména, révèle - précisent les journalistes de Télérama - que

"Luc Rosenzweig […] accompagné de deux «éminents responsables de médias français», avait rencontré, au nom de la Mena, Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, pour qu'elle s'explique sur l'affaire Mohamad el-Dirah [Al-Dura]. Stupeur. La rumeur était entrée dans une rédaction, et pas n'importe laquelle […] nous découvrons les noms des glorieux anonymes : Denis Jeambar […] et Daniel Leconte […] ! Interloqués, nous téléphonons à Charles Enderlin, à Jérusalem : «C'est reparti ! Ces gens essaient de décrédibiliser les médias français. Ça fait quatre ans que je les ai sur le dos. Si les Palestiniens ont réussi à faire Hollywood à Gaza, sous des tirs à balles réelles, alors ils sont parvenus à ce qu'aucun metteur en scène n'avait fait jusque-là ! Et si c'est une supercherie, alors le roi Abdallah de Jordanie, qui a rendu visite au père de Mohamad à l'hôpital d'Amman, est dans le coup ! Appelez Paris !»" (12).

Toujours selon les journalistes de Télérama, lorsqu'elle apprend la fuite, Arlette Chabot s'exclame :

"Jamais cela n'aurait dû être rendu public ! J'ai rencontré Rosenzweig parce qu'il n'avait, a priori, rien à voir avec la Mena ! J'ai écouté ce qu'ils avaient à dire. Mais nous regroupons des éléments qui prouvent que ces affirmations sont totalement fausses!"

Après avoir réuni ces éléments, que les journalistes de Télérama appellent «contre-preuves», la directrice de l'information de France 2 les leur présente, en même temps qu'à Jeambar et Leconte, le 2 novembre (jour des élections présidentielles américaines !), à 17h30, "pour les convaincre qu'ils font fausse route".

Ci-après le compte-rendu intégral de cette rencontre décisive, telle qu'elle est relatée par les journalistes de Télérama :

"Pour prouver la bonne foi de M. Enderlin et de son cameraman, Mme Chabot a projeté leur reportage tel qu'il avait été diffusé sur la chaîne ainsi qu'un autre reportage tourné au même moment, mais sous un autre angle, par l'agence Reuters. Les deux séquences prouvent qu'une «mise en scène» est hautement improbable. En outre, pour répondre aux accusations selon lesquelles Jamal Al Dura n'aurait jamais été blessé, un autre reportage de la télévision jordanienne, tourné le 1er octobre 2000 à l'hôpital militaire Al Hussein à Amman, montre le prince Abdallah rendant visite au père du jeune Mohamed, transporté en Jordanie pour y subir plusieurs opérations.

Enfin, France 2 a demandé, il y a un mois, au cameraman Talal Abou Rahmeh d'aller interviewer Jamal Al Dura à Gaza, où il vit toujours. Montrant sa carte d'identité pour bien se faire identifier, l'homme a accepté de se déshabiller devant la caméra pour montrer que ses cicatrices correspondaient bien à ses blessures filmées sur son lit d'hôpital. Concernant le petit Mohamed, France 2 a, par ailleurs, effectué une comparaison entre les photos de l'enfant prises à la morgue avec ses blessures au visage et les arrêts sur image de son visage lors de la fusillade. «Il s'agit bien du même enfant et nous sommes prêts à livrer ses photos pour une expertise officielle», a souligné Mme Chabot."



C'est alors que le camp de la thèse extrême (mise en scène de la pseudo-mort de Mohammed Al-Dura) rompt le pacte de la discrétion. Informée par Luc Rosenzweig, à leur insu, relatent Jeambar et Leconte,

"la Ména rend public, le lendemain, dans une longue dépêche, les détails de la rencontre entre France 2 et nous. Elle profite même des premières conclusions, auxquelles nous sommes arrivés la veille avec France 2, pour pousser l'avantage et exposer la thèse de la mise en scène de la mort de l'enfant, thèse que, pour notre part, nous n'avons, faute de preuves sérieuses, jamais reprise à notre compte" (13).

Tout va-t-il basculer ? En temps normal, il n'en faudrait pas plus pour donner le signal de la curée médiatique. Ce n'est pas la voie que choisissent les journalistes chevronnés et responsables, que sont Jeambar et Leconte (14):

"Sollicités par la presse, nous choisissons de nous taire. Nous savons, en effet, que, dans le tintamarre orchestré par la Mena, nous ne pouvons plus être entendus. France 2, entre-temps, d'ailleurs, nous a présenté des éléments sérieux qui réfutent la thèse de la mise en scène de la mort de l'enfant. Nous décidons alors d'interrompre notre enquête comme le fait la presse sur bien des sujets tous les jours."


