Les journalistes-combattants [affaire Al-Dura], L. Monnerat
Les images du petit Mohammed Al-Dura ont été l’un des symboles marquants de l’Intifada dite d’Al-Aqsa, c’est-à-dire la phase actuelle du conflit israélo-palestien - peut-être en train d’arriver à son terme, encore que j’en doute. Ces images - tournées par un caméraman de France 2 - ont été utilisées pour fustiger les Forces armées israéliennes, accusées d’avoir abattu l’enfant, et ainsi saper la légitimité de l’Etat juif, en particulier sur la scène internationale.
Deux journalistes français ont enquêté en détail sur cette affaire et démontré la fausseté de ces accusations, avant que leurs propos soient amplifiés et amagalmés pour attaquer France 2. Ils se sont exprimés hier dans
Le Figaro, pour donner le fin mot de l’histoire.
De leur enquête, on apprend que l’envoyé spécial de France 2, Charles Enderlin, n’avait aucune preuve pour accuser les Israéliens d’avoir tué le garçon, et qu’il a menti au moins deux fois au sujet des bandes tournées par son caméraman.
Si les auteurs renoncent à spéculer sur les raisons de ces libertés prises avec la déontologie, comme avec la vérité, force est de constater que les médias européens - et pas seulement africains ou arabes - peuvent soudain jouer un
rôle considérable dans l’incitation à la haine et l’inflation des conflits.
Ce qui rappelle l’impact potentiel des
journalistes-combattants, qui évoluent librement dans les zones de conflit.
© Ludovic Monnerat
Mis en ligne le 27 janvier 2005 sur le site www.upjf.org.