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Éditorialistes

Qui s’attaque aux juifs ? par L. Chabrun, C. Chartier, H. Chaillot et M. Leras

04/05/2002
L’Express du 25/04/2002
Les nouveaux antisémitismes français


© Hadj/Sipa Press
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par Laurent Chabrun, Claire Chartier, Hélène Chaillot et
Marc Leras


Depuis trois semaines, en France, les actes antisémites se sont multipliés. Qui les commet? Quelles en sont les motivations? En région parisienne, à Montpellier, à Marseille et à Strasbourg, L’Express a examiné les différentes hypothèses

Protection renforcée

Le gouvernement a décidé la mobilisation de plus de 1 100 hommes afin d’assurer la protection des écoles et des lieux de culte juifs. Au total, six compagnies de CRS et six escadrons de gendarmes mobiles ont été redéployés en France, en particulier à Strasbourg ou à Marseille, et dans dix autres grandes villes. Par ailleurs, la ministre de la Justice, Marylise Lebranchu, a sensibilisé les parquets en adressant aux magistrats des «instructions pénales d’extrême sévérité à l’égard de tout acte d’agression antisémite ou d’agression de caractère raciste à l’encontre de la communauté arabo-musulmane». Le ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, a, pour sa part, affirmé que «les services de police judiciaire [étaient] totalement mobilisés pour rechercher les auteurs des agressions et les remettre à la justice».

Qui sont les auteurs des attentats commis en France contre des synagogues ou des biens juifs? Des hommes de main des réseaux islamistes ou des filières d’extrême droite? Des voyous, prenant prétexte des événements du Proche-Orient pour exercer leurs talents de casseurs? De jeunes délinquants des cités, qui croient trouver dans un antisémitisme impulsif et une identification avec le peuple palestinien une façon d’exister aux yeux des autres? Ces deux dernières hypothèses semblent, pour l’heure, les plus pertinentes, d’après les enquêtes en cours à Paris, à Montpellier, à Marseille et à Strasbourg, même s’il convient, bien sûr, d’examiner chaque affaire de près. Retour sur trois semaines d’agressions contre la communauté juive française.


Le Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), dans la nuit du 1er au 2 avril. Un fracas de verre brisé réveille en sursaut le gardien de la synagogue de l’avenue John-Fitzgerald-Kennedy. A l’origine de ce bruit, venu de la porte d’entrée du bâtiment, deux bouteilles d’essence couronnées de mèches qui ont été jetées contre le seuil de l’édifice religieux sans prendre feu. Les incendiaires sont heureusement des amateurs... De sa fenêtre, une voisine croit apercevoir un scooter et une voiture s’évanouir dans l’obscurité. L’une des patrouilles de police tombe sur une Mercedes A 140, tous feux éteints, dans laquelle des silhouettes s’affairent. Une course-poursuite s’engage, durant laquelle les policiers voient l’un des passagers arrière se débarrasser de ce qui semble être une bouteille avant que le véhicule s’arrête. Cinq jeunes se trouvent à l’intérieur: le plus âgé, Azzehva, a 21 ans; le plus jeune, David, n’a pas 18 ans. Les autres, Sofiane, Abdelkader et Wicem, ont 19 ans. Sur le sol, les policiers découvrent un gant imbibé d’essence et retrouvent dans les broussailles la bouteille dont les passagers de la voiture souhaitaient visiblement se défaire. Remplie d’un liquide inflammable.

Phénomène de bandes

Dans les locaux de la police judiciaire, à Créteil, les cinq noctambules jurent n’avoir aucune responsabilité dans la tentative d’incendie de la synagogue. Les suspects affirment avoir voulu mener une opération de représailles contre une bande adverse en lançant leurs engins incendiaires sur quelques voitures du quartier «ennemi»... Des aveux tardifs qui ne convainquent pas les policiers. Les suspects sont déférés au parquet et placés en détention.


