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Éditorialistes

"Les penchants criminels de l'Europe démocratique", J. Moreau
06/01/2004

[A la demande de plusieurs d'entre vous qui s'inquiètent - à tort -de ce que je n'aurais pas parlé de ce livre. Je remets cet article en tête de liste. Menahem Macina. 11.01.04.]


05/01/04


Il y a ceux qui dressent des listes de nouveaux réactionnaires, de nouveaux intellectuels communautaires, ou de nouveaux experts sécuritaires (1), comme on dénonçait autrefois les "nouveaux rastaquouères". Leurs analyses sont aussi fines et légères, qu'une prestation télévisée de Dieudonné est amusante.

Et il y a ceux, comme Jean-Claude Milner, qui n'ont pas besoin de donner leurs adversaires en pâture aux médias pour les impressionner. Avec son style incisif comme le tranchant d'un scalpel et ses belles manières d'homme de lettres, Milner vient d'écrire un essai des plus assassin sur ce qu'il appelle "les penchants criminels de l'Europe démocratique" (2). Faut-il y voir un gage de qualité ? Ni Télérama, ni Libération, pas plus que L'Humanité, ni Le Nouvel Observateur ne semblent avoir apprécié cet ouvrage.

Pour résumer, d'une manière très simple, ce texte extrêmement riche et dense, qui peut être abordé sous des angles variés, la thèse de Milner est la suivante. Après la révolution de 1789 et le triomphe des "Lumières", c'est-à-dire de la culture sur la religion, l'Europe se découvre un problème structurel à résoudre : le problème juif. Le juif est l'obstacle à la réalisation de la société. Tant que ce problème n'aura pas trouvé de solution, la construction de l'Europe moderne sera impossible. La première solution imaginée pour régler ce problème va donc consister à favoriser l'intégration du juif dans la classe bourgeoise ; autrement dit, à l'imprégner de culture humaniste et universaliste pour permettre sa transformation de l'intérieur : "comme la classe porteuse de la modernité politique et de la culture est la bourgeoisie, la solution définitive du problème juif est le devenir bourgeois-cultivé des Juifs dans le cadre d'un Etat-nation, réglé par les droits de l'homme". Les Juifs font donc désormais partie intégrante d'un Etat qui garantit leur liberté religieuse.

Le moment où cette solution commence à faire ses preuves est alors celui que l'Europe choisit pour cesser de se réclamer des valeurs humanistes et universalistes. A la fin du XIXe siècle, le juif devient donc objet de scandale, parce que l'on redécouvre son déracinement. "Ils sont partout, ils ne sont de nulle part, ils n'ont pas de territoire, ils sont l'argent qui circule sans frontières, le marché qui s'étend au monde entier. La trahison et le complot : affaire Dreyfus". Le problème juif resurgit dans une Europe marquée par la Première Guerre mondiale et le retour des mentalités archaïques.

La deuxième tentative de solution définitive, celle qui réussira, sera entreprise par Hitler. "Se présentant en quelque sorte comme le Newton de la politique, il prétendit résoudre par des moyens nouveaux un problème aussi ancien que celui des marées. Tout comme il avait, à l'admiration de tous, résolu le problème du chômage et celui de l'inflation. Il y parvint en prenant au sérieux le déplacement que la guerre de 14 avait produit. Tout le monde convenait qu'une solution définitive du problème juif devait être moderne, mais la modernité du moderne était désormais la technique. Conclusion : la solution du problème juif devait passer par la voie de la technique. Toute autre voie, et notamment la voie du logico-politique (celle choisie par les "Lumières") ne pouvait conduire qu'à des solutions provisoires". Au XXe siècle, le problème juif a donc été résolu par une invention technique : la chambre à gaz.

Dès lors, nous explique Milner, l'Europe, débarrassée de son principal obstacle par l'extermination des Juifs, ou leur départ massif, est prête, en 1945, pour son unification. "Elle est pratiquement judenrein. Spécialement à l'Est". C'est la victoire d'Hitler, qui permet à l'Europe de rêver désormais à un processus d'unité illimitée, sans aucune frontière historique ou géographique et sans Etat-nation. "La traduction matérielle de l'illimitation est précisément le processus, qui ne saurait connaître de principe d'arrêt, ni dans le temps, ni dans l'espace, ni dans les objets, ni dans les personnes. Reste à traiter la question politique". C'est-à-dire à trouver la forme politique qui réponde à cette ambition de construire une société illimitée.