Comment réagit le camp de la thèse du complot – puisqu'il faut bien appeler ainsi ce déchaînement d'accusations et de diffamations débridées ? Ses activistes se tournent vers la presse anglo-saxonne, particulièrement américaine, tandis que se déchaînent des sites francophones, inconditionnels de la thèse du complot. En moins d'un mois, paraissent, dans des médias américains considérés comme sérieux (en particulier le Wall Street Journal, édition européenne, et même le néo-conservateur FrontPageMag.com), des articles qui accréditent plus ou moins le soupçon de conjuration. La manœuvre est habile. Nombreux sont les journalistes américains qui, excédés par l'anti-américanisme d'une partie de la presse française, sont enclins à prêter l'oreille à l'accusation selon laquelle le "mastodonte de l'audiovisuel", qu'est France Télévisions – d'autant plus suspect qu'il s'agit d'un média d'Etat ('donc obligatoirement à la solde d'un «pouvoir français»' que beaucoup, aux Etats-Unis, jugent déloyal envers l'Amérique) - tente d'intimider d'«honnêtes journalistes» qui luttent pour que la vérité voie le jour.

Le silence n'est plus de mise, estiment alors les journalistes qui ont choisi de ne pas relayer la thèse d'une mise en scène de la mort du jeune Palestinien. Il est même contreproductif en ce qu'il semble encourager les accusateurs, qui le mettent sur le compte du désarroi ou de la lâcheté. Jeambar et Leconte décident donc de remettre les pendules à l'heure (15):

"Aujourd'hui que le tintamarre est un peu retombé, il redevient possible de dire les choses et qui sait, peut-être, d'être enfin entendus. A ceux qui, comme la Mena, ont voulu nous instrumentaliser pour étayer la thèse de la mise en scène de la mort de l'enfant par des Palestiniens, nous disons qu'ils nous trompent et qu'ils trompent leurs lecteurs. Non seulement nous ne partageons pas ce point de vue, mais nous affirmons qu'en l'état actuel de notre connaissance du dossier, rien ne permet de l'affirmer, bien au contraire."


Résultat: les positions des tenants de la thèse du complot et de la mise en scène de la mort de l'enfant palestinien, s'exaspèrent d'autant plus que leurs arguments n'ont pas été retenus par les deux journalistes français sur lesquels ils comptaient le plus. Victimisés ou s'estimant tels, ils n'hésitent pas à s'identifier aux défenseurs du Juif Dreyfus, injustement accusé, jadis, par la toute-puissante armée française. Pour eux, le 'complot' France 2/Al-Dura, n'est ni plus ni moins qu'un moderne remake de l'affaire Dreyfus !

Médisance, exagération ? Pas du tout. Après l'avoir insinué durant des mois, ce sont eux qui expriment ouvertement, désormais, ce parallèle, aussi ridicule que délirant.

Selon ses accusateurs les plus inconditionnels, la nouvelle directrice de l'information, Arlette Chabot, fait d'Abu Rahma un moderne Esterhazy - l'officier français, auteur présumé du bordereau secret qui sera fatal à Dreyfus (16). Témoin ce propos (17):

"En interdisant l'accès aux 27 minutes de rushes de l'assassinat que le caméraman de la chaîne française, Talal Abou Rahma, prétend avoir filmés, la télévision du service public fait plus que diaboliser mon peuple ; après avoir commis le plus ignoble acte d'incitation à la haine ethnique depuis le bordereau d'Esterhazy, elle dénie à ses téléspectateurs le droit à l'information et elle contrevient, de manière spectaculaire, à sa propre charte éthique".

N'a-t-elle pas mis le comble à l'ignominie de toute cette affaire, en chargeant le caméraman palestinien de fabriquer des fausses preuves, en l'espèce d'une séquence filmée des (prétendues) cicatrices de Jamal Al-Dura, le père du petit Mohammed, censé avoir été blessé, lors de la fusillade de Netzarim ? (18).

"Comme le gouvernement de l'époque de Dreyfus, qui... avait fait fabriquer un bordereau secret par Esterhazy, le coupable même du crime contre la France, afin d'accabler un soldat juif innocent et de justifier la campagne antisémite qui ravageait la France, Arlette Chabot charge le faussaire... et fauteur de guerre, Abou Rahma, de la même besogne. C'est fait à la hâte : Rahma s'empresse d'aller filmer son acteur fétiche, Jamal A-Dura, afin de présenter les cicatrices de son corps, censées prouver qu'il a véritablement été blessé lors du non-événement de Netzarim. "


Conclusion, vulgaire et coléreuse, de l'auteur du propos précédent, qui ne pardonne pas aux journalistes Leconte et Jeambar d'avoir déjoué la manœuvre consistant à introduire la thèse du complot au cœur de la place forte des médias français, dans un 'cheval de Troie' journalistique, qui a nom Luc Rosenzweig :

"N'est pas Zola qui veut, il y a aussi l'alimentaire… Peut-être Leconte réalisa-t-il que sa maison de production travaille surtout pour Arte, qu'Arte, c'est le pouvoir chiraquien dans sa quintessence et que le pouvoir chiraquien soutient, jusqu'à la déraison, le chantre officieux de sa politique proche-orientale, en la personne de Charles Enderlin ? Quant à Denis Jeambar, il doit prendre en compte le harcèlement furieux des journalistes français, et les pressions provenant des services de persuasion positive de France Télévisions, tantôt conciliants, tantôt menaçants [et] les messages plus ou moins discrets en provenance du Quai [d'Orsay]. A l'Express […] une fronde interne, emmenée par les potes d'Enderlin, Vincent Hugeux et Jacques Attali…"