Leur profil? L’un est vacataire à la ville du Kremlin-Bicêtre; l’autre aide son père dans le bar familial; les trois derniers n’exercent pas d’activité définie. Tous sont, en revanche, déjà connus des services de police. Pour vol, recel, vol avec violence et, pour le plus âgé d’entre eux, vol à main armée et association de malfaiteurs. Le benjamin, encore mineur, est cité à une vingtaine de reprises dans les fichiers de la police pour des petits délits commis depuis 1998... Il habite, comme deux de ses complices supposés, dans une cité de Villejuif coincée entre les pavillons et les voies rapides de ce coin de la banlieue sud. C’est sa grand-mère qui l’élève, seule, ainsi que sa jeune soeur, dans cet ensemble d’immeubles de cinq étages où les tags appellent plus à la dépénalisation du cannabis qu’à une quelconque guerre sainte. «Mon petit-fils n’a rien a voir avec cela!» clame la vieille dame, campée dans l’entrée de son appartement. La grand-mère craint que l’adolescent ne se soit laissé entraîner dans une «histoire de bande». Même son de cloche chez les amis du jeune homme, qui assurent n’avoir jamais entendu David tenir des propos antisémites.

Un mal français ?


Aucun pays n’a connu autant d’agressions antisémites que la France, à l’occasion des récents développements du conflit israélo-palestinien. A Bruxelles, toutefois, une librairie juive, un traiteur kasher et une synagogue ont été la cible d’attentats. Un autre lieu de prière, à Anvers, a également été visé par un cocktail Molotov. Enfin, en Tunisie, il apparaît désormais que l’explosion qui s’est produite devant la synagogue de Djerba et qui a causé la mort de 15 personnes, le 11 avril, était bien un attentat au camion piégé. Les parents du kamikaze supposé, qui vivent près de Lyon, n’avaient pas vu leur fils depuis plusieurs années. Il a appelé juste avant l’attentat un islamiste qui était sur écoute en Allemagne. Les services spécialisés français - DST et Dnat - ont été chargés d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris.

L’enquête menée par la police judiciaire semble, en tout cas, confirmer leurs dires: aucun des interpellés n’est connu pour fréquenter les réseaux de l’extrémisme pro-arabe: «Leur profil est celui des "sauvageons" dont parlait Chevènement, note un observateur du dossier. Des délinquants multirécidivistes, qui réagissent de manière primaire, sans motivation idéologique.» Quelques jours avant l’attentat avorté contre la synagogue du Kremlin-Bicêtre, les policiers du Val-de-Marne avaient déjà interpellé, en flagrant délit, un autre suspect. Youssef, 31 ans, plombier, avait été arrêté alors qu’il brisait les carreaux de la synagogue de Vitry. Interrogé par les enquêteurs, il a nié toute intention antisémite et précisé, pour sa défense, que l’un de ses frères était marié à une jeune femme juive... En menant une enquête sur son entourage, les policiers n’ont pas découvert d’indices le reliant à une organisation intégriste ou propalestinienne. Lors de son procès en comparution directe, Youssef n’a d’ailleurs donné aucune explication de son geste. Il a été condamné à trois mois de prison ferme par le tribunal de grande instance de Créteil.


Reste l’affaire de Bondy (Seine-Saint-Denis), l’une des plus graves. Le 10 avril, vers 21 h 20, les 15 joueurs du club de football Maccabi, une association israélite de la ville, sont attaqués en plein entraînement, aux cris de «Mort aux juifs!», par une trentaine de jeunes encagoulés et armés de battes de base-ball. Les agresseurs en profitent pour voler sacs de sport et téléphones portables avant de prendre la fuite. L’enquête, encore en cours, s’oriente vers la cité toute proche d’où l’expédition aurait été lancée. Elle renvoie, de nouveau, vers de jeunes délinquants des quartiers difficiles dont la motivation aurait été tout autant l’appât du gain qu’une réaction aux opérations israéliennes.