Il s'agit de la démocratie. La démocratie ne désignant plus une forme de régime politique, mais un type de société où règne une paix illimitée entre les citoyens. "L'Europe doit fonctionner, en tant que machine politique, comme une machine à produire de la paix". Et "la paix européenne se pense comme un processus, dont le point de départ et le point d'arrivée se disent compréhension de l'adversaire (…) Faire la paix avec un adversaire, c'est commencer par lui donner ce qu'il demande, sans rien réclamer en échange, sinon qu'il accepte ce qu'on lui donne. Si d'aventure il n'accepte pas, alors il faut réamorcer le processus, en cherchant à comprendre ce qui était demandé au-delà de la demande, et à donner l'objet au-delà de l'objet ; si cela ne suffit pas, on recommence en faisant un pas de plus et ainsi de suite". L'Europe démocratique rêve de son expansion dans la paix et elle s'imagine pouvoir la réaliser par une entente avec son plus ancien adversaire, le monde musulman : de l'Afrique du Nord à la Turquie, en passant par l'Egypte et le Proche-Orient. Une entente scellée à Durban et dont Milner décortique tous les ressorts – notamment l'antisémitisme –, avec brio.

Et c'est là que resurgit encore l'éternel problème juif que l'Europe croyait avoir résolu, mais sous la forme d'un problème israélien, cette fois. L'ironie réside dans le fait qu'il réapparaît sous la pression d'un vrai problème, musulman celui-là, dont les Européens n'ont pas encore pris la mesure.

Israël est un obstacle à la réalisation des rêves européens. Pour les Européens, il est une forme politique dépassée, "un Etat-nation réclamant des frontières sûres et reconnues. Un tel langage est réputé intrinsèquement guerrier par l'Europe unie, où l'absence de frontières constitue l'alpha et l'omega de la géopolitique de la paix". Le paradoxe est que cette solution israélienne a été choisie par les Juifs au moment même où l'Europe commençait à se déprendre de l'Etat-nation.

Milner voit donc, dans ce décalage, ou ce contretemps, un des symptômes permettant de comprendre l'histoire des Juifs, et une des clés pour augurer de l'avenir. A chaque fois que les Juifs ont essayé d'accomplir ce qu'ils croyaient identifier comme le rêve des Européens, c'est-à-dire à chaque fois qu'ils ont consenti des sacrifices pour régler le problème qu'ils posent aux Européens, ils ont été confrontés à un nouveau retournement de situation.

Ce qui fait dire à Milner qu'il "est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe. Non pas en l'ignorant (cela, seuls les USA peuvent se le permettre), mais en la connaissant complètement, telle qu'elle a été – criminelle par commission – et telle qu'elle est devenue : criminelle par omission sans limites". Car "tout ce qu'il y a à comprendre, c'est que les Juifs n'intéressent plus personne en Europe. Même pas ceux qui se livrent, chaque jour plus ouvertement, aux pratiques et aux déclarations anti-juives. L'antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle du désoeuvrement ; le déni de l'antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l'opinion raisonnable".

Si je pousse jusqu'au bout la logique de Jean-Claude Milner, j'en déduis que la prochaine imitation que les Juifs pourront faire de l'Europe, c'est l'instauration de la paix en Palestine ; une paix qui constitue le prélude à une nouvelle tentative de résolution définitive du problème juif (3).

Jérôme Moreau

© upjf.org



Notes

(1) Cf. l'ouvrage de Daniel Lindenberg sur les "Nouveaux réactionnaires", l'article de Tariq Ramadan sur les "nouveaux intellectuels communautaires", et le livre de Vincent Geisser sur la "nouvelle islamophobie" - dans lequel l'auteur dénonce, entre autres, les nouveaux intellectuels islamophobes et experts sécuritaires (Trigano, Draï, Del Valle, Sfeir, etc.). Pierre-André Taguieff fait l'unanimité, puisqu'il peut se targuer d'être le seul intellectuel dénoncé dans ces trois brûlots.

(2) Jean-Claude Milner, Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Paris, 2003, Verdier, 157 pages.

(3) Par quel moyen ? Le XIXe avait trouvé une solution logico-politique, le XXe siècle, une solution technique. Quelle genre de solution imaginera l'Europe du XXIe siècle ?

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Nous reproduisons, ci-après, les notices de l'éditeur à propos de ce livre. Textes empruntés au site des Editions Verdier
www.editions-verdier.fr/index_animations.html


"Les penchants criminels de l'Europe démocratique", de J.-C. Milner


Le couple problème/solution a déterminé l'histoire du nom juif. L'Europe moderne est ce lieu (a) où le nom de Juif est pensé comme un problème à résoudre, (b) où une solution ne vaut que si elle vise à être définitive. Le nazisme s'inscrit dans la continuité de ce paradigme. L'Europe ne peut pas s'y prétendre étrangère.

