Le commentaire de
Libération, sur une photo de Reuters, parle d’un
"jeune Palestinien lançant des pierres en direction des soldats israéliens". Il s’agit là, par essence, de l’image d’Epinal de l’Intifada. Nous y reviendrons, mais commençons par regarder objectivement le document proposé.
"Jeune" :
Certes, il n’a pas l’âge de la retraite, mais sa musculature fait plutôt penser à un homme de 30-35 ans qu’à un enfant ou un adolescent.
"En direction des soldats israéliens" :
La destination du projectile est, bien sûr, fondamentale. Qui serait intéressé par la photo d’un homme faisant des ricochets au bord de la mer ? Mais, si la cible est un soldat armé, on imagine immédiatement les risques de représailles, des tirs au fusil, au canon, voire au bazooka... Et un détail vient forcer notre admiration, l’homme semble en "fin de lancer", suivant des yeux le projectile qui atterrit ...
juste derrière le photographe ! Ainsi donc, ce dernier sert de rempart humain, puisqu’il tourne le dos à la balle qui va, sous peu, le frapper ? A moins qu’il ne soit lui-même en train de se faire caillasser. A moins qu’il n’y ait rien derrière lui (le bas de notre page d’accueil contient deux documents pas très flatteurs pour certains photographes de presse, en contexte analogue).
Le
feu, visible, sur l’image est un élément dramatique. Comme
Libération ne parle pas de la moindre riposte à ces jets de pierre présumés, il faut en conclure qu’il ne s’agit que de quelques pneus en flammes. Qu’importe, ça fait bien dans le tableau.
Au pire, me direz vous, l’actualité proche-orientale devait être un peu creuse, on ne peut reprocher à un journaliste d’avoir un peu brodé sur le thème de la "guerre des pierres", à partir d’une image de propagande. Pourtant, ce n’est pas le cas. Voici un exemple, ci dessous, de faits, survenus la veille, qui n’ont intéressé ni les journalistes de
Libération, ni d’autres en France, d’ailleurs.
Revenons un peu sur ces images d’Epinal, en voici quelques exemples trouvés sur des sites pro-palestiniens. Hormis une, qui n’est qu’un détourage, elles sont bien impressionnantes, à première vue... pour tout lecteur oubliant qu’il n’y a pas d’exemple d’un tank israélien qui ait réagi à ce genre de provocation – à supposer même que son conducteur l’ai remarquée - et que, dans l’histoire, il n’y a que le photographe qui "mitraille".
© AC-Medias
Mis en ligne le 10 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.