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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu’au 15 novembre 2007

La blanche probité de Fr2. Quelques constats sur l’art de désinformer l’Occident et de persister

14/09/2005

Jean-Pierre Bensimon

Lettre du Collectif Paix et Vérité n° 8 10 février 2005

1 - Talal Abou Rahma, la caméraman qui a filmé la scène de la mort de Mohamed Al Dura, travaille à la fois pour la télévision palestinienne et pour France 2. Quand on connaît les canons de la liberté de presse sous le règne d’Arafat, il va de soi que ce caméraman est sous très haute influence, ce qui aurait du entacher d’une suspicion certaine son reportage pour le compte de son second employeur.

2 - Talal Abou Rahma témoigne sous serment devant un juriste du Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR), à Gaza qu’il a bien tourné vingt-sept minutes d’images sur les 45 minutes qu’aurait duré la fusillade. Il affirme alors que les deux victimes ont été atteintes par des balles tirées « de l’avant-poste israélien, [...] intentionnellement et de sang-froid ». Mais, deux ans après son témoignage sous serment il se rétracte par un courrier adressé à France 2 Jérusalem: « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme que les Israéliens avaient tué intentionnellement ou en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père. »

3 – Bien que les rushes soient abondants, il n’y a pas une image de l’agonie de l’enfant. Enderlin prétend d’abord qu’il possède des images, mais qu’elles sont trop cruelles pour être montrées. (Télérama, 25 octobre 2000). Jeambar et Leconte qui visionnent les rushes dans le bureau d’Arlette Chabot en 2004 ne trouvent pas trace de ces scènes terribles. Enderlin les a inventées.

4 – Personne d’autre que le caméraman palestinien Talal Abou Rahma n’a filmé la scène très longue (45 minutes de tirs selon ce dernier), alors que les équipes de TV étaient très nombreuses ce jour là, à ce carrefour là, sans doute convoquées par les hommes d’Arafat ? En 2002, Enderlin fait fugacement allusion à un film tourné par Reuters, mais nul n’a jamais pu en savoir plus, ni voir les images. Le second film est un produit de son imagination fertile, ou alors, qu’il le produise.

5 – Pour les médecins palestiniens le cadavre du petit Mohamed est arrivé à l’hôpital Shifa avant 13 heures, alors que les échanges de tirs qui auraient coûté la vie à Mohamed ont eu lieu au plus tôt à 15 heures. Ce n’est donc pas le cadavre de l’enfant Mohamed qui a été montré à la presse mais celui d’un autre enfant.

6 –Bien qu’il n’ait pas été pas présent au carrefour de Netzarim, Enderlin affirme dans son commentaire que les tirs viennent de la position israélienne. Cette information, il ne peut la tenir que du caméraman palestinien, dont on sait qu’il est aussi employé de la télévision palestinienne, donc sous la férule des hommes d’Arafat. Enderlin qui n’en à cure, la reprend à son compte. Il confectionne ainsi un véritable brûlot qui pourra être jeté à la tête de l’État d’Israël et déclencher la curée contre l’État juif dans le monde.

7 - Les Palestiniens n’ont jamais accepté que le petit martyr soit autopsié pour des raisons censément religieuses. Une autopsie aurait permis d’identifier le calibre des balles (5,5 israéliennes ou 7,62 palestiniennes) et d’imputer sans discussion possible la responsabilité de la mort de l’enfant, s’il est bien mort.

8 – Par un fait miraculeux, le père de l’enfant, qui a reçu au moins huit balles, porte un T shirt immaculé, sans la moindre trace de sang, alors qu’il aurait reçu des balles à haute vélocité, provocant des blessures particulièrement graves. Pas de sang non plus sur les habits de l’enfant mort.

9 – Dans les rushes, il apparaîtrait que le petit Mohamed mort, change plusieurs fois de position. Il plierait les genoux, soulèverait un coude, passerait sa main devant les yeux..

