« À propos des attentats de Londres, de Charm-el-Cheikh, et de ceux à venir… »
27/09/2005
Les attentats islamistes ne procèdent pas du nihilisme mais d’une stratégie de conquête, A. Del Valle
L’auteur fait litière de l’antienne d’un prétendu "nihilisme", censé expliquer le terrorisme suicidaire. « Loin d’être une "menace globale" nihiliste, essentiellement désespérée et comparable au terrorisme suicidaire de certains mouvements terroristes révolutionnaires tiers-mondistes, la menace totalitaire islamiste est une menace qui a du sens et qui fait sens : l’islamisme à la Ben Laden est une réponse anti-nihiliste convulsive et revancharde au mode de vie occidental et à l’influence de ce mode de vie nihiliste occidental dans les pays musulmans. » Un texte décapant et incontournable.
En ce quatrième anniversaire de la commémoration du 11 septembre 2001, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Histoire ne semble pas donner raison aux prophètes de l’Autruche qui avaient affirmé que la stratégie "hyperterroriste" d’Al Qaïda était à bout de souffle et ne constituait que l’ultime sursaut "désespéré" de la bête immonde essoufflée, l’ultime secousse chaotique d’une expérience "nihiliste" vouée à l’échec. Entre temps, et après Manhattan, la "menace nihiliste", ou la "terreur globale" - ainsi que les responsables occidentaux l’ont (fort mal) nommée -, n’a pourtant pas dit son dernier mot : de Bali à Djerba (La Ghriba), de Casablanca à Istanbul, de Madrid (11 mars 2004) à Londres (7 juillet 2005, 56 morts, et 21 juillet), puis de Londres à Charm al Cheikh (23 juillet, 65 morts, dont plusieurs italiens et britanniques), l’islamoterrorisme anti-occidental n’a pas fini de surprendre et de terroriser, peut être encore plus psychologiquement que physiquement, son meilleur allié étant la lâcheté européenne.
Comme les précédents attentats, celui de Charm Al Cheikh a été perpétré et a été revendiqué, une fois de plus, au nom de l’Islam et non pas ex nihilo, notamment par le "Groupe de l’Unicité et du Jihad en Égypte", lequel a présenté, de façon fort cohérente, et nullement "nihiliste", les attentats comme « une vengeance pour nos frères en Irak, en Afghanistan (...) et en réponse à la guerre contre le terrorisme et l’Islam. » Quant au second groupe qui a revendiqué le carnage, le "Groupe Al-Qaïda au pays du Levant et en Égypte", il a également été fort clair et cohérent : « Cette opération est une réponse aux forces du mal qui font couler le sang des musulmans en Irak, en Afghanistan, en Palestine et en Tchétchénie. »
Il en a été de même pour les attentats de Londres, les premiers actes terroristes massifs dirigés contre l’ancienne zone d’action et base arrière favorite des Djihadistes en Europe : le message est clair : si Londres ne retire pas ses troupes d’Irak et si le Gouvernement de Tony Blair continue, sous pression américaine (depuis le 11 septembre 2001), d’arrêter des militants islamistes, jadis si libres dans le Londonistan, dans le cadre de la lutte internationale au terrorisme, la Grande Bretagne ne sera plus épargnée et deviendra au contraire l’une des cibles privilégiées d’Al Qaïda, puisqu’elle a, de facto, rompu le deal. Le bras droit d’Oussama Ben Laden, Ayman Al Zaouahri, déclarait ainsi, le jeudi 4 août 2005, dans un document vidéo diffusé par Al Djézira, que la politique poursuivie par Tony Blair entraînerait d’autres attentats en Grande-Bretagne. Dans un communiqué diffusé sur Internet, les "Brigades Abou Hafs al-Masri - division Europe", groupe de revendication habituel des attentats d’Al Qaïda, ont averti que la deuxième série d’attentats de Londres (22 juillet) était un "avertissement" aux pays qui "suivent" la politique américaine en Irak. « Nos frappes au cœur de la capitale britannique de l’incroyance est un message à tous les gouvernements européens. »