Montpellier: la piste des tracts

Si une sorte de «réflexe banlieue» paraît être à l’origine de la plupart des agressions commises en région parisienne, d’autres affaires en province pourraient, à tort, accréditer l’existence de filières actives. C’est le cas à Montpellier, où, le 4 avril vers 4 heures du matin, alors que la communauté juive de la préfecture de l’Hérault s’apprêtait à fêter le dernier jour de la pâque, un incendie s’est déclaré au rez-de-chaussée de la Maison de l’environnement. Installé dans un quartier en plein développement, les Beaux-Arts, le bâtiment jouxte la synagogue Mazel-Tov, un lieu sensible, sous surveillance policière constante. Très vite, les enquêteurs de la brigade anticriminalité effectuent une ronde et interceptent trois jeunes Français d’origine maghrébine, âgés de 20 à 30 ans, au volant d’une BMW noire, domiciliés dans l’arrière-pays héraultais.


L’hypothèse de l’attentat antisémite perpétré par des islamistes est rapidement avancée. Dans la BM des trois jeunes gens, et à leur domicile respectif, les policiers ont saisi des livres de prières et quelques tracts réclamant la libération du peuple palestinien. Pourtant, très rapidement, il est établi que Morad et Djamel - sans emploi et connus comme des petits délinquants pour violence et vols avec effraction - ainsi que Hakim, un carrossier au casier judiciaire vierge, ne sont pas des adeptes de la prière du vendredi. Ils aiment les belles fringues, les «super-bagnoles» et l’alcool.


Le soir de l’attentat, les trois acolytes consomment de nombreuses bières. La conversation dérape sur les «frères palestiniens» et sur les images de cadavres d’enfants palestiniens diffusées la veille au journal de 13 heures. Arrivés rue Ferdinand-Fabre, ils lancent leurs projectiles… en ratant leur cible, puisque les cocktails Molotov atteignent la Maison de l’environnement et non le lieu de culte visé. Ils ignorent que, vu la situation, la police a renforcé la surveillance du secteur… La bande sera cueillie sur place quelques minutes plus tard. Le trio a été placé en détention provisoire pour «dégradation de biens par incendie». Un délit du ressort du tribunal correctionnel, pour lequel les trois complices encourent une peine maximale de dix ans de prison.

Graffiti, incendies...


Plus de 300 actes antisémites contre des biens et des personnes ont été commis, en France, entre le 29 mars et le 15 avril, alors qu’il y en avait eu moins de 200 sur l’ensemble de l’année 2001. Près de 60% de ces actions ont pris la forme d’inscriptions antisémites. Par ailleurs, les services de police ont été saisis de trois incendies de lieux de culte et de 12 tentatives d’incendie; 67 personnes ont été interpellées dans le cadre des enquêtes portant sur ces agressions et 14 d’entre elles placées en détention. Le nombre d’attentats à caractère antisémite commis en France est passé de 69, en 1999, à 743, en 2000, année du début de la deuxième Intifada. En 2001, il s’élevait à 393, dont 20 agressions et 373 menaces.

Des jeunes déboussolés

De nombreux jeunes de banlieue, engagés dans une Intifada permanente contre tout ce qui ressemble à une institution, peuvent aussi invoquer l’argument du Proche-Orient pour justifier leurs actes criminels. Le 2 avril, la synagogue du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, est atteinte par deux bouteilles incendiaires. Deux adolescents sont aperçus prenant la fuite à pied. Chaque week-end, des dégradations sont commises contre les services publics de l’arrondissement et des établissements scolaires.


