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A-Dura / France2 ; des origines (2001) jusqu’au 15 novembre 2007

Le général Y.T. Samia s’exprime sur l’affaire Al-Dura, Amnon Lord

24/04/2003
Article remis en tête de liste le 08/02/05.

J’ai été accusé par l’un d’entre vous, de n’avoir remis en tête de liste QUE des articles défavorables à la thèse que je qualifie de "conspirationniste". Ce n’est pas exact. Les articles qui ont le plus irrité les "conspirationnistes" sont récents, et c’est la raison pour laquelle ils se sont trouvés en tête de liste. J’ai, à plusieurs reprises, rappelé qu’il existe, sur notre site, un nombre assez important d’articles sur l’affaire Al-Dura, et qu’il suffit, pour les consulter, d’explorer les rubriques Al-Dura Mohamed, et Affaire Al-Dura / France Télévision. Toutefois, pour ne pas donner prise à cette critique, j’ai remis en tête de liste quelques articles anciens, dont celui-ci, qui épousent la thèse de la mise en scène palestinienne, avec ou sans la ’complicité’ de France 2, de son correspondant à Jérusalem, et du caméraman de ce dernier. Je précise que je ne partage pas tous les aspects de ces mises en cause. Menahem Macina.


La mémoire visuelle du général (de réserve) Yom Tov Samia * et les affirmations du caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, laissent peu de doutes sur la question de l’assassinat du petit Mohammed al-Dura.

Makor Rishon

4 avril 2003

[Traduction française de Michel Grinberg en exclusivité pour upjf.org.]


Pour la première fois, le général (de réserve) Yom Tov Samia a fait une déclaration publique à propos de l’affaire Mohammed Al-Dura, au Jerusalem Center for Public Affairs, en mars dernier. Parmi les nombreuses choses intéressantes qu’il avait à dire, les plus saillantes concernaient l’arrivée effective de l’enfant au carrefour de Netsarim, le 30 septembre 2000, vers midi, et les rushes des films qui sont en la possession de France2.

"L’enfant n’est pas arrivé là par hasard", a affirmé Samia. "Un échange de tirs qui dure cinq heures n’attire pas les enfants. Et j’ajouterai quelque chose que vous devez bien noter: le Shabak (service des Renseignements généraux) a prouvé que, durant les deux semaines qui ont précédé l’incident, l’enfant était présent lors des jets de pierres qui s’y déroulaient".

Samia a indiqué que l’enfant Al-Dura et son père, Djamal, avaient, bien sûr, l’intention d’aller voir une voiture dans un dépôt de voitures d’occasion, et, pour ce faire, avaient emprunté un raccourci qui ne passait pas par le carrefour de Netsarim. C’est au retour, et justement alors qu’il y avait des tirs, ils sont passés par ce carrefour.

"Pendant 45 minutes, le père et son fils trouvent refuge derrière l’endroit qui les protège", a affirmé le général Samia… Il y a des passages de films qui montrent que, durant ces 45 minutes, un grand nombre d’individus ont bougé, passant d’un endroit à un autre. Pourquoi, le père et l’enfant, eux, n’ont-ils pas bougé et sont-ils restés au même endroit? Ils ont visiblement un rôle dans ce spectacle".

Samia a mis en cause la chaîne France2 qui, malgré l’importance décisive de l’événement, refuse de montrer tout le matériau filmé autour de cette fusillade, au centre de laquelle se trouve l’enfant Mohammed Al-Dura. D’après le caméraman Talal Abu-Rahma, il reste 6 minutes filmées qui ne s’enchaînent pas avec les comptes rendus sur la fusillade. Yom Tov Samia – ainsi que Nahum Shahaf, qui a mené une enquête - assurent que France2 dispose d’encore au moins 27 minutes de matériau brut sur l’incident. Ils sont persuadés qu’il y en a même beaucoup plus, mais France2 refuse de les communiquer.

"Charles Enderlin (journaliste à France2) ment, à deux reprises", accuse Samia. "La première fois, lorsqu’il dit qu’il est prêt à communiquer ses rushes à qui le souhaite; la seconde, quand il déclare les avoir transmis à qui les demandait”.