Chronique d’un carnage annoncé
En parfaite continuité avec ceux de Londres, Bali, Madrid, Istambul ou Manhattan, les attentats de Charm el Cheikh cadrent parfaitement avec la logique implacable des buts de guerre d’Al Qaïda et de la nébuleuse salafiste-djihadiste mondiale, nostalgique du Califat islamique et désireuse d’unifier la planète entière autour de la religion de l’Unicité (Tawhid): premièrement, déstabiliser et renverser les régimes musulmans "impies" ou "apostats" liés à l’Occident, à commencer par l’Égypte, la Tunisie, le Maroc, la Turquie et les pays du Golfe abritant des soldats américains "mécréants" ; deuxièmement, déclencher une vague de terreur psychologique dans le monde occidental et dans le monde non-musulman en général, dans le but de dissuader les gouvernements de soutenir la coalition "impérialiste américaine" et le "sionisme" (divide et impera [diviser pour régner], d’où les retraits espagnol, italien, etc d’Irak ; condamnations d’Israël, etc), puis de susciter une immense campagne de marketing autour du thème foncièrement anti-nihiliste de la Vraie religion des Justes et des Déshérités, la religion du David "persécuté" par le Goliath néo-colonialiste et "impie" : l’Islam.
N’en déplaise aux prophètes ou aux nouveaux Mandarins du Politiquement - ou plutôt, de l’islamiquement - correct, les Buts de Guerre d’Al Qaïda et des Fous d’Allah en général ne sont justement point fous, et encore moins "nihilistes". Car la progression de l’islamisme en Occident, de l’Australie à l’Europe en passant par les États-Unis, résulte essentiellement de la fascination qu’exerce cette religion qui ne craint pas la mort et envoie allègrement ses fils au martyre, tandis que les Occidentaux nihilistes prennent des antidépresseurs à la seule idée insupportable de la mort ou de la vieillesse. Loin d’être une "menace globale" nihiliste, essentiellement désespérée et comparable au terrorisme suicidaire de certains mouvements terroristes révolutionnaires tiers-mondistes, la menace totalitaire islamiste est une menace qui a du sens et qui fait sens : l’islamisme à la Ben Laden est une réponse anti-nihiliste convulsive et revancharde au mode de vie occidental et à l’influence de ce mode de vie nihiliste occidental dans les pays musulmans. Globalement, l’Islam progresse partout dans le monde parce que cette religion conquérante et sûre d’elle-même jusqu’à assumer les pires violences se présente comme une réponse de sens à un mode de vie supposé ne plus en avoir. Et c’est bien parce que l’Homme est naturellement fasciné par la force et les certitudes et qu’il a une terrible propension naturelle à la "ervitude volontaire", pour paraphraser la Boétie, que le troisième totalitarisme, l’islamisme radical, a l’avenir devant lui et constituera encore, pour longtemps, la principale menace stratégique, psychologique, démographique, théocratique, sociale et économique pour l’Occident "judéo-croisé" et les pays d’un tiers-monde influencé par lui. La troisième guerre mondiale ne fait donc que commencer, et c’est justement parce qu’elle n’est pas "nihiliste" et qu’elle prétend remplir le vide de la société de consommation et de la télé-réalité, qu’elle est extrêmement dangereuse et susceptible de progresser toujours plus.
Étonnant étonnement
Tout observateur occidental un temps soit peu lucide de la terrible actualité terroriste de cet été ne peut que rester pantois devant deux étonnements coupables et révélateurs d’un esprit suicidaire.