A l’autre bout de la France, à Cronenbourg, un quartier populaire de Strasbourg, on retrouve le même scénario. Un petit pavillon au plâtre écaillé se dresse près d’une voie ferrée isolée, à l’entrée d’un cimetière aux sépultures austères. De larges taches noires, signe d’un feu récent, maculent le sol de la seule pièce du bâtiment. Deux panneaux de bois brûlés gisent au pied d’une rangée de pierres tombales, vestiges de l’oratoire du cimetière juif. Depuis la mi-mars, ce lieu de prière a été attaqué à trois reprises. Le 11 mars, une bombe artisanale, confectionnée avec un extincteur de voiture rempli d’une poudre de chlorate de soude et de sucre, est localisée devant la porte du pavillon. Dans la nuit du 1er au 2 avril, c’est au tour des portants de l’oratoire d’être incendiés. Le 5 avril, les responsables de la communauté Etz Aim, dont dépend le cimetière, découvrent un nouvel engin explosif, du même genre que le précédent. La mèche, encore chaude, placée au contact d’un mégot, n’a pas pris. Durant la même période, on a lancé des produits inflammables sur trois synagogues de Strasbourg et de sa banlieue et tagué 21 tombes d’un autre cimetière juif avec des croix gammées.


«Certains jeunes jetaient même leurs bouts de merguez au milieu des tombes»


A Cronenbourg, au moins, la police n’aura pas eu à chercher bien loin. Sur le sol de la salle de l’oratoire, une main avait tracé le graffiti «Lakep», signe de reconnaissance des jeunes de la rue Kepler, située dans la cité Cronenbourg, à dix minutes à pied. Peu de temps avant la découverte de la bombe, plusieurs garçons du quartier avaient été filmés par un témoin en train de manipuler un extincteur en pleine rue. «Pour s’amuser», diront-ils ensuite aux enquêteurs. Quatre beurs de 19 à 21 ans résidant dans la rue en question ont été mis en examen. Trois ont été écroués et un autre placé sous contrôle judiciaire. Petits délinquants, trois d’entre eux ont déjà été condamnés à une peine de prison. Rachid a reconnu avoir transporté deux personnes munies d’un extincteur dans sa Renault 19, jusqu’au cimetière. Naïm, le seul du groupe sans antécédents judiciaires et titulaire d’un emploi, a admis, de son côté, avoir assisté à la préparation de la bombe, très facile à fabriquer, d’après la police. Mais aucun des jeunes n’a avoué avoir allumé la mèche.


Comment décrire ces profanateurs présumés? Des gamins désoeuvrés, connus pour passer leurs journées à traîner sur les bancs de leur cité «Nucléaire», ainsi baptisée pour ses rues aux noms de physiciens, où brûlent régulièrement des voitures volées. Des gosses sans ferveur ni pratique religieuses particulières, inconnus de la maison de quartier ou du centre socioculturel. «Je croyais que le cimetière de Cronenbourg était abandonné, raconte Mohamed, 20 ans, devant l’entrée de son immeuble de la rue Kepler. Il y a des buissons partout et j’ai jamais vu personne là-bas.» Appuyé sur ses béquilles, Mohamed, petit dealer estropié à la suite d’un accident de scooter, a été placé en garde à vue, puis relâché par la police. «Certains jeunes jetaient même leurs bouts de merguez au milieu des tombes», reprend l’un de ses copains. En quelques minutes, un petit attroupement s’est formé devant la large tour grise où vivent les jeunes interpellés par la police. «La Palestine, on en parle, mais personne ne fait rien. C’est dégueulasse!» dit Mohamed. «Pourquoi on n’envoie pas des Casques bleus là-bas? Les Israéliens ont les chars; les Palestiniens n’ont que les pierres», renchérit un grand black en sweat rouge.

Ce qu’en pensent les jeunes


Réalisé avant la vague d’attentats antisémites, un sondage effectué auprès des 15-24 ans à la demande de l’Union des étudiants juifs de France révèle que 87% des sondés estiment «scandaleuses» les attaques contre les synagogues et que 95% pensent qu’un homme portant la kippa doit pouvoir le faire sans danger; 88% des personnes interrogées affirment que les juifs ont le droit de suivre leurs coutumes sans risquer d’être pris à partie. Par ailleurs, 16% des jeunes issus de l’immigration maghrébine estiment que les attentats antisémites en France n’auraient pas lieu «si les juifs ne soutenaient pas autant Israël». En revanche, les réponses concernant l’Holocauste sont nettement plus préoccupantes: la majorité des jeunes (51%) trouvent anormal de condamner ceux qui affirment que les chambres à gaz n’ont pas existé, car «chacun est libre de penser ce qu’il veut»...