10 – Selon le général Samia, le commandant de Tsahal pour la région Sud à l’époque, les analyses postérieures des positions respectives, israéliennes et palestiniennes, démontrent qu’il n’était pas possible d’atteindre le père et l’enfant depuis le poste occupé par les soldats israéliens. Par contre ils étaient à portée des armes palestiniennes.

11 – Les rushes visionnés par Jeambar et Leconte ne contiennent qu’une série de saynètes ou de jeunes palestiniens miment des blessures puis se relèvent. Ces saynètes font l’objet d’une certaine mise en scène puisque des ambulances surgissent, emportent les faux blessés, etc. Des pieds de caméra professionnels sont fugacement dans le champ de Talal Abou Rahma, censé filmer des échanges de tirs réels. Une analyse image par image du film projeté dans le monde entier permettrait de distinguer des signes utilisés au cinéma pour indiquer une seconde prise.

12 – Pour tenter de se dédouaner, France 2 fait filmer par Talal Abou Rahma, les cicatrices de Jamal Al Dura, le père de Mohamed. L’homme a bien le corps couvert de cicatrices, mais le film ne dit pas de quand elles datent. Jamal aurait été soigné dans un hôpital israélien des années auparavant après une rixe avec d’autre palestiniens pour d’obscures affaires de trafic de stupéfiants. Quand on demande à France 2 de les faire expertiser par un médecin légiste, la chaîne dirigée par Arlette Chabot refuse.

13 - Le film projeté par la télévision palestinienne ajoute aux images de France 2 un certain nombre de plan dont celui d’un soldat israélien épaulant et tirant en direction de Mohamed Al Dura.

14 – Les services palestiniens sont coutumiers des faux plus ou moins convaincants destinés à l’intoxication des média. On a eu vent de l’accusation d’inoculation du Sida à des adolescents palestiniens, des chewing-gums excitant l’appétit sexuel des musulmanes pour les inciter à transgresser leur religion, des soldates israéliennes qui se déshabilleraient pour perdre les combattants palestiniens. On se souvient des affirmations que les Israéliens creusaient un tunnel sous l’Esplanade des Mosquées en 1996, alors qu’ils ne faisaient que dégager sur quelques mètres une issue pour un vieux souterrain hasmonéen, à l’extérieur de l’Esplanade. On connaît l’affaire du mort, tombé de sa civière et qui y remonte avant de prendre la fuite à toutes jambes. On se souvient aussi des bilans des affrontements de Jénine d’avril 2002 : 3000 morts, puis 500 morts, alors qu’il n’y en eut que 56, quasiment tous des combattants.

15 - Jeambar et Leconte racontent dans leur interview à RCJ le 1 février 2004 que les représentants de France 2 ont été obligés de reconnaître, « comme nous, que c’était de la mise en scène. C’est quand même extravagant. Et quand on leur a dit : "Mais vous voyez bien que c’est de la mise en scène", l’un d’entre eux nous a dit en souriant : "Mais oui. Mais tu sais bien que c’est toujours comme ça". Alors là, j’ai dit : "Toi tu sais, peut-être, mais le téléspectateur, il ne sait pas". »

16 – France 2 a diffusé le brûlot d’Enderlin gratuitement à tous les réseaux de télévision du monde. Cette générosité s’explique mal dans la mesure où les dirigeants de la chaîne publique, n’ont pas la liberté de faire des cadeaux sur les ressources publiques. Tout montre que France 2 a voulu donner un écho maximum à la thèse politique de l’État israélien criminel que venait étayer le reportage d’Enderlin.

17 – France 2 persiste dans l’opacité. Elle refuse de dévoiler les rushes en sa possession. Elle a refusé le débat en interdisant d’antenne le film d’Esther Shapira qui présentait une thèse différente sur l’évènement de Netsarim. Elle refuse que Talal Abou Rahma soit interrogé, que les blessures de Jamal Al Dura soient expertisées. Elle menace aujourd’hui quiconque met en cause sa blanche probité, de poursuites judiciaires…

J-P B

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