Organisations terroristes bénéficiaires de fonds de l'UE?
29/11/2003
Bruxelles, 27 novembre 2003
Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org
Original anglais (
The Independent):
news.independent.co.uk/europe/story.jsp?story=467594
Des fonds de l'Union européenne [UE] pourraient avoir été détournés au bénéfice de groupes militants palestiniens responsables de la mort d'une masse de gens dans des explosions-suicide.
L'unité antifraude de l'UE et la police belge enquêtent suite à des plaintes selon lesquelles de l'argent destiné à l'aide a été versé aux Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa par le canal d'organisations belges et allemandes affiliées.
Des sources judiciaires belges ont affirmé hier que l'enquête a commencé à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, mais implique également une organisation basée à Verviers, en Belgique orientale.
L'allégation est que des groupes "ont demandé des subventions européennes pour un certain type de projet pour immigrants et que ces fonds ont alors été transférés à Al-Aqsa", affirme la source. Al-Aqsa est sur la liste européenne des organisations terroristes interdites.
Confirmer qu'une enquête formelle progresse est très délicat pour la Commission européenne, qui paye des subventions à l'autorité Palestinienne à hauteur de 10millions (£7m) par mois. L'inquiétude s'est accrue, durant un certain temps, de ce que l'aide de l'Union Européenne ait été détournée vers des groupes actifs dans le terrorisme, ou empochée par des officiels palestiniens corrompus.
Confronté à une économie palestinienne en chute libre, le Fonds Monétaire International lance un appel de fonds de £ 700m pour les 3.200.000 Palestiniens de la Rive occidentale du Jourdain et de la bande de Gaza. Les fonds sont également destinés à l'Autorité palestinienne, qui est l'employeur principal et le pilier de l'économie dans les territoires occupés.
Cependant les gouvernements donateurs font face à des demandes de fonds pour l'Irak. Et l'on s'inquiète de ce que l'aide internationale pour les Palestiniens remplace la dépense qu'Israël, la puissance d'occupation, est obligé d'assumer conformément aux Conventions de Genève.
Hier soir un porte-parole du Commissaire européen pour les relations extérieures, Chris Patten, a déclaré qu'il était impossible de faire des commentaires sur la dernière question sans avoir plus de détails la concernant. Mais il a ajouté: "La Commission est la première organisation intéressée à s'assurer que ses fonds, destinés à des organisations non gouvernementales, ne soient pas détournés au profit d'entités qui sont sur la liste européenne des organisations terroristes".
L'investigation, évoquée pour la première fois par le magazine allemand de
Stern est l'une de celles qui ont été menées par les autorités belges à propos du financement des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa. Ils examinent également le transfert d'importantes sommes d'argent comptant et de transactions de cartes de crédit, comme pouvant être des signes de fraude, bien que l'enquête soit réputée complexe et lente à progresser.
Les brigades des Martyrs d'Al-Aqsa ont vu le jour au début de l'Intifada qui débuta il y a 3 ans. A l'origine, elles étaient liées à la faction du Fatah du Chef palestinien, Yasser Arafat, bien que les affirmations des Israéliens selon lesquelles Arafat a dirigé leur campagne militaire n'aient jamais été avérées. [1]
Sous la pression des bouclages militaires israéliens des villes palestiniennes, les brigades d'Al-Aqsa se sont fragmentées en cellules locales autonomes sans direction unifiée. Découvrir où tous les fonds mal placés de l'EU ont pu disparaître, peut s'avérer difficile du fait qu'il n'y a aucune organisation centralisée.
En février de cette année, près d'un quart des membres du Parlement européen ont exprimé leurs inquiétudes du fait qu'il n'est pas rendu compte de l'utilisation des fonds de la commission, outre des soupçons qu'ils aient pu avoir été transférés au profit des défenseurs du terrorisme. À ce stade, Olaf, le bureau antifraude de l'Union européenne, a lancé une enquête sur ces allégations.
Les fonctionnaires de Bruxelles admettent qu'ils ne peuvent pas rendre compte de chaque penny dépensé par l'Autorité, mais ils affirment qu'il n'y a aucune preuve de malversation significative. M. Patten, qui considère l'Autorité palestinienne comme un interlocuteur-clé, croit qu'il est crucial de continuer à le soutenir
Il argue du fait que les arrangements de financement de l'Union européenne sont supervisés par le Fonds Monétaire International [FMI]. Mais Thomas Dawson, directeur du département de relations extérieures du Fonds Monétaire International, affirmait au début de cette année que le Fonds "ne supervise ni ne contrôle chaque poste du budget", et d'ajouter: "C'est évidemment une fonction de vérification des comptes qui va bien au-delà du mandat actuel du Fonds." Salam Fayyad, le ministre des finances palestinien, a admis que le système était perméable à la corruption.
* Des diplomates de l'Union européenne se rendront en Israël, dans les prochaines semaines, afin de tenter de résoudre un désaccord au sujet de l'origine des produits "israéliens". Israël bénéficie actuellement d'un régime tarifaire modique de la part de l'Union européenne, un avantage que Bruxelles refuse d'étendre aux produits qui proviennent des implantations israéliennes situées dans les territoires occupés.
Leonard Doyle et Stephen Castle
© The Independent pour l'original anglais et upjf.org pour la traduction française
-----------------
[1] "Contrairement à cette dénégation, Israël a pu montrer de pleines caisses de documents démontrant l'implication d'Arafat dans cette filiale de son Fatah Tanzim". (Note de IMRA)
--------------------------------------------
Information communiquée par IMRA - Independent Media Review and Analysis
Website:
www.imra.org.il
Mis en ligne le 30 novembre 2003 sur le site www.upjf.org