Ce débat sur l’affaire Al-Dura a eu lieu lors d’une projection privée du film d’Esther Shapiro, réalisé pour la télévision allemande. Dans ce film, un soldat israélien affirme une chose étonnante: "Les premiers qui sont apparus (le matin) ont été les journalistes. Dès que nous les avons vus, nous avons su que quelque chose allait se passer".

Samia confirme ce compte rendu et raconte comment il a vu, pour la première fois, l’incident à la télévision : "J’ai la chance d’avoir une excellente mémoire visuelle. J’ai tout de suite soupçonné que quelque chose se tramait et n’était pas logique lorsque j’ai vu la séquence sur l’une des chaînes. Je ne me rappelle plus laquelle. Ce même soir, après le Shabbat, quand j’ai regardé la télévision, je me suis rendu compte que les séquences présentées sur ces deux chaînes n’étaient pas les mêmes. France2 a décidé de donner aux chaînes des séquences différentes. J’ai immédiatement téléphoné à l’Etat-major général et leur ai dit: "Ne faites rien à propos de l’enfant palestinien. Laissez-moi m’en occuper. Oui, nous déplorons tous qu’un enfant ait été tué, mais de là à se hâter d’en assumer la responsabilité, dès le lendemain! Et ceci alors que le commandant des opérations leur avait dit de ne pas s’en occuper".

Samia raconte qu’en fait, le chef du gouvernement et ministre de la défense d’alors, Ehoud Barak, en accord avec le général Giora Eigland et également, selon certains, avec le chef d’Etat-major adjoint de l’époque, Bougi Yaalon, se sont lourdement trompés en admettant la responsabilité d’Israël dans l’assassinat de Al-Dura. Ils ont pensé que c’était le moyen le plus rapide et efficace d’évacuer cette affaire de l’ordre du jour.

Samia reconnaît aujourd’hui qu’il est clair que l’enfant – "s’il a réellement été tué lors de cet affrontement" -, ne l’a pas été par des tirs de soldats de Tsahal. Il attire l’attention, entre autres, sur deux déclarations claires du caméraman Abu-Rahma et du père. "Celui qui comprend l’arabe entend le père dire explicitement : l’enfant est mort bien avant qu’il semble avoir été tué dans le film", comme Samia l’indique en citant le père dans le film. "L’enfant est mort bien avant qu’on ne le voie mort". Et que dit Talal Abu-Rahma ? "Dans l’ensemble de ce qui est diffusé, il est clair (à propos de l’enfant), qu’il n’y a eu de tirs que d’un côté – ’juste derrière moi’. Je crois qu’il sait distinguer la direction des tirs. Il n’y a aucun doute que, derrière Talal Abu-Rahma, il n’y a qu’une position palestinienne. La ’pita’, comme nous l’appelions. La position israélienne est à l’opposé. Derrière le caméraman palestinien, il n’y avait pas de postes israéliens, mais seulement des Palestiniens".

Le général Samia a causé la surprise lorsqu’il a précisé la date exacte à laquelle, selon lui, ont commencé la programmation et les préparatifs de la guerre de terreur de l’Autorité Palestinienne. "Cette guerre a été organisée et préparée, de manière minutieuse, depuis mai 94, lors de la signature des accords du Caire, quand Arafat a refusé d’apposer sa signature sur les cartes et qu’il y a eu la dispute bien connue, au cours de laquelle Moubarak lui a crié: "Ya caleb ibn caleb!" (espèce de chien, fils de chien!)". Samia témoigne qu’il faisait partie de l’équipe de négociations, au Caire, qu’il était attentif au problème et qu’il avait mis en garde le chef du gouvernement, Rabin. Ce dernier a, bien sûr, exigé d’Arafat qu’il signe.

La question qui se pose est : pourquoi a-t-on si longtemps dissimulé ces graves signes avant-coureurs?

Amnon Lord

© Makor Rishon pour l’original
upjf.org et Michel Grinberg pour la traduction française


* Le général de réserve Yom Tov Samia était, à l’époque, commandant de la région militaire sud.