Premièrement, non seulement les attentats de Londres, de Charm el Cheikh, comme ceux de Madrid et de Manhattan, ont, une fois de plus, donné aux nouveaux Munichois l’occasion d’accabler la politique américaine et de plaindre un peu plus les "victimes de l’impérialisme" occidentalo-sioniste, mais surtout, le souci de ne pas "faire l’amalgame" et de ne pas "alimenter l’islamophobie" l’a, cette fois-ci encore, presque emporté sur la compassion envers les familles des victimes de la barbarie verte. Car ces dernières, bien moins formées aux techniques de manipulation et bien moins enclines à instrumentaliser les douleurs que les islamistes, maîtres en victimisme culpabilisateur, ont été cent fois moins interviewées par nos médias ’stokholmisés’ que les leaders islamo-intégristes qui condamnent hypocritement les attentats islamistes, pourtant directement liés aux doctrines obscurantistes qu’ils enseignent en toute liberté dans les mosquées contrôlées par les Frères musulmans et les institutions musulmanes officielles, hélas majoritairement contrôlées par les intégristes. La meilleure preuve que le thème de "l’islamophobie" est devenu une véritable arme de terrorisme et que le terrorisme est autant psycho-sémantique que sanguinaire : l’auteur des attentats manqués du 21 juillet à Londres les a revendiqués au nom de la lutte contre "l’islamophobie" consécutive aux débordements et commentaires anti-musulmans, censée avoir gagné les Britanniques et la presse anglaise après les attentats du 7 juillet. En effet, lorsqu’il a été interrogé par la police italienne, Hamdi Hadus Isaac, le terroriste anglo-éthiopien arrêté à Rome, le 22 juillet - après avoir passé sans problème les frontières anglo-franco-italiennes, en train et en possession de faux-papiers somaliens -, a expliqué, pour sa défense, qu’il ne voulait pas tuer gratuitement, que l’on avait placé des bombes plus mortelles que prévues dans son sac, et qu’il avait seulement voulu réagir à "l’islamophobie".
Deuxièmement, ce qui est tout aussi étonnant, ce ne sont pas les terribles et barbares attentats islamistes perpétrés à Londres, le 7 juillet, ou à Charm al Sheikh, le 21 juillet, mais le fait que l’on en ait été étonné et que les autorités britanniques, italiennes, etc., et occidentales, en général, s’en étonnent encore. Comme si le fait que Londres ait été l’une des principales bases arrière de l’islamo-terrorisme international avait pu être, en soi, à un seul moment, une réelle garantie de paix. Je précise par avance qu’il ne s’agit aucunement d’imputer le "11 septembre anglais" à la politique étrangère anglo-saxonne en Irak : il est tout de même fortement contradictoire, de la part des autorités britanniques, de participer pleinement à l’audacieuse politique étrangère américaine en Irak, en Afghanistan et dans le Golfe, tout en continuant de refuser d’extrader vers les États-Unis des fous-furieux islamo-terroristes comme Abou Hamza ou d’autres, et surtout en continuant d’accueillir en Grande Bretagne la plupart des opposants islamistes aux régimes arabes non encore gouvernés par l’Islamisme (Égypte, Syrie, Tunisie, Algérie, etc). Certes, le "Londonistan" arabo-musulman n’est plus tout à fait le havre de pax islamica qu’il était pour les djihadistes du monde entier jusqu’au 11 septembre. Hélas ! ce que j’avais annoncé dans mes précédents ouvrages, notamment Islamisme-États-Unis, en 1997, puis Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties, en 2002, s’est avéré non pas pessimiste, mais tristement réaliste. Et il n’y a aucun mérite prophétique à avoir prévu cela, dans la mesure où, comme tous les vrais fanatiques totalitaires, les Islamistes radicaux n’ont jamais cessé non seulement d’annoncer la couleur mais surtout de dire ce qu’il font et de faire ce qu’ils disent. L’exact inverse de la devise des dirigeants des démocraties. D’autant que la stratégie du "terrorisme global", chère à Al Qaïda, s’est avérée extrêmement payante, efficace et économique depuis Dar Es-Salaam, en 1998, et surtout Manhattan : jamais l’on a autant parlé de l’Islam et jamais autant d’Occidentaux ne se sont convertis à la "vraie religion", celle d’Allah et de Mahomet, que depuis le 11 septembre 2001. Il n’y a donc aucune raison qu’une stratégie de marketing planétaire aussi bénéfique et médiatiquement rentable ne s’arrête.