Du délire, certes. Mais, il n'y a pas de quoi en rire. Après la rumeur, les tentatives de manipulation, l'intimidation médiatique, puis la calomnie, voici l'insulte. Les journalistes qui n'ont pas cédé à cette folie sont accusés, au mieux, de vénalité ou de lâcheté, au pire, de conjuration et de parjure envers leurs lecteurs pour avoir violé la charte et l'éthique de leur profession, en laissant condamner un Etat juif innocent à seule fin de blanchir le vrai coupable : un des leurs - "Charles Enderlin, l'Esterhazy des temps modernes" !

C'est indigne.

Et pourtant, à quelques rarissimes exceptions près, nous gardons le silence, au risque de donner l'impression que nous approuvons ce comportement et ces propos.

Jusqu'où les choses iront-elles ?

N'est-il pas temps de dire : Assez ?

Menahem Macina

© upjf.org


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Notes

(1) Denis Jeambar et Daniel Leconte, "Guet-apens dans la guerre des images", Le Figaro, 25 janvier 2005 (Ci-après "Guet-apens").
(2) Ch. Enderlin, dans Télérama n° 2650, en date du 25/10/2000, page 10. Cité dans "Guet-apens", ci-dessus n. 1.
(3) Cf. ce constat sans appel des deux journalistes: "…le visionnage des rushes ne nous apprend rien de plus sur «l'agonie de l'enfant». Ou plutôt, si ! Cette fameuse «agonie», qu'Enderlin affirme avoir coupée au montage, n'existe pas." ("Guet-apens", ci-dessus, n. 1). Ce mensonge (diplomatique?) est d'autant plus incompréhensible, qu'Enderlin ne dit rien de tel au cours d'une interview qu'il accordait à la journaliste Elisabeth Schemla, in tempore non supecto, le 1er octobre 2002. (Voir "Un entretien exclusif avec Charles Enderlin, deux ans après la mort en direct de Mohamed Al-Dura à Gaza".) Il en va de même de l'accusation portée à l'encontre d'Enderlin et de France 2, censés avoir soigneusement "caché" la totalité des rushes. Dans la même interview, Enderlin en décrit nettement et franchement le contenu, en ces termes : "Avant la scène fatidique, que voit-on ? Au carrefour de Netzarim, le clash classique : des manifestants qui jettent des pierres sur la position israélienne, l'armée qui utilise les gaz lacrymogènes, le croisement est encore ouvert, et au milieu de tout ça, Abu Rahme fait des interviews de manifestants, un entretien en pleine rue avec Hakim Abdel Awad, chef de la Shabiba, les Jeunesses du Fatah à Gaza, qui explique en anglais que tout ça va durer deux, trois jours, qu'il s'agit de montrer aux Israéliens l'importance pour les Palestiniens du Haram Al Sharif, le Mont du Temple." J'y reviendrai.
(4) Charles Enderlin, "Non à la censure à la source", Le Figaro 27 janvier 2005.
(5) Ce journaliste en avait déjà exprimé l'essentiel dans un article antérieur : Luc Rosensweig, "Halte au lynchage médiatique d'Israël !", Le Figaro du 15 avril 2002.
(6) Voir "Guet-apens", ci-dessus, n. 1.
(7) Nicolas Delesalle, Marc Belpois, "La controverse de Netzarim [A-Dura/France 2]". (Ci-après : "Controverse de Netzarim").
(8) Voir "Guet-apens", ci-dessus, n. 1.
(9) Contre-expertise d'une mise en scène, de Gérard Huber, éd. Raphaël, 2003, 237 pages.
(10) Voir : Daniel Psenny, "Accusée de mise en scène, France 2 porte plainte", Le Monde du 20 novembre 2004.
(11) Voir : "Guet-apens", ci-dessus, n. 1.
(12) Voir : "Controverse de Netzarim", n. 7 ci-dessus.
(13) Voir : "Guet-apens", ci-dessus, n. 1.
(14) Voir : Idem.
(15) Voir : Idem.
(16) L'affaire Dreyfus fait l'objet d'une énorme bibliographie et de nombreux articles sur le Net (pas tous fiables !). Voir, entre autres, une brève chronologie, "1906 : Réhabilitation de Dreyfus" ; "L'Affaire Dreyfus, expression de l'antisémitisme". Sur le "bordereau", voir l'article, très critique : "Le bordereau et le petit bleu". Etc.
(17) Jean Tsadik, "Des mesures qui n'arrêteront jamais la peste" ; ou, plus clairement : "Charles Enderlin, l'Esterhazy des temps modernes", I. Tsadik, dans un extrait de "Hors d'état de saisir".
(18) S. Juffa , 27 janvier 2005 "Trop loin ou pas assez".


Mis en ligne le 31 janvier 2005 sur le site www.upjf.org.
Remis en tête de liste le 08/02/05