Dans la société issue du dix-neuvième siècle, la forme-problème se constitue à chaque fois que la société rencontre en elle-même une hétérogénéité de structure. Or, le nom juif a la propriété de concentrer sur lui, à chaque période, toute hétérogénéité qui empêche les sujets d'accéder à ce qu'ils demandent. En bref, le Juif incarne l'impossible de quelque demande que ce soit. Il l'incarne d'autant plus que les demandes se multiplient. Mais cette multiplication, c'est la modernité, dont la forme socio-politique est la démocratie. Autrement dit, le problème juif se pose de plus en plus ouvertement au fur et à mesure que la société du dix-neuvième ou du vingtième s'affirme comme moderne et comme démocratique. Pour qu'une solution puisse être définitive, il faut corrélativement qu'elle aussi soit moderne. Tout dépend alors de ce qu'on appelle moderne.

Avant 1914, la réponse était simple : le moderne est d'ordre juridique et politique. La solution définitive du problème juif passe par des droits pour les Juifs, à l'horizon de l'égalité et des libertés.

Cette première solution définitive se fissure dès 1918. Parce que la guerre a changé la détermination du moderne. Celui-ci passe désormais par la technique et, dans la technique, il passe par la destruction. Un régime politique entre tous a souhaité se rendre adéquat à cette nouvelle figure, c'est le nazisme. Sous les oripeaux de l'archaïque, il se voulait le plus moderne des modernes. Pour cette raison même, il a voulu proposer la solution véritablement définitive du problème juif. Cette solution était technique et destructrice ; elle s'appelle la chambre à gaz.

Quand tout est compté, la conclusion s'impose. Dans l'espace que dominait Hitler, c'est-à-dire la quasi-totalité de l'Europe continentale, l'extermination des Juifs a été accomplie. En 1945, l'Europe pouvait se dire que le problème qui la hantait depuis 1815 était résolu. Par des moyens qui lui faisaient horreur, mais peu importe.

Pourquoi le problème la hantait-il ? Parce qu'il faisait obstacle à son homogénéité et faisant obstacle à son homogénéité, il faisait obstacle à son union. Il n'est donc pas surprenant qu'à peine constatée l'extermination, l'unification commence. Au-delà des discours, la construction européenne repose matériellement sur les camps de la mort. On comprend que cela ait été insoutenable aux Européens. Dans un premier temps, ils ont évité la conclusion en se raccrochant à Israël. Si Israël existait, cela prouvait que l'extermination n'avait pas été complète. Dès l'instant cependant que l'Europe redevint sûre d'elle, Israël cessa d'être utile. Alors commença la dérive, du soutien à l'indifférence, de l'indifférence à l'hostilité.

Aujourd'hui, le chemin est parcouru. Qu'importe Hitler, c'est du passé. Le présent, c'est l'Europe, suffisamment riche pour retourner dans le monde et d'abord, dans l'Orient arabe et musulman, son voisin proche. Elle s'est même attribué une mission que nul en dehors d'elle ne lui reconnaît : la paix entre les hommes de bonne volonté. De ceux-là, les Juifs, décidément, ne font pas partie. L'Europe est devenue profondément anti-juive.

En retour, les porteurs du nom juif doivent s'interroger. Jusqu'à présent, la plupart d'entre eux se sont pensés en fonction de l'Europe. Répondre à ses exigences intellectuelles, politiques, sociales, cela leur semblait indispensable. La persistance du nom juif au travers de l'histoire, la continuité des haines qu'il soulevait, tout cela devait trouver une explication dont les termes soient acceptables par l'Europe. Si le basculement de l'Europe dans l'antijudaïsme s'est accompli, alors tout doit être repris depuis le début. Comment le nom juif a-t-il persisté ? Par un moyen à la fois matériel et littéral dont l'Europe ne veut rien savoir : la continuité de l'étude. Comment l'étude a-t-elle continué ? Par une voie dont l'Europe moderne ne veut rien savoir : la décision des parents que leur enfant aille vers l'étude. Pourquoi la haine ? Parce qu'en dernière instance, le nom juif, dans toutes ses continuités, rassemble les quatre termes que l'avenir de l'univers moderne souhaite vider de tout sens, un par un et tous ensemble : homme/femme/parents/enfant.

ISBN : 2-86432-401-6
176 pages, 12 €

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Biographie de l'auteur

Jean-Claude Milner est né à Paris en 1941. Études à Paris et aux États-Unis. Universitaire.
Il y a deux époques dans la vie, dans les écritures, de JCM.