Les Occidentaux ont-ils compris la leçon ? Rien n’est moins sûr…
Mais les autorités britanniques et leur système judiciaire très particulier ont continué, jusqu’à ces dernières semaines, à tolérer les pires islamistes anti-occidentaux et obscurantistes, dès lors que ceux-ci n’appelaient pas ouvertement au Djihad. Une liberté et une "tolérance" reposant sur la plus vieille tradition démocratique d’Occident et sur une conception multiculturaliste fondée sur le fameux communalism (communautarisme). En gros, chacun sa "race" (Race Acts) et chacun ses "croyances", tant que l’on ne touche pas à la Couronne et que les croyances ne se matérialisent pas par des bombes. D’autant qu’à l’instar des États-Unis et de certains pays européens, la Grande Bretagne accorde d’importantes prérogatives socio-politiques et administratives aux religions. C’est ainsi que des "formateurs" musulmans issus de la même école sunnite indo-pakistanaise que celle des Talibans ("Déobandis"), ou des Frères musulmans, sont officiellement chargés de former les fonctionnaires et les policiers du Royaume-Uni. Étonnant ? Les autorités britanniques répondent qu’ils s’agit de "musulmans orthodoxes", dès lors qu’ils n’incitent pas ouvertement à la haine terroriste. Bref, il y aurait une différence entre "islamistes piétistes" ou "modérés" et islamistes "djihadistes" ou "terroristes". Or, il est plus que naïf de croire qu’il existe réellement une telle frontière, dès lors que la doctrine de référence (salafiste) est globalement la même. La meilleure preuve de l’étanchéité de la frontière entre islamistes "modérés" et islamistes "jihadistes" réside dans la duplicité même de l’un des idéologues et leaders suprêmes des Frères musulmans et du "salafisme modéré" (dixit Le Monde) au niveau mondial : Al-Qaradawi, lequel a simultanément encouragé, à plusieurs reprises, les attentats kamikazes, depuis le siège d’Al-Jezira, au Qatar, puis condamné hypocritement l’horreur du 11 septembre, depuis les sièges du Conseil européen de la Fatwa à Londres et à Bruxelles.
En réalité, la frontière qui existe réellement entre les deux et sur laquelle l’on doit s’appuyer est celle qui sépare les "musulmans modérés" des "islamistes", en général ("jihadistes" ou "intégristes"). Parler " d’islamistes modérés" ou se féliciter, immédiatement après les attentats de Londres, comme l’a fait Tony Blair, de ce que la "grande majorité des musulmans de Grande-Bretagne sont des modérés", est à la fois partiellement faux et surtout insuffisant. Car parmi les responsables religieux qui ont défilé pacifiquement dans les rues de la capitale londonienne, au lendemain des terribles attentats, on pouvait très facilement reconnaître les principaux responsables des grandes organisations musulmanes fondamentalistes et islamistes radicales de Grande-Bretagne (Déoband, salafistes saoudiens, Djamaa indo-pakistanais, Tabligh, Frères musulmans, etc), lesquelles sont, en très grandes majorité, contrôlées par d’authentiques fanatiques islamistes, certes tactiquement opposés à la violence (lorsqu’elle est inutile au sein des démocraties occidentales, molles et perméables au prosélytisme islamique pacifique), mais qui appellent clairement au Djihad en Palestine, en Tchétchénie, en Irak ou ailleurs, partout où « les musulmans sont opprimés. » Ces leaders islamistes, appelés "centristes" par certains pseudo-spécialistes occidentaux, n’en sont pas moins adeptes des mêmes visions obscurantistes et pathologiquement anti-occidentales du monde, que celles qui animent les islamo-terroristes qui ont frappé, le 9 juillet, à Londres, et qui vont bientôt sévir à Rome, Amsterdam ou ailleurs. Car il faut déjà s’y préparer.