Ces jeunes abominent Sharon, parlent des images télévisées de ce Proche-Orient embrasé, qui les rendent «fous». Ils disent «algéziras» au lieu d’Al-Jazira, pour désigner la chaîne qatarie dont ils s’abreuvent. Ils ne connaissent ni l’OLP, ni la guerre des Six-Jours, ni celle du Kippour. «Nous, la seule chose qu’on sait, c’est ce qu’on voit à la télé, dit un autre en survêtement blanc. On veut mettre la pression ici pour montrer que, nous aussi, on est des musulmans.» Les attentats contre les juifs? «Tous ces événements peuvent monter à la tête de certains, répond l’un d’eux. Ceux qui ont fait ça ont agi sur un coup de colère, par vandalisme», ajoute son voisin. La discussion prend vite une tournure «antifeujs». Tout y passe: les rengaines séculaires - «Les juifs ont le monopole de l’argent; ils ont le pouvoir» - les délires provoqués par les attentats du 11 septembre - «Ce jour-là, les juifs ne sont pas allés travailler, ils savent quelque chose». Le tout entrecoupé de diatribes contre cette France qui les laisse «crever» dans leurs HLM «de misère».


A Strasbourg, Créteil, Montpellier ou Marseille, quelle est la part de petite délinquance, d’identification avec les Palestiniens et d’antisémitisme chez ces jeunes impliqués dans des actions contre les juifs? Au cours de son enquête sur l’islam à l’école, réalisée l’an dernier avec Vincent Jeisser auprès de 498 collégiens et lycéens, Khadija Mohsen-Finan, chargée de recherche à l’Institut français des relations internationales, a découvert combien le conflit israélo-palestinien, bien que largement méconnu dans ses détails, faisait «partie intégrante du patrimoine culturel» de la jeunesse d’origine maghrébine. «C’est leur premier sujet de préoccupation, avant la défense des immigrés et celle des libertés religieuses, explique cette chercheuse. L’expression “déni de justice” revient sans arrêt sur leurs lèvres.» La montée de l’islamisme, favorisée par l’embrasement proche-oriental, a-t-elle éveillé chez ces jeunes sans idéologie, mais unis dans une solidarité mimétique avec leurs «frères» de Palestine, une «nouvelle judéophophie», titre du dernier ouvrage de Pierre-André Taguieff? Une répulsion fondée non plus sur la dénonciation de la «race» juive, mais sur l’amalgame Israël-juif-oppresseur? «On ne peut pas réduire les violences antijuives à une forme parmi d’autres de délinquance, met en garde le philosophe. Aujourd’hui, l’ennemi n’a pas besoin d’être israélien: il suffit qu’il soit juif.» Pour d’autres, il s’agit bien plutôt du souci de «se trouver» dans une aventure risquée où se mêlent rejet de la société et fusion fantasmatique avec une communauté musulmane forte de plus de 1 milliard de personnes à travers le monde. Une jeunesse «déstructurée, se croyant affranchie du devoir de respect d’autrui», comme le souligne le psychanalyste et anthropologue Malek Chebel, auteur du Sujet en Islam (Seuil). Nouvel antisémitisme ou effets d’une intégration ratée, le constat est à prendre au sérieux. «De la voiture brûlée à la profanation, un seuil symbolique a été franchi dans la transgression, analyse le sociologue du CNRS Frank Fregosi, spécialiste de l’islam des banlieues. En faisant, à tort, de la question palestinienne une question religieuse, on attaque l’identité de l’autre et sa liberté de conscience.» Une menace évidente pour le pacte républicain.

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Info transmise par REVUE DE PRESSE -- MOYEN - ORIENT
numéro 2
bi-mensuel
1er mai 2002