Je dirai «première manière » (et un style qui va avec) le moment où Milner est homme moderne dans un monde qui l'est aussi : c'est le moment de la linguistique dans l'axe de la psychanalyse. Raison du branchement sur le lacanisme ou plus exactement sur Lacan. Point culminant : L'Amour de la langue et annexes. Ici incise. Le penseur Jean-Claude Milner, s'il traite tout au long dans les catégories lacaniennes, n'est pas un exégète. Lacan est pour lui, et c'est aussi le cas pour Saussure, un Kant, un porteur de bornes à l'intérieur desquelles peut s'exercer la pensée possible, et celui à partir de quoi bien davantage qu'une radicalisation est permise : un doute. Au fond, Lacan et Saussure réveillent Milner de tout sommeil dogmatique.

JCM en JCM ? Un Hume qui aurait lu Kant et vécu après lui. Si pour Hume toute prévision, toute loi révèle du calculable et du probable, chez Milner, c'est le lien qui vient détruire le calcul et celer l'improbable. Car l'improbable – qu'il soit le jugement thétique, jugement qui crée ses propriétés, ou cet instant de vide terrible, quand surgit la vérité, réel et événement volontairement confondus – fait de JCM, au lieu d'un pion, un excentré. Pas un excentrique, pour les mêmes raisons qui lui font délaisser le recherché de la pose artiste.

Combien pourtant il prit garde à l'Université. Oui, l'idée que l'Université valait bien quelques sacrifices, qu'elle était la seule institution valide (institution : ce qui nous précède toujours, ce qu'on n'a pas besoin de fonder, ce qui est infondable, le contraire du jugement thétique de Fichte), et seul accueil pour la culture (que Milner prononce dans le sens allemand), et seul lien social pour lui et pour les autres, et seule régulation d'un bios théorique, JCM la choya longtemps. Être inscrit dans le monde exigeait qu'on y soit inscrit. Au fond, l'homme moderne dans un monde moderne, le linguiste dans l'orbe de la psychanalyse était un universitaire. Quoique excentré.

L'excentrement, nous qui comptons sur nous-mêmes, le connaissons : qu'il ait pour nom pratique politique ou analytique, théâtre, œuvre, il crée cette dissymétrie où l'on se retrouve à la fois grave et unique, miracle assuré pour nos jours, sans compromis du côté de l'amertume, dans un manquement à la destinée sociale, mais livré à l'acquis particulier faisant tenir debout l'armure de notre énigme. Je dis « énigme ». Dans Les Noms indistincts, JCM n'écrit-il pas qu'« énigme » est le nom vulgaire et esthétisant de l'impossible ? L'excentrement est chez JCM ce qui lui permit d'être touché par l'intouchable, qu'il nomme le réel.

Puis, soudain, cela tremble sous la cendre dès la fin des Noms indistincts, quelque chose du monde recule, quelque chose du lacanisme recule, une lancée s'achève au profit d'une autre lancée et le monde cesse d'être moderne (je sais bien que le terme «monde» n'est pas milnérien). Il cesse d'être moderne pour devenir ancien et dans cette perspective (cavalière), il peut à loisir être récent ou contemporain, il peut supporter les statues de Lénine, le théorème de Staline (sur la langue), les ignominies du progressisme mitterrandiste, mais rien de neuf ne semble pouvoir s'en exhaler. Le monde a eu lieu, on n'y ajoutera pas. Et JCM devient un moderne dans un monde ancien. Soudain, et simultanément, le monde cesse d'être exclusivement celui de la science (je sais que la science n'est pas vision du monde), cesse d'être celui de la linguistique, cesse même d'être celui du lacanisme (voir L'Œuvre claire) : il devient ancien et libre, d'une liberté grecque sans doute, mais libre. Et il est à nouveau celui de la politique, toujours révolue, toujours inexistante – alors que son inexistence devrait justement, au premier Milner, apporter la preuve de son existence – il est même parfois, mais secrètement, d'un secret un peu trop dissimulé à mon sens, (cf. les derniers paragraphes de Constat où un titre de roman devient une charade) celui de la littérature. Et Milner devient protreptique, c'est-à-dire selon moi pénélopéen, défaisant au soir des livres (leur fin), ce que l'auteur a tissé dans le jour. Et protreptique d'une protreptique, ne défaisant pas à la fin de L'Œuvre claire ce qui s'y défait cependant entre les doigts d'un Lacan, roi Lear. Milner devient de plus en plus libre dans ce monde ancien et il devient mon ami.

Portrait de JCM en JCM ? Celui de l'auteur d'une des plus hautes maximes modernes : canaille, celui qui refuse qu'amour et beauté existent ; maxime d'autant plus haute dans sa bouche que pour le premier au moins de ces deux termes, pour la première fois de sa vie Milner est altruiste.


Mis en ligne le 06 janvier 2004 sur le site www.upjf.org Plusieurs d'entre vous ont récemment découvert le livre de Milner et me recommandent d'en parler sur le site. Cela a déjà été fait, comme vous pouvez le constater, le 6 janvier 2004.

Menahem Macina

11/01/04