L’urgence de l’Unité "pan-occidentale"
À ce propos, on ne rappellera jamais assez à quel point les divisions euro-américaines et euro-russes paraissent futiles et divisent artificiellement les trois grandes composantes de la "communauté pan-occidentale", que sont les Amériques, l’Europe de l’Ouest et l’Europe post-byzantine-orthodoxe, face au totalitarisme islamiste. On ne rappellera jamais assez qu’une identité n’est pas seulement ce qui rassemble, de façon positive, mais aussi ce qui unit de façon négative : Pour les cavaliers d’Allah, en effet, les Russes, les Serbes et les Israéliens sont tout aussi "Occidentaux" (c’est-à-dire judéo-chrétiens-croisés-impérialistes) que les Anglais, les Américains, les Italiens, les Français, ou les Allemands. Seules nos pseudo-élites intellectuelles et politiques, toujours formatées par les paradigmes de la guerre froide et la russophobie rabique, continuent de considérer Russes et slavo-orthodoxes en général comme extérieurs à l’identité occidentale. À cet égard, la stratégie antirusse des révolutions "roses" et "orange", survenues en Géorgie et en Ukraine - et largement encouragées par les certains milieux américains anti-orthodoxes et russophobes au nom de "l’Occident" démocratique -, puis les réactions violemment anti-occidentales et eurasiatiques qu’elles ont éveillées en Russie, en retour, constituent des éléments considérables de vulnérabilité face à la menace commune islamo-totalitaire et terroriste. Car les cavaliers du Jihad anti-occidental qui ont visé Londres, lors du sommet du G8, visaient autant Vladimir Poutine, le Russe slave "persécuteur de Tchétchènes", que les "trois B" occidentalistes : Bush-Blair-Berlusconi, Tony Blair et Silvio Berlusconi étant, d’ailleurs, de fidèles alliés de Poutine depuis l’arrivée de ce dernier à la tête du Kremlin en décembre 1999.
En conclusion, on peut dire que tout ce qui divise l’entité "pan-occidentale" en gestation - entité comprenant les Amériques, les Europe et Israël - profite aux conquérants islamistes, ennemis déclarés de ce Pan-Occident, dont l’existence ne semble pas évidente politiquement et stratégiquement pour nous, mais dont l’unité de civilisation est non seulement un fait, mais constitue une donnée évidente pour les Cavaliers d’Allah, lesquels désignent les différentes composantes de l’Occident élargi par les mêmes expressions de Gharb as-salibi ("Occident croisé"), et de Millatün Kufru Wahida : « le monde de l’Impiété ne fait qu’Un. »
Alexandre del Valle *
* Alexandre del Valle, politologue international, a publié de nombreux articles dans des revues de géopolitique
(
Hérodote ; Stratégique, Géostratégiques, Politique Internationale, Outre Terre), ou d’actualité politique (
Figaro Magazine, Panoramiques, Spectacle du Monde, Israël Magazine, Valeurs actuelles, Figaro, etc.), ayant tous pour toile de fond la sécurité européenne ou l’islamisme radical. Il est auteur de plusieurs essais, dont
islamisme-États-Unis (L’Age d’Homme, 1997, Lausanne) ;
Guerres contre l’Europe, Bosnie, Kosovo, Tchétchénie, Les Syrtes, 2000, Paris ;
Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties (Les Syrtes, 2002, Paris) ;
La Turquie dans l’Europe, un cheval de Troie islamiste ?, Les Syrtes, 2004, Paris. Il publie, en septembre 2005 un nouvel essai sur la Turquie, co-écrit avec le franco-iranien Emmanuel Razavi,
Le dilemne turc, les vraies raisons de la candidature d’Ankara, Les Syrtes.
Mis en ligne le 15